28 juillet 2005

Appel contre le terrorisme des etats-Unis

Appel contre le terrorisme et pour la défense de l'humanité

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Les signataires, membres du réseau “pour la défense de l'humanité”, mandatés par la Rencontre Internationale “Contre le terrorisme, pour la vérité et la justice”, avons travaillé sur l’ensemble des rapports, des propositions et des informations apportées par les 681 participants, provenant de 67 pays, qui étaient au rendez-vous à La Havane les 2,3 et 4 juin de 2005, et nous sonnons de promouvoir un mouvement contre le terrorisme qu'il{*elle*} dénonce et condamne l'ère de terreur instaurée par les États-Unis à notre hémisphère, surtout à partir de la deuxième moitié du XXe siècle et jusqu'à nos jours.

Les témoignages émouvants des victimes et de ses familiers, ainsi que les informations documentées de juristes reconnus, d'hommes d'Etat, de journalistes, d'économistes et autres intellectuels engagés dans la défense des droits de l’homme, ont reconstruit la trame de terrorisme que diverses administrations américaines ourdirent dans le Cône Sud l'Amérique centrale et la Caraïbe,en toute impunité grâce à la complicité avec gouvernants, armées et polices des pays latino-américains et caribéen.

L'opinion publique a le droit de savoir la vérité. Il n'est pas admissible que ceux qui ont détaché une guerre un génocide au nom de la lutte contre le terrorisme essaient de cacher, en même temps, l'utilisation systématique qu'ils ont faite des méthodes terroristes les plus perverses contre les peuples de l'Amérique latine et de la Caraïbe. Il est urgent de casser le silence autour du passé, l'avenir prévisible et le présent de cette politique criminelle des États-Unis.

Il n'est pas possible d'étouffer les liens étroits, prouvés et documentés, des terroristes internationaux avec la Maison Blanche, le Département d'État et les services nord-américains d'intelligence. Le solde atroce de l'Opération le Condor ne peut pas être oublié, cette internationale de la terreur, comme la qualifiera, le Prix Nóbel de la Paix, Adolfo Pérez Esquivel, ni celui de la sale guerre en Amérique centrale et en Caraïbe. Les crimes de ceux qui ont travaillé au service de la CIA et de hauts fonctionnaires de quelques administrations des États-Unis. ne peuvent pas rester impunis

George H. W. Bush, père de l'actuel président, ne peut pas éluder sa responsabilité, comme directeur de la CIA, dans la création, avec ces terroristes d'origine cubaine, du dénommé CORU, une organisation avec qui Orlando Letelier a réalisé le meurtre de l'ex président chilien et de la citoyenne américaine Ronnie Moffit, de l'éxplosion en vol d'un avion civil avec 73 civils à bord et d'autres crimes de lèse humanité. Les mêmes terroristes ont participé au montage et à l'exécution de l'Opération le Condor avec la DINA de Pinochet et des autres corps répressifs des dictatures militaires du Cône Sur. Henry Kissinger à l'époque Secrétaire d'État Ne peut pas non plus éluder sa responsabilité dans ces actes des génocides.

Il semble indispensable de dénoncer les relations étroites de l'actuel gouverneur de La Floride, Jeb Bush, avec la Fondation Cubain Américaine et d'autres groupes terroristes de Miami. les mêmes qui ont contribué d'une manière décisive à la victoire frauduleuse de son frère dans les élections présidentielles de 2000; les mêmes qui ont financé les attentats contre les installations touristiques cubaines que Posada Carriles a fini par reconnaître dans les colonnes du new york times et devant la télévision nord-américaine, sa "grâce" au Panama et son séjour aux États-Unis durant les deux derniers mois; les mêmes qui ont organisé et ont payé sa fuite de la prison en Venezuela pour travailler avec la Maison Blanche dans le projet l'Iran-Contras et dans la stratégie américaine de terrorisme d'état et de guerre sale en Amérique centrale. Aujourd'hui plus que jamais urge dénoncer ce réseau historique de complicités sur lequel s'appuie l'impunité avec laquelle les autorités américaines protègent illégalement Luis Posada Carriles, en ignorant la juste demande d'extradition de la République Bolivarienne de Venezuela. La même protection par laquelle ils essaient de laisser les crimes d'Orlando Bosch impunies.

Il est impératif de révéler l'essence terroriste de cette alliance, contre les intérêts du peuple nord-américain, qui a établi la dynastie Bush avec la maffia de Miami et qui offense la mémoire des victimes des attentats du 11 septembre 2001 et des morts au nom d'une guerre frauduleuse contre le terrorisme. L'opinion publique des États-Unis, qui s’est mobilisés contre le néofascisme et a contribué à terminer d'une manière décisive la guerre du Vietnam, qui a appuyé la lutte pour les droits civils et le retour à Cuba de l'enfant Elián González, doit être informée par tous les moyens sur le caractère criminel de son gouvernement.

L'IMPUNITE DES TERRORISTES NE PEUT PAS CONTINUER.

AUCUN CRIME NE PEUT RESTER SANS CHATIMENT.

par toutes ces raisons, nous décidons de pousser un mouvement international contre le terrorisme à travers le réseau de réseaux “ défense de l'humanité” et les actions suivantes :

1. Établir un Observatoire contre le Terrorisme dans l'Hémisphère.

2. Créer une Base de Données qui compile l'information sur cette politique de génocide

3. Élaborer et publier l'Encyclopédie du Terrorisme dans l'hémisphère, avec les concepts et les catégories essentielles, les antécédents des génocides, répresseurs et des terroristes impliqués, ainsi que la chronologie de ces faits criminels et la caractérisation des composants nationaux et supranationaux des machines de la terreur.

4. Editerr un recueil de publications sur la mémoire historique du terrorisme.

5. Constituer le Tribunal Hémisphérique “Contre le terrorisme et pour la défense de l'humanité”, formé par des juristes reconnus, des intellectuels et des defenseurs des droits de l’homme, pour juger, dans un premièr temps, Henry Kissinger, George Herbert Walker Bush, Jeb Bush et George Walker Bush et les fonctionnaires et exfonctionnaires suivants du Département d'État et du Conseil National de la Sûreté : Oliver North, John Dimitri Negroponte et Otto Reich, pour instaurer et pour promouvoir le terrorisme d'état l'Amérique latine et en Caraïbe et sur le propre territoire des États-Unis, chez ,en totale violation des lois internationales et celles de leur propre pays et en mettant en danger la sûreté de leurs concitoyens; pour avoir recruté, entraîné et financé les groupes terroristes et pour la protection offerte à Orlando Bosch, Luis Posada Carriles et d'autres auteurs remarquables d'actes criminels qui ont coûté la vie de milliers de personnes innocentes.

Les travaux de ce Tribunal seront organisés à travers quatre commissions :

1. témoignages et de preuves documentaires;

2. enquête et analyse;

3. Technique - juridique

4. Difusion de l'Information .

Tel est l’engagement pris à La Havane : défendre les valeurs éthiques et la dignité contre la force brute et la terreur de même que imposer le droit et la justice. Toutes les voix doivent se lever contre la crime. Cette revendication continuera jusqu'à ce que les assassins soient jugés et condamnés.

Le silence beneficie aux terroristes et à leurs protecteurs. Il n'y aura pas de repos jusqu'à ce que la vérité se révèle. Comme Le disait Fidel : “l'humanité a des besoins de justice”.

24 juillet 2005

L'olympisme : la déchéance du sport

Fausses valeurs de l’idéal sportif
Les héros mythifiés de l’olympisme

Une saison sportive passionnante commence dès le 12 juin : le championnat d’Europe des nations de football jusqu’au 4 juillet, le Tour de France du 3 au 25 juillet, sans oublier les Jeux olympiques d’Athènes du 13 au 29 août. Mais la fête est gâchée par une marchandisation qui conduit à valoriser le culte de la performance et à accélérer la course au profit… les vertus humanistes du sport servent souvent à masquer la tyrannie et la violence qui lui sont liées.
 

Véritablement engagée depuis la seconde guerre mondiale avec la multiplication sans fin des compétitions, la mondialisation du sport s’est doublée d’une « sportivisation » du monde comme vecteur politico-idéologique commun à l’ensemble des puissances financières qui soumettent la planète à leur diktat. Après que le baron Pierre de Coubertin eut lancé le mouvement irrésistible de propagation sportive en ressuscitant les Jeux olympiques à Athènes, en 1896, le phénomène sportif s’est caractérisé par la combinaison de plusieurs facteurs : un développement sans précédent de la plupart des sports sur toute la planète, leur homogénéisation internationale par la codification de règles unifiées, et la disparition progressive des techniques corporelles ou des jeux vernaculaires.

L’unité de cet ensemble a reconfiguré à la fois le temps du monde (mise en place de calendriers compétitifs de plus en plus resserrés faisant office de repères acceptés par tous) et l’espace géopolitique (multiplication des lieux du sport : au pied des immeubles, dans les stades, chez soi devant l’écran, en pleine nature), et ce dans un spectacle mondialement télédiffusé. Semble même sourdre de cette articulation inédite du temps et de l’espace une nouvelle histoire, constituée par les exploits, les records, les performances, créant par là même des mythes et de « fabuleuses légendes » dont les champions seraient les dieux, au milieu d’un océan d’images.

Cette pandémie sportive – l’extension de sa sphère d’influence au sein de la vie quotidienne – est, de fait, repérable dans la mondialisation du sport en tant qu’univers impitoyable de « gagnants », à l’occasion cogneurs. L’espace public, réduit à un écran de rêve télévisé, est saturé de sport, à un tel niveau d’engagement que la politique, par exemple, est considérée elle aussi comme un sport. Le typhus sportif (origine du mot tifosi) a contaminé les consciences à une vitesse inouïe, faisant de chaque individu un supporteur en puissance. Au point que le sport s’exerce dorénavant sur le même registre que les besoins – boire, manger ou dormir – et qu’il est devenu l’espace-temps quasi exclusif de ces foules solitaires hébétées par la passion de l’inessentiel : un tir au but, un sprint ou un service-volée. Le sport constitue la vie quotidienne, et, pour nombre d’individus, il n’y a plus rien en dehors de lui, sinon le vide abyssal du jargon, télévisé, de l’inauthenticité.

Si les stades permettent l’exercice effectif de la compétition, la véritable fascination du spectacle qui s’empare des foules envoûtées résulte précisément de la puissance à la fois banalisée et hypnotique de la retransmission généralisée des compétitions – d’un seul point du monde, le stade, vers tous les points possibles, chaque foyer – et selon une transmission qui leur est propre : le direct, l’instantané, le ralenti et la répétition sous tous les angles, en boucle.

Des téléspectateurs fanatisés
Par son mode de manifestation même, le sport est devenu l’un des vecteurs de la mondialisation en cours, c’est-à-dire une spatialisation planétaire sous le régime d’un temps unique réifié, littéralement coagulé, constitué par la puissance universelle de la diffusion télévisuelle. Au temps encore marqué par l’historicité, un temps complexe, d’une certaine fluidité dialectique (1), s’est donc substitué le temps du sport, qui scande l’histoire au rythme des compétitions, des records, des télédiffusions. Le sport « réellement existant » n’est qu’une frénésie de compétitions, l’organisation planétaire de leur rotation permanente dans un calendrier universel. Le sport n’est plus désormais que l’une des composantes d’un temps et d’un espace autonomisés dans et par le capital. Il est la prise de possession du temps et de l’espace à son image et comme image.

Nouvelles stars de la mondialisation, les champions ont pris la place des vedettes du cinéma et du show-biz. Le sportif de haut niveau est devenu le modèle publicitaire à suivre, celui auquel la jeunesse doit s’identifier. Non seulement les sponsors construisent l’image des sportifs comme produits mondialisés standards, mais la mondialisation véhicule les figures planétaires de sportifs uniformisés à l’image de leurs chaussures : leur langue commune est le sabir anglo-sportif, leur manière de vivre est homogénéisée – mêmes « boissons de l’effort », mêmes hôtels de luxe, mêmes passions pour les grosses cylindrées, mêmes entraînements démentiels, mêmes dopages, même intérêt pour les comptes bancaires.

Enrôlés dans des teams, des écuries, des équipes contrôlées par de puissants intérêts financiers, ces happy few consacrent leur temps à se rencontrer autour du globe en se donnant en spectacle devant un immense parterre de déshérités et d’opprimés réduits à n’être que des téléspectateurs fanatisés ou des machines à applaudir comme dans les reality shows.

La puissance effective de l’idéologie du sport résulte de la multiplication infinie des images de la compétition sans médiation autre que des commentaires redondants d’une affligeante banalité. La mondialisation télévisée permanente transforme alors la passion sportive en passion de l’image, en « iconomanie », pour reprendre le concept de Günther Anders (2). La contamination générale des consciences provient ainsi de ce matraquage sportivo-télévisé incessant. Celui-ci, par le truchement de l’imagerie infinie imposée par les technologies numériques qui scotchent chaque individu devant ses écrans (Toile, téléphone portable, home cinéma, téléviseur, etc.), célèbre non seulement les nouvelles icônes du sport, mais distille massivement la vision sportive du monde.

« L’idéologie, écrit Engels, est un processus que le soi-disant penseur accomplit sans doute avec conscience, mais avec une conscience fausse. Les forces motrices véritables qui le mettent en mouvement lui restent inconnues, sinon ce ne serait point un processus idéologique. Aussi s’imagine-t-il des forces motrices fausses ou apparentes (3). » C’est ainsi que l’idéologie sportive met en scène l’action imaginaire d’hypostases imaginaires (l’idée olympique, la paix olympique, le fair-play, l’esprit sportif, etc. en méconnaissant, travestissant ou refoulant les forces motrices réelles du sport : l’accumulation du capital sportif, la course effrénée au rendement, les effets délétères de la compétition.

La première forme de fausse conscience qui singularise ce Disneyland en tant qu’appareil idéologique est la dénégation de tout caractère idéologique, la scotomisation politique de tout caractère politique du sport.

De manière naïve chez les pratiquants et dirigeants sportifs immergés dans cet océan onirique à la fois narcissique et mégalomaniaque, de manière plus perverse chez certains intellectuels, le sport est présenté comme un culte de la performance, une contre-société de l’effort compétitif, un univers enchanté et enchanteur de pratiques du dépassement de soi, qui n’auraient rien à voir avec les oppositions idéologiques, les orientations politiques, les convictions religieuses. Le sport serait fondamentalement neutre, apolitique, en dehors de la lutte des classes, ni à gauche ni à droite, ni même au centre, au-dessus des querelles partisanes et des conflits sociaux.

L’idéologie de la « neutralité axiologique » nie farouchement le rôle du sport en tant qu’entreprise d’abrutissement, d’endoctrinement et de chloroformisation des masses – aussi bien dans les métropoles impérialistes que dans le tiers-monde. Elle s’exprime sous deux formes essentielles, qu’on n’aura aucune peine à reconnaître lors des prochains jeux du stade, à Athènes.

La première, véhiculée avec insistance par toutes les tendances de gauche, consiste à soutenir que le sport peut revêtir toutes les couleurs, du rouge vif au rose pâle. Organisé de manière « progressiste », le sport pourrait ainsi contribuer à l’émancipation des femmes, combattre le racisme et la xénophobie, contribuer à l’intégration républicaine, relancer l’ascenseur social et pour finir promouvoir la « culture ». Il y aurait ainsi un vrai sport, un sport éducatif, un sport purifié, un sport à visage humain, en somme une Essence ou Idée platonicienne du sport qui contredirait les regrettables excès, abus, dénaturations, déviations du sport réellement existant. La réalité assez sordide de l’affairisme, du dopage, des résultats arrangés et de la corruption se charge évidemment de rappeler périodiquement à l’ordre ces marchands d’illusion.

La seconde expression de l’idéologie de la neutralité idéologique, plus massive encore, se reconstitue périodiquement dans les acclamations unanimistes du « consensus sportif ». La grégarisation, la massification, la mobilisation totale sinon totalitaire des foules que les fabuleux exploits des dieux du stade font « chavirer de bonheur » – récemment encore la victoire de la Tunisie en Coupe d’Afrique de football – sont supposées prouver l’universalisme de l’« idéal sportif » ou de l’« idée olympique ». Il est alors assez consternant de voir des intellectuels, d’habitude plus critiques, rejoindre la meute des mordus du muscle, incapables de percer à jour les fonctions politiques réactionnaires de cette sportivisation des esprits, de ce matraquage émotionnel factice autour de « nos » champions.

Dans les extases nationales – certains ont même parlé d’orgasme – qui saturent l’espace public en cas de victoire, les amis du sport se sont donc plu à reconnaître la manifestation d’une union sacrée régénératrice. Les champions seraient alors l’avant-garde d’une société réconciliée avec elle-même. La victoire de l’équipe de France « black-blanc-beur » lors de la Coupe du monde de football en 1998 fut ainsi l’occasion d’une vague déferlante de crétinisation populiste.

Didier Deschamps, le capitaine des Bleus, affirmait sans rire que « le football est un vecteur qui permet de gommer les différences raciales, sociales ou politiques (4) ». L’entraîneur Aimé Jacquet était encore plus lyrique : « La France s’est reconnue à travers cette équipe multiethnique. Que ces jeunes gens, nés en France, pleins de joie de vivre et d’ambition, aient rendu tant de monde heureux, c’est très positif pour le pays. Je pense que cela peut donner un bon élan pour l’unité nationale  (5). » L’éditorialiste de L’Humanité filait la métaphore de la « légende du siècle » : « Les idoles bleues sont entrées dans l’éclatante éternité du football (6). » Il n’est donc pas étonnant que Zinédine Zidane ait été élu « Français préféré des Français » et que les plus shootés par l’opium sportif aient même songé à « Zidane président » !

Cette démagogie unanimiste n’a pas résisté très longtemps cependant au principe de réalité : ni le « football des cités », ni le « street-ball », ni le « sport populaire », ni le « sport pour tous » – ces miroirs aux alouettes de la pensée désirante – n’ont empêché que s’aggravent la « fracture sociale » et la délitescence continue du lien collectif dans les « quartiers difficiles ». Loin de concourir à la concorde civile, les rencontres sportives sont de plus en plus émaillées d’incidents graves et de violences haineuses, qui ne sont pas de simples « bavures » ou des « faits divers », mais la conséquence de la victoire à tout prix qui prévaut à tous les échelons de l’institution. La jungle sportive ne faisant d’ailleurs que réfracter ici son alter ego : la jungle de la mondialisation libérale.

Le deuxième processus idéologique est l’expression de la dissociation quasi schizophrénique existant entre les discours officiels – que confortent à leur manière les producteurs de la bonne conscience sportive (7) – et les tristes évidences du « milieu » : augmentation et aggravation des violences dans et hors les stades, scandales à répétition de la corruption mafieuse ou semi-mafieuse, monétarisation généralisée des « valeurs » sportives, fraudes et tricheries en tous genres, et surtout dopage massif à tous les étages.

Selon la bonne vieille logique du clivage schizoïde, on assiste alors à une double dissociation : l’institution sportive est d’abord supposée être indépendante de la société capitaliste globale et pouvoir développer une logique autonome. Dans une société gangrenée par la chasse aux profits, le sport serait ainsi capable de rester un îlot « pur » protégé par ses « valeurs ». L’institution sportive est ensuite supposée être partagée selon la logique binaire du « bon sport » opposé à ses « mauvais usages », ses « déviations » et ses « défigurations ». Le dopage ne serait à cet égard qu’un épiphénomène malheureux qui « dévoie » certes l’éthique du sport mais qui ne serait qu’une pratique limitée à quelques rares tricheurs dans quelques sports particuliers.

Avalanche des affaires de dopage
Or les événements de ces quinze dernières années ont clairement montré que le dopage, plutôt qu’une transgression épisodique, est le révélateur tératologique de la nature exacte du sport : une course irréversible aux manipulations biochimiques, une « anthropomaximologie », comme disaient naguère les théoriciens soviétiques, un projet totalitaire qui vise à soumettre l’être humain à la fabrication d’un cybernanthrope ou d’un être bionique de type nouveau. Enquêtes, procès, aveux, révélations ont donc fini par dévoiler le visage réel de la compétition.

L’avalanche des affaires de dopage dans le cyclisme et l’athlétisme, mais aussi dans le football ou la natation, après celles, déjà anciennes, de l’haltérophilie, du ski de fond et de l’aviron, a eu pour résultat de mettre sous surveillance toutes les disciplines, rattrapées les unes après les autres par des affaires de dopage (y compris le rugby, l’escrime, le judo, la lutte et le tennis...). Les affaires ont surtout reposé la lancinante question des conditions médicales effectives dans lesquelles s’accomplit aujourd’hui la performance. La multiplication des entraînements et des compétitions, l’augmentation de la charge de travail liée à l’élévation constante des exigences du haut niveau, l’intensification des enjeux financiers et la pression médiatique ont définitivement transformé le dopage artisanal en une industrie multinationale, avec ses fournisseurs, ses filières, ses intermédiaires (8).
Tandis que la liste des contrôlés positifs s’allonge, et ce à tous les niveaux de la compétition, les responsables font mine de découvrir l’ampleur du fléau. Après chaque Tour de France ou d’Italie, le cyclisme promet de redevenir « propre » en attendant d’être éclaboussé par une nouvelle affaire. Dans les autres sports, seules quelques brebis galeuses isolées, paraît-il, auraient recours aux substances interdites, et encore, de manière intermittente !

Comble de la fausse conscience, les plus lucides ou les plus cyniques consentent à maquiller le dopage sous une forme euphémisée : les compléments vitaminiques, l’alimentation enrichie, le rééquilibrage hormonal, la réoxygénation, les médications contre l’asthme, les tonifiants musculaires, la créatine et autres stimulants de l’effort servent à évoquer pudiquement l’innommable des injections et des amphétamines, l’administration des divers anabolisants et corticoïdes, les transfusions sanguines à hautes doses, l’ordinaire des traitements à l’EPO et maintenant à la THG.

Lorsque de rares sportifs de renom se font prendre, comme le Cubain Sotomayor (saut en hauteur), les Britanniques Christie et Chambers (sprint) ou l’Autrichien Schönfelder (ski), on feint de croire à de simples « cas isolés ». Mais ils ne sont que le pic apparent d’un immense iceberg. Les autres n’ont plus le choix : ou bien ils acceptent, plus ou moins volontairement, de recourir aux « adjuvants » de la performance, ou bien ils renoncent à jouer dans la cour des grands. S’il ne s’agissait d’un problème de santé publique, on pourrait parler ici par dérision de « fracture sportive » entre ceux qui adhèrent déjà à la mégasecte de l’addiction et ceux qui attendent d’en faire partie.
On achève bien les chevaux, en effet, peu importe alors que de nombreux sportifs soient maintenant fauchés dans la fleur de l’âge, de « mort naturelle », comme disent des communiqués alambiqués (9), ou victimes de la toxicomanie comme Pantani, Maradona et bien d’autres, longtemps présentés comme des « modèles pour la jeunesse ». Et, tandis que l’Agence mondiale antidopage (AMA) multiplie ses gesticulations, les lois antidopage timidement en vigueur dans certains pays (dont la France) révèlent leur dramatique impuissance, et les organismes sportifs leur négligence pour ne pas dire leur coupable complaisance devant cette hécatombe programmée.

Pourtant, on persiste à célébrer ce qui n’est pas, pour mieux taire ce qui est. Au même titre que l’« idéal communiste » a longtemps empêché les militants de reconnaître la vérité criante des crimes du socialisme réellement existant en les aveuglant sur leur aveuglement, l’« idéal sportif » ou l’« idée olympique » – selon la phraséologie rituelle dans l’univers de la publicité sportivomédiatique – contribuent massivement à occulter les conditions réelles de la pratique sportive de compétition. De la même manière qu’il ne fallait pas, naguère, « désespérer » la forteresse ouvrière Billancourt, il ne faut pas décourager les hordes de dupés qui risquent d’être dopés. The show must go on...

Le troisième processus idéologique concerne la vision sportive du monde en tant qu’ensemble de discours performatifs (10). La foi sportive a en effet pour fonction essentielle d’entretenir la pureté du dogme athlétique, le caractère immaculé du mythe olympique. C’est au nom de cette illusoire « idée sportive » que de nombreux idéologues proposent de restaurer les valeurs que le milieu serait supposé exalter. Or, outre le fait que le désintéressement n’a jamais été qu’un mythe idéaliste, c’est précisément au nom de ce supposé désintéressement que la compétition sportive s’est depuis toujours mise au service d’intérêts économiques, politiques et idéologiques qui, eux, sont bien réels.

Un humanisme de pacotille
En invoquant de façon quasi mystique les « valeurs éternelles du sport », cette idéologie cherche à s’accomplir comme prophétie autoréalisatrice en réduisant le gouffre existant entre la réalité mondaine de la pratique effective du sport-spectacle capitaliste et la sphère céleste de l’« Idée sportive ». A la manière d’un impératif catégorique, elle tente d’aligner les peu reluisantes mœurs sur un idéal idolâtré dont Coubertin a été le grand prêtre. Les articles de la confession sportive – fair-play, respect de l’adversaire, trêve olympique, amitié entre les peuples, fête de la jeunesse, etc. – psalmodiés sur tous les tons se retrouvent depuis des lustres dans de fausses associations : entre le sport et la culture, le sport et la paix, le sport et la démocratie, le sport et l’émancipation des peuples, des déshérités et des femmes, le sport et le respect de l’environnement, etc.

Par une série d’équations perverses, l’idéologie sportive ose même identifier l’idéal à sa négation pure et simple. C’est ainsi qu’en Argentine la « liberté de jouer », célébrée en 1978 par tous les amateurs du ballon rond, a surtout été une opération de propagande pour la junte fasciste de Jorge Rafael Videla, avalisée par la Fédération internationale de football association (FIFA) et tous les supporteurs du fait accompli.

De même, c’est au nom de l’« idéal olympique » que se sont tenus les Jeux de la croix gammée à Berlin en 1936, les Jeux staliniens de 1980 à Moscou, les Jeux policiers de Séoul en 1988. Et c’est encore au nom de la « fraternité olympique » qu’Athènes consacrera en août 2004 le rassemblement « pacifique » d’une interminable cohorte d’« Etats voyous », de dictatures bananières et de régimes policiers qui tâcheront de glaner médailles, honneurs et considérations sous la protection rapprochée de milliers de militaires et d’agents des services de sécurité mobilisés pour prévenir les attentats terroristes.

Athènes – qui fut dans l’Antiquité le berceau de la philosophie et de la démocratie – passera ensuite le flambeau olympique à Pékin, symbole sinistre du despotisme oriental. Les thuriféraires du sport fermeront alors pudiquement les yeux sur les violations massives des droits humains en Chine, à seule fin de préserver la « réussite » de la fête olympique en 2008.

Oubliés, les camps de travail, les mensonges d’Etat, l’occupation du Tibet, la répression sanglante de la place Tiananmen, les exécutions publiques des condamnés à mort, les exactions de la police politique, les menaces contre Taïwan, la normalisation de Hongkong. Les festivités olympiques serviront, une fois encore, de paravent à un exercice de propagande pour un régime totalitaire. Et la phraséologie sportive, avec son humanisme de pacotille, de justification à une opération de marketing politique pour la bureaucratie chinoise. Comme à son habitude, la « finalité sans fin » du sport légitimera le monopole de la violence illégitime d’une tyrannie.

23 juillet 2005

Espoirs

Par Ignacio Ramonet
  UNE FOIS ENCORE, en disant « non » de manière retentissante, le 29 mai 2005, au projet de traité constitutionnel pour l’Europe, la France rebelle a fait honneur à sa tradition de « nation politique par excellence ». Elle a secoué le Vieux Continent, suscitant à nouveau l’espoir des peuples et l’inquiétude des élites établies. Elle a renoué avec sa « mission historique » en faisant la preuve, par l’action audacieuse de ses citoyens, qu’il est possible d’échapper à la fatalité et aux pesanteurs des déterminismes économiques ou politiques.
Car ce « non » a une signification centrale : il marque un coup d’arrêt à la prétention d’imposer, partout dans le monde et au mépris des citoyens, un unique modèle économique – celui défini par le dogme de la globalisation.
Ce modèle avait déjà suscité, depuis le milieu des années 1990, des résistances diverses. Par exemple, lors du grand mouvement social en France de novembre 1995. Ou encore à Seattle (1999), où naquit ce qu’on devait appeler ensuite – surtout après le premier Forum social mondial de Porto Alegre (2001), suivi des événements de Gênes (2001) – le « mouvement altermondialiste ». Et dans divers Etats, de l’Argentine à l’Inde, en passant par le Brésil. Mais c’est la première fois que, dans un pays du Nord et dans le cadre d’une consultation politique institutionnelle, une société a l’occasion de dire officiellement « non » à la globalisation ultralibérale.
Les éditorialistes des médias dominants, tels des entomologistes penchés sur un insecte qu’ils croyaient disparu, tentent de défigurer le « non » massif de la France. Ayant pour la plupart fait une campagne unilatérale pour le « oui » en dénonçant le « populisme », la « démagogie », la « xénophobie », le « masochisme », etc., de leurs adversaires, ils se révèlent incapables d’adapter leurs analyses à l’ampleur de leur déroute. Extraordinaire suffisance de notables qui ne comprennent pas – et supportent encore moins – que le peuple (mot qu’ils n’utilisent qu’en se pinçant le nez) ait refusé de se ranger aux prescriptions du « cercle de la raison » européiste. Car c’est bien le peuple qui a repris le chemin des urnes : 30 % d’abstentions seulement, contre 57 % il y a tout juste un an lors des élections au Parlement européen.
Cette mobilisation, en particulier dans les catégories populaires et aussi chez les jeunes, sur un thème aride – un texte de 448 articles, sans compter les annexes, déclarations et protocoles – constitue à elle seule un succès inespéré pour la démocratie. Le peuple a fait son grand retour : face au sentiment de dépossession s’exprime sa volonté de réappropriation.
Depuis ses débuts en 1958, et surtout depuis l’Acte unique européen de 1986, la construction communautaire a exercé une contrainte croissante sur toutes les décisions nationales. Le traité de Maastricht (1992), puis le pacte dit de stabilité et de croissance (1997) ont retiré aux gouvernements deux des leviers majeurs de l’action publique : la politique monétaire et la politique budgétaire. Le troisième, la politique fiscale, est de moins en moins autonome, car elle s’inscrit dans une logique généralisée de « concurrence libre et non faussée ».
Les citoyens ont compris que le traité soumis à leur approbation «  constitutionnalisait », à l’échelle européenne, la concurrence exacerbée non seulement entre les producteurs de biens et de services, mais aussi entre l’ensemble des systèmes sociaux happés dans une spirale descendante. Ce n’étaient certainement pas les très maigres «  avancées » démocratiques du traité qui pouvaient contrebalancer le verrouillage du modèle concurrentiel qu’il induisait, vidant ainsi de signification les futures consultations électorales.
Le vote « non » a été un vote extrêmement informé par des milliers de rencontres, débats et lectures, les ouvrages sur la Constitution ayant figuré pendant des mois en tête des succès de librairie. Face à la propagande d’Etat, relayée par la plupart des médias, les citoyens ont voulu se faire leur propre opinion. Ils y ont été aidés par le travail de fourmi réalisé sur le terrain par les multiples collectifs qui se sont spontanément mis en place dans toute la France, en particulier les comités locaux d’Attac. Ce foisonnement fait honneur à la démocratie...
CE VOTE A-T-IL ÉTÉ NATIONALISTE ? Non, il a été très majoritairement pro-européen. Ne s’y sont pas trompés tous ces syndicalistes et militants associatifs de nombreux pays de l’Union qui, soit chez eux, soit par leur participation à la campagne en France, ont témoigné de leur solidarité avec l’aspiration à une autre Europe portée par les forces vives du « non ». Privés de référendum, beaucoup d’Européens ont demandé aux Français d’émettre en leur nom un vote par procuration !
A l’étranger, certains ont interprété ce « non  » comme un affaiblissement de l’Europe face aux Etats-Unis qui laisse la grande puissance américaine sans contrepoids. Ils se trompent : la Constitution aurait aligné encore plus l’Union (en particulier sur le plan militaire) sur Washington.
Une situation nouvelle est créée, permettant une remise à plat des valeurs et des règles du vouloir vivre en commun en Europe. Ce vouloir vivre ne saurait se réduire à son degré zéro qu’est la liberté de circulation des capitaux, des biens, des services, et même des personnes. De ce point de vue, le «  non » du 29 mai ne ferme aucune porte. Il permet, en revanche, tous les espoirs.

22 juillet 2005

Le capitalisme crée "un homme nouveau"

Un nouvel « homme nouveau », voila ce que le marché est entrain de fabriquer sous nos yeux. En détruisant toute forme de loi qui représenterait une contrainte sur la marchandise, la dérégulation néolibérale provoque des effets dans tous les domaines.
Pas seulement dans le champs économique. Le psychisme humain lui-même est perturbé, bouleversé. Dépressions, troubles de l’identité, suicides et perversions se multiplient. Au point que le marché ne veut plus de l’être humain tel qu’il est. A l’aide du clonage et de l’ingénierie génétique, il exige désormais carrément la transformation biologique de l’humanité.

Il est temps de mettre en évidence la profonde reconfiguration des esprits opérée par le marché. La démonstration était relativement simple : le marché récuse toute considération (morale, traditionnelle, transcendante, transcendantale, culturelle, environnementale…) qui pourrait faire entrave à la libre circulation de la marchandise dans le monde.
C’est pourquoi le nouveau capitalisme cherche à démanteler toute valeur symbolique au profit de la seule valeur monétaire neutre de la marchandise. Puisqu’il n’y a plus qu’un ensemble de produits qui s’échangent à leur stricte valeur marchande, les hommes doivent se débarrasser de toutes ces surcharges culturelles et symboliques qui garantissaient naguère leurs échanges

20 juillet 2005

Attention à ce que peut préparer Israël

Urgent !! Tous les yeux sur le retrait de Gaza
Par Uri Davis, Ilan Pappé et Tamar Yaron

18-07-2005.
Nous pensons que le principal motif non spécifié de la détermination du gouvernement de l'état d'Israël pour faire sortir les colons juifs du bloc de colonies de Qatif (Katif) de la bande de Gaza pourrait être de les mettre à l'abri quand le gouvernement et les militaires israéliens déclencheront probablement une attaque massive et intensive sur environ un million et demi de Palestiniens dans la Bande de Gaza, dont à peu près la moitié sont des réfugiés palestiniens de 1948.


Ce qui peut survenir après l'évacuation des colons juifs de la bande de Gaza

Une alerte en provenance d'Israël
Nous estimons qu'il est urgent et nécessaire de donner l'alarme sur ce que pourrait se passer pendant et après l'évacuation des colons juifs de la bande de Gaza occupée par Israël en 1967, au cas où l'évacuation serait mise en application.

Nous avions retardé la publication et la diffusion de ce rapport, en attendant des feedbacks supplémentaires de nos pairs.

La publication dans Ha'aretz (22 juin 2005) de déclarations citées par le Général Eival Giladi (réservistes), responsable de l'équipe de coordination et de stratégie du bureau du premier ministre, nous a motivés à ne pas en retarder sa publication ainsi que sa diffusion.

Confirmant nos pires craintes, le Général Eival Giladi (réservistes) est allé annoncer aux journaux et à la télévision que "Israël agira de façon très déterminée afin d'empêcher des attaques terroristes et les tirs des (militants) pendant que le retrait sera effectué" et que "si une réponse ponctuelle s'avère insuffisante, nous pourrions devoir utiliser des armes qui causeraient d'importants dégâts collatéraux, dont des hélicoptères et des avions, avec un danger élevé pour les personnes des environs."

Nous pensons que le principal motif non spécifié de la détermination du gouvernement de l'état d'Israël pour faire sortir les colons juifs du bloc de colonies de Qatif (Katif) de la bande de Gaza pourrait être de les mettre à l'abri quand le gouvernement et les militaires israéliens déclencheront probablement une attaque massive et intensive sur environ un million et demi de Palestiniens dans la Bande de Gaza, dont à peu près la moitié sont des réfugiés palestiniens de 1948.

Le scénario pourrait être semblable à ce qui s'est déjà produit par le passé - une stratégie qu'Ariel Sharon a utilisé à de nombreuses reprises dans sa carrière militaire - c.-à-d., utiliser la provocation afin de lancer des attaques massives.

D'après ce modèle, nous croyons que le premier ministre Ariel Sharon et le ministre de la Défense Shaul Mofaz envisagent d'utiliser la provocation pour des attaques odieuses dans un proche avenir sur environ un million et demi de Palestiniens dans la Bande de Gaza : une combinaison possible de terrorisme d'Etat intensif et d'assassinats massifs.

L'armée israélienne ne fera pas prendre de risque d'accidents à ses soldats qui seraient impliqués dans l'utilisation des troupes terrestres à grande échelle dans la bande de Gaza.

Avec le Général Dan Halutz comme Chef d'Etat-Major, ils n'en ont pas besoin.

C'était le Général Dan Halutz, en sa qualité de commandant de l'Armée de l'Air israélienne, qui a autorisé le bombardement d'un quartier civil de la ville de Gaza avec une bombe pesant une tonne, et est ensuite allé dire qu'il dormait bien et que la seule chose qu'il ressentait en laissant tomber une bombe était une légère secousse de l'avion.


Les initiateurs de cette alerte ont été actifs depuis de nombreuses décennies dans la défense des droits de l'homme à l'intérieur de l'Etat d'Israël et au-delà.

Nous n'avons pas la preuve théorique pour appuyer notre impression, mais étant donné les précédents comportements, les tendances idéologiques et le retournement actuel des médias initié par le gouvernement et l'armée israéliens, nous pensons que les projets de l'Etat d'Israël sont clairs et nous suggérons que notre flair entraîné sur des sujets concernant la défense des droits de l'homme a été plus souvent correct que l'inverse.

Nous conseillons vivement à tous ceux qui partagent l'inquiétude ci-dessus d'ajouter leurs noms aux nôtres et de diffuser d'urgence cette alerte aussi largement que possible.

Faire circuler et publier ce texte peuvent constituer un élément significatif pour décourager le gouvernement israélien, ainsi que protéger la population palestinienne dans la bande de Gaza contre cette catastrophe très possible et contribuer alors à empêcher d'autres crimes de guerre de se produire.
S'il vous plait, signez, diffusez et publiez cette alerte sans délai !
S'il vous plait, informez Tamar Yaron de votre signature à :
tiyaron@hazorea.org.il
Nous apprécierions également d'être informés si l'alerte était publiée dans tout média et/ou si elle était envoyée à une liste de diffusion

Uri Davis, Sakhnin :
uridavis@actcom.co.il
Ilan Pappe, Tiv'on,
pappe@poli.haifa.ac.il
et Tamar Yaron, Kibbutz Hazorea,
tiyaron@hazorea.org.il

Sous le regard de washington

Menaces sur le président vénézuélien
Le 31 janvier 2005, le président vénézuélien Hugo Chávez a reçu un accueil triomphal de la part des militants altermondialistes rassemblés lors du Forum social mondial de Porto Alegre. Celui qui est devenu pour la gauche latino-américaine le symbole de la résistance au néolibéralisme et à l’hégémonie étatsunienne a estimé à cette occasion qu’il était urgent de « mettre en place une économie sociale pour dépasser le capitalisme ». Déjà soumis par le passé à la vindicte de la Maison Blanche, qui a tout fait pour le déstabiliser, M. Chávez redevient la bête noire de la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice et des nostalgiques de la guerre froide, comme le secrétaire d’Etat adjoint Roger Noriega, le sous-secrétaire d’Etat John Bolton, le « dur » Elliot Abrams, vice-conseiller de la Sécurité nationale ou M. John Negroponte, vétéran de la « guerre sale » en Amérique centrale et désormais à la tête de la toute puissante Agence nationale du renseignement. Tout à leur obsession affirmée de ne pas laisser s’installer un... « second Cuba » ! ceux-ci remettent en œuvre les méthodes appliquée contre tout gouvernement ou pays qui cherche à se démarquer de l’Empire.
Sorti victorieux de la tentative de coup d’Etat du 11 avril 2002, du lock-out de décembre 2002/janvier 2003 (64 jours d’interruption de l’activité économique), du référendum révocatoire du 15 août 2004 et des élections du 31 octobre, qui ont donné à son mouvement 20 gouverneurs sur 22 et 270 maires sur 337, le président bolivarien met en œuvre une audacieuse politique en direction des secteurs défavorisés. Reprise en main, la compagnie pétrolière nationale PDVSA a transféré, en 2004, 3,5 milliards de dollars en direction des programmes sociaux (1). Par ailleurs, M. Chávez joue un rôle décisif sur la scène latino-américaine où il n’est plus isolé, même s’il est diversement accompagné.
Les effets pervers du dogmatisme libéral concocté par Washington, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement ont eu pour conséquence un incontestable virage à gauche du sous-continent (Argentine, Brésil, Panamá, Uruguay), ces deux dernières années. Même le Mexique voit se profiler une possible victoire de l’actuel maire de la ville de Mexico, M. Manuel López Obrador, du Parti de la révolution démocratique (PRD). Face à la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA, ALCA en espagnol), projet étatsunien de recolonisation économique du continent, la conjoncture permet au président vénézuélien de relancer son projet d’Alternative bolivarienne pour l’Amérique (ALBA), une intégration basée sur la coopération et non sur la concurrence, qui reposerait sur les bases d’un développement endogène et prendrait en compte les franges de population les plus défavorisées.
En ce sens, la naissance, le 8 décembre 2004, au Pérou, à travers la « Déclaration de Cuzco », d’une Communauté sud-américaine des nations composée de douze Etats (2) marque un premier pas, même si cette organisation demeure pour l’heure plus symbolique que fonctionnelle, les Etats-Unis y conservant quelques alliés inconditionnels (la Colombie, l’Equateur, le Pérou et, en dehors de cette zone géographique, les pays d’Amérique centrale).
Plus concrètement, à l’alliance stratégique passée avec La Havane (à travers un accord pétrole contre médecins et enseignants), le Venezuela vient d’ajouter celle scellée avec Brasilia, le 14 février, à Caracas, par la signature de 26 accords allant du secteur énergétique (coopération entre PDVSA et Petrobas en matière d’exploration, de raffinage, etc.) au militaire. S’y est ajoutée, le 1er mars 2005, la déclaration conjointe de M. Chávez avec MM. Nestor Kirchner (Argentine) et Luiz Inacio « Lula » da Silva (Brésil), lors de la prise de possession du nouveau président uruguayen Tabaré Vásquez, tous trois représentants d’une gauche modérée. A l’occasion de ce mini-sommet, les quatre présidents ont décidé de renforcer l’intégration régionale et les coopérations multilatérales, décision concrétisée par des accords bilatéraux entre le Venezuela et le Brésil d’un côté, le Venezuela et l’Argentine de l’autre. Avec, en vue, la signature future d’accords trilatéraux. De son côté, M. Tabaré Vásquez a signé un accord prévoyant un échange de pétrole vénézuélien contre des produits alimentaires uruguayens.
Tout à son projet bolivarien, M. Chávez milite activement pour la création d’une chaîne de télévision régionale, Telesur — pour contrer l’influence de CNN —, de Petrosur — un bloc pétrolier latino —, d’un fonds pour répondre au problème aigu de la pauvreté, d’une Banque sud-américaine pour le développement.
Egalement soucieux de réduire la dépendance traditionnelle du Venezuela vis-à-vis du marché étatsunien, il établit de nouvelles alliances avec les grands pays émergents que sont l’Inde, l’Afrique du Sud et la Chine, et, en décembre 2004, il a rencontré son homologue Hu Jintao, à Pékin, pour discuter d’un nouvel accord bilatéral (la Chine doublera sa consommation pétrolière dans la prochaine décennie).
Le 27 mars 2001, dans une déclaration devant le Congrès américain, le général Peter Pace, alors chef du Southern Command (commandement sud de l’armée des Etats-Unis), estima que dans le schéma de pouvoir global, qui inclut le contrôle du pétrole, l’Amérique latine et la Caraïbe avaient plus d’importance pour les Etats-Unis que le Proche-Orient. En ce sens, et outre le rôle de locomotive du président Chávez dans la résistance latino-américaine à l’ordre dominant, Washington voit d’un très mauvais œil la Chine, la Russie et le Brésil entrer, à terme, par la grande porte, dans la Faille de l’Orénoque, considérée comme la plus importante réserve de pétrole brut de la planète. Après avoir soutenu le coup d’Etat du 11 avril 2002 (le « 11-A ») et avoir systématiquement pris parti pour l’opposition, jusqu’à ce que celle-ci explose en vol, les Etats-Unis rejouent une partition similaire à celle qui a précédé le « 11-A ». A petite dose, et de manière constante, d’« importants fonctionnaires de la Maison Blanche », des journalistes « très informés » préparent l’opinion américaine à une déstabilisation du Venezuela. Dès novembre 2004, Mme Condoleezza Rice demandait aux pays de la région d’être vigilants « sur le risque que représente le régime chaviste », qualifiait le président d’« ex-rebelle » (en référence au coup d’Etat qu’il tenta le 4 février 1992) et le Venezuela de « problème réel ». Ce à quoi M. Chávez répliquera : « Ils se trompent. Je ne suis pas un ex-rebelle. Je suis un rebelle. » Le 18 janvier, la nouvelle responsable de la diplomatie américaine taxe à nouveau son gouvernement de « force négative dans la région ».
En février 2005, en quelques jours, à travers les porte-parole de diverses institutions — Maison Blanche, Département d’Etat, CIA —, Washington lie cette révolution bolivarienne pacifique avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), accuse Caracas, de constituer une « menace régionale », d’être un gouvernement « instable », « fournisseur peu fiable de pétrole » et de mener une course aux armements.
Derrière l’accusation de liens avec les guérillas colombiennes (récurrente et agitée sous les moindres prétextes, même les plus mauvais), on trouve la crise aussi grave que brève qui a opposé Caracas à Bogotá après que l’« ambassadeur » des FARC, M. Rodrigo Granda, ait été enlevé à Caracas, le 13 décembre, et rapatrié clandestinement dans le pays voisin (par les services de renseignements colombiens en lien avec trois officiers vénézuéliens « achetés » avec plus d’un million de dollars), en ignorant les formalités légales, et en violant les normes des lois internationales sur l’extradition (3).
Derrière l’« arsenal de Chávez », l’achat par le Venezuela de 40 hélicoptères de combat MI35 et de Migs à la Russie (Washington refuse de lui vendre des pièces de rechange pour ses F-16, acquis dans les années 1980) ; de 24 avions de chasse Super-Toucans au Brésil ; de radars à la Chine et au Brésil pour la protection de son espace aérien ; de quatre corvettes aux chantiers navals espagnols ; de 6 avions de transport C-295 à la filiale ibérique Izar du consortium européen EADS (4) ; enfin, de 100 000 fusils d’assaut AK-47 à Moscou.
En la matière, nul ne s’appesantit sur le fait que, depuis l’aide massive apportée par Washington à Bogotá, dans le cadre du Plan Colombie, la capacité conventionnelle de l’armée colombienne a considérablement augmenté, et pas seulement en matière contre-insurrectionnelle, ce qui en théorie n’a aucun sens puisque la structure conventionnelle d’une armée ne sert en rien à lutter contre des guérillas. Les Forces armées colombiennes sont actuellement 4 fois supérieures aux Forces armées vénézuéliennes en terme de puissance de feu. Or, pour la révolution bolivarienne, le danger peut venir aussi bien de Bogotá que de Washington — la Colombie étant considérée à juste titre, eu égard aux intérêts et stratégies de la Maison Blanche, comme l’Israël de la région andine.
Enfin, pour la petite histoire (et l’ironie de la situation), on rappellera que la faiblesse stratégique de l’armée vénézuélienne a été utilisée comme argument par un certain nombre d’officiers ayant participé au coup d’Etat d’avril 2002 — notamment les généraux Pedro Antonio Pereira (aviation), Efraín Vasquez Velasco (armée de terre), et le contre-amiral Daniel Comisso Urdaneta (marine) —, lesquels reprochaient au président Chávez d’affaiblir l’institution militaire. Avec des prix du pétrole très inférieurs à ceux en vigueur aujourd’hui, il avait effectivement, privilégiant les programmes sociaux, réduit le budget de l’armée de 47 % et l’avait « soulagée » de presque un quart de ses effectifs. Il ne fait donc que rétablir un équilibre momentanément rompu.
Sous-secrétaire d’Etat pour l’Amérique latine, M. Roger Noriega n’en déclare pas moins que l’acquisition de 100 000 AK-47 et de 40 hélicoptères auprès de la Russie « est un motif de grande préoccupation pour nos alliés en Amérique latine, ainsi que pour le peuple vénézuélien (5)  ». Dans le Washington Post du 27 février, Robert D. Novak, sous le titre « L’infection de l’Amérique latine », dénonce : M. Chávez élargit son influence « plus effectivement que n’a jamais pu le faire son ami et allié Fidel Castro » et l’accuse de vouloir déstabiliser le Nicaragua, la Bolivie, le Pérou et l’Equateur. Juan Manuel Santos, ex-ministre des finances colombien et membre de la famille propriétaire du quotidien El Tiempo, (tout comme l’actuel vice-président Francisco Santos), accuse le président bolivarien dans un article explosif intitulé « Le Venezuela brûle... et peut incendier la Colombie (6) ».
Pour accentuer la pression et visant ostensiblement Caracas et sa « démocratie participative », Washington envisage de faire modifier la Charte démocratique de l’Organisation des Etats américains (OEA), lors de sa prochaine réunion qui se tiendra en juillet prochain à Fort Lauderdale (Floride) et de la doter d’un « instrument qui permettrait à la région d’isoler et d’intervenir face à des régimes qui s’écartent graduellement de la démocratie ». Le directeur de la CIA, M. Porter Goss, ajoute la touche finale lorsqu’il prédit qu’en 2005, il y aura une « situation de déstabilisation » au Venezuela.
Fort de ses incontestables succès électoraux, M. Chávez n’a plus en face de lui d’opposition crédible. Mais la solution démocratique n’est pas forcément la méthode la plus employée pour réduire la souveraineté et l’indépendance des nations. M. George W. Bush renforce le Southern Command. Le Plan Colombie, auquel a été ajouté le Plan patriote, se déploie, cette année, le long de la frontière vénézuélienne. C’est d’ailleurs de Colombie que sont venus 91 paramilitaires arrêtés le 2 mai 2004 dans la banlieue de Caracas. Ils avaient été recrutés pour revêtir l’uniforme des forces vénézuéliennes et commettre un massacre, attaquer des institutions militaires, voire assassiner le président Chávez, et en faire porter la responsabilité aux troupes officielles afin de provoquer le chaos et justifier une intervention étrangère (7).
La menace se profile. « Chávez doit mourir comme un chien parce qu’il le mérite », a froidement déclaré, depuis son exil, l’ancien président Carlos Andrés Pérez (destitué pour corruption), avant d’ajouter : « Nous ne pouvons pas simplement nous débarrasser de Chávez, puis, immédiatement après, avoir une démocratie. Nous aurons besoin d’une période de transition de deux ou trois ans pour jeter les fondations d’un Etat où prévaudra l’empire de la loi. Lorsque Chávez tombera, nous devrons fermer l’Assemblée nationale et la Cour suprême (8)  ». Comme le 12 avril 2002 ! Le 25 octobre 2004, c’est depuis les Etats-Unis, dans un programme de télévision de la chaîne 22 de Miami, que l’acteur et homme de média Orlando Urdaneta a encouragé ses concitoyens à assassiner le président, affirmant que « le problème vénézuélien se solutionne avec un fusil à mire téléscopique ». Sans aucune réaction du gouvernement américain, qui ne s’inquiète pas plus de l’existence de camps d’entraînement paramilitaires de secteurs golpistes liés aux groupe anticastriste en exil, à Homestead (Floride) (9). En avril 2004, le général « dissident » Felipe Rodríguez, alors passé dans la clandestinité depuis cinq mois, avait ouvertement affirmé qu’il était en train de mettre en place des groupes clandestins pour renverser le président (10)...
L’assassinat, le 18 novembre 2004, du procureur Danilo Anderson, qui avait entamé la procédure pour amener devant la justice tous les signataires du décret du 12 avril 2002, instaurant une dictature au Venezuela, constitue plus qu’un avertissement. Les menaces ne sont pas à prendre à la légère et l’on aurait tort de sourire devant la déclaration faite le 20 février, dans son émission Alo Presidente, par M. Chávez : « Si on m’assassine, j’en rends responsable le président des Etats-Unis, George Bush. »
Maurice Lemoine.

19 juillet 2005

Ce qu'est l'impérialisme

Article paru dans Front Social n°14
" Il faut tenir compte du fait que l'impérialisme est un système mondial, stade suprême du capitalisme, et qu'il faut le battre dans un grand affrontement mondial. Le but stratégique de cette lutte doit être la destruction de l'impérialisme " (CHE GUEVARA, " créer deux, trois...de nombreux Vietnam, voilà le mot d'ordre ").
Marx, a décortiqué, disséqué et expliqué ce qu'était le système capitaliste. On lui doit " Le Capital " qui est l'oeuvre maîtresse du communisme scientifique.
En homme éclairé et perspicace il prévoyait déjà que la libre concurrence, qui régnait vers la moitié et la fin du XIXème siècle, aboutirait aux monopoles : " Le monopole produit la concurrence, la concurrence produit le monopole " (Misère de la philosophie).
Dans les " Grundrisse ", Marx annonçait l'étude de l'économie mondiale, des rapports de production internationaux, mais il n'eut pas le temps de s'acquitter de cette tâche. Il se consacra essentiellement à l'étude du capitalisme dans un cadre national, car c'est la forme de capitalisme qui était prédominante à son époque.
Cependant Marx et Engels avaient donc commencé à étudier la réalisation du marché mondial. " Poussée par le besoin de débouchés de plus en plus larges pour ses produits, la bourgeoisie envahit le globe entier.
Il lui faut s'implanter partout, mette tout en exploitation, établir partout des relations " (Manifeste du PC).
C’est Lénine qui, partant des écrits de Marx et Engels sur les lois de la naissance, du développement et de l'écroulement du capitalisme, donna une analyse marxiste du capitalisme monopoliste.
Un demi-siècle après la parution du Capital, Lénine fit le point du développement du capitalisme, et conclut que l'impérialisme représente le stade suprême et ultime du capitalisme.
Il a dans ses écrits, et particulièrement dans " L'impérialisme, stade suprême du capitalisme ", en faisant une analyse scientifique de la nature économique et politique de l'impérialisme, forgé une arme théorique implacable, dont le prolétariat avait besoin pour lutter contre l'impérialisme Arme qui a servi en Chine, à Cuba et qui sert encore de nos jours en Turquie, au Pérou, au Népal et dont se servirent aussi des groupes comme la Fraction Armée Rouge en Europe occidentale.
PASSAGE DU CAPITALISME PREMONOPOLISTE AU CAPITALISME MONOPOLISTE
Le capitalisme pré-monopoliste a atteint son apogée vers 1860-1870. A partir de la fin du XIXème siècle il se transforme en capitalisme monopoliste, transformation qui s'est achevée au début du XXème siècle.
Le passage du capitalisme pré-monopoliste au capitalisme monopoliste, ou impérialisme, s'est effectué dès la fin du XIXème siècle par le processus de développement des forces productives et des rapports de production dans les Etats bourgeois.
La fin du XIXème siècle et le début du XXème siècle seront riches de nouvelles inventions importantes. Citons la construction du premier moteur à explosion en 1862, qui amène l'invention du carburateur en 1889, et les inventions du moteur à essence et diesel en 1893-1897.
De nouvelles sources d'énergie, l'électricité et le pétrole tendent à remplacer le charbon et la machine à vapeur. L'électricité entraîne la création de moteurs électriques qui engendreront la généralisation de la mécanisation dans l'industrie.
Apparaissent également de nouveaux matériaux : l'acier, l'aluminium, et également les colorants, la dynamite...
Ces nouvelles inventions génère la naissance de l'automobile, de la locomotive, de l'avion, du tramway, du métro. Le développement du progrès scientifique et technique fait que, par exemple, le nombre de brevets délivrés en Allemagne passe de 9.000 en 1900 à 12.000 en 1910.
Mais le développement du progrès fait, également, que sont créées de nouvelles industries comme les aciéries, les entreprises de production d'aluminium, les industries de l'automobile, de matériel électrique, d'aviation, de chimie... Les ateliers semi-artisanaux vont progressivement laisser la place à l'industrie lourde.
Le capitalisme pré-monopoliste était basé sur la propriété individuelle des moyens de production, les sociétés par actions y étaient peu nombreuses.
Avec le passage au capitalisme monopoliste celles-ci vont se développer, et ce particulièrement dans les mines qui nécessitent d'importants capitaux.
La crise de 1873 va accélérer la concentration et la centralisation du capital et également la disparition de petites entreprises de l'industrie légère. Vont commencer également à émerger à partir de cette époque de grands trusts comme celui de Rockfeller.
L'Angleterre était jusqu'à la fin du XIXème siècle le premier producteur mondial et détenait un monopole sur le marché mondial. La situation changea à l'aube du XXème siècle et des pays capitalistes émergèrent et renversèrent la situation.
Les USA accédèrent au premier rang mondial dans le domaine de la production industrielle, l'Allemagne étant la première en Europe dans ce domaine.
Dans la chaîne de l'impérialisme les USA sont restés le pays impérialiste par excellence, mais les pays impérialistes se trouvant derrière les américains n'ont cessé de cherché à se partager les deuxième et troisième place.
Certains pays ont pu être considéré dans un premier temps comme des pays majeurs dans la chaîne de l'impérialisme, puis dans un second temps comme des pays moins importants dans cette chaîne.
Ce fut le cas de l'Angleterre quand l'Inde était encore une colonie anglaise.
Mais il n'en demeure pas moins que si des pays sont devenus moins importants dans la chaîne impérialiste, il n’en reste pas moins des pays impérialistes. Ainsi s'il apparaît que la France n'a aujourd'hui presque plus de colonies à part les DOM-TOM, la Corse, la Bretagne et une partie du Pays-Basque elle a encore une influence considérable sur des néo-colonies africaine.
Même si la France n'apparaît plus pour certainEs comme un pays impérialiste majeur, elle n'en reste pas moins un pays impérialiste qui se positionne dans les cinq premiers pays impérialistes du monde.
D'ailleurs le rôle que la France à jouer dans la mise en place de l'Euro le démontre bien.
Le développement de pays capitalistes et le fait qu'ils en rattrapent d'autres et les dépassent s'explique d'une part par l'exportation de capitaux.
C'est qui s'est produit entre l'Europe et les USA au début du XXème siècle. Les Européens ont massivement exporter des capitaux vers les USA. Et d'autre part a eu lieu le développement rapide de la technique dans certains pays (ce qui s'est produit en Allemagne et au Japon après la seconde guerre mondiale).
Cela a permis à des pays de dépasser par bonds d'autres pays impérialistes qui stagnaient.
Ce développement par bonds à permis un nouveau partage du monde entre puissance impérialiste.
Ce nouveau partage du monde a évidemment eu pour effet les inévitables conflits militaires (2 guerres mondiales et par exemple la guerre actuelle contre la Serbie)
De fait,, " l'impérialisme est le capitalisme arrivé à un stade de développement où s'est affirmé la domination des monopoles et du capital financier, où l'exportation des capitaux a acquis une importance de premier plan, où le partage du monde a commencé entre les trusts internationaux et où s'est achevé le partage de tout le territoire du globe entre les plus grands pays capitalistes " (Lénine l'impérialisme, stade suprême du capitalisme).
La loi économique fondamentale du capitalisme monopoliste
Partant des idées de Lénine, Staline formula la loi économique fondamentale du capitalisme actuel : " Les traits principaux et les exigences de la loi économique fondamentale du capitalisme actuel pourraient être formulés à peu près ainsi : assurer le profit capitaliste maximum par l'exploitation, la ruine et l'appauvrissement de la majorité de la population d'un pays donné, par l'asservissement et le pillage systématique des peuples des autres pays, [...] et enfin par les guerres et la militarisation de l'économie nationale utilisées pour assurer les profits les plus élevés " (Staline les problèmes économiques du socialisme en URSS).
A l'époque de l'impérialisme, au stade du capitalisme monopoliste, les lois qui existaient au stade du capitaliste pré-monopoliste sont toujours d'actualité.
Ces lois sont celles de la loi de la plus-value, la plus-value est la base du profit des monopoles comme elle était la base du profit au stade pré-monopoliste.
Est toujours d'actualité la loi générale de l'accumulation capitaliste qui occasionne et qui a comme corollaire la paupérisation relative et absolue du prolétariat.
Ces lois à l'époque de l'impérialisme acquièrent une dimension nouvelle et elles aboutissent :
à la concentration de la production ;
à la fusion du capital bancaire et du capital industriel ;
à l'exportation des capitaux ;
au partage du globe entre capitalistes.
A l'époque de l'impérialisme, les contradictions existantes au stade pré-monopoliste existent toujours, elles aussi ; ces contradictions sont rappelons-le :
La contradiction entre le caractère social de la production et le caractère privé de son appropriation ;
La contradiction entre la production massive de marchandises et le faible pouvoir d'achat des gens ;
La contradiction entre l'accroissement de la production et la baisse du taux de profit ;
La contradiction entre le peu d'emploi offerts et la demande toujours croissante de travail ;
La contradiction entre le développement des forces productives et le frein qui y est mis par les capitalistes ;
L'anarchie de la production.
Ces contradictions si elles existent encore au stade du capitalisme monopoliste, prennent une autre dimension en s'aggravant, de plus on peut y ajouter :
la contradiction entres les pays impérialistes et les monopoles afin de s'assurer des profits maximum.
La lutte que se livrent les monopoles pour s'assurer des zones de matières premières, de débouchés amène des guerres impérialistes.

La contradiction entre les peuples des colonies et néo-colonies, et les pays impérialistes. Les peuples des colonies et néo-colonies sont exploitées par les puissances impérialistes.

Tout cela nous fait dire que le capitalisme reste le capitalisme, même s'il prend une nouvelle forme au stade de l'impérialisme

La formation des monopoles Formation des monopoles industriels :  concentration et centralisation de la production
" Le développement intense de l'industrie et le processus de concentration extrêmement rapide de la production dans des entreprises toujours plus importantes constituent une des caractéristiques les plus marquées du capitalisme " (Lénine, L'impérialisme, stade suprême du capitalisme).
La libre concurrence était significative du capitalisme pré-monopoliste. La concurrence entraîna la disparition des entreprises les plus " fragiles ", alors que les grandes entreprises s'agrandissaient.
La concurrence a donc conduit à la ruine de certains capitalistes et à l'enrichissement d'autres ; ce phénomène a été achevé par une concentration de la production.
Chaque nouvelle industrie a ainsi connu des phases de concentration et de centralisation de la production au cours de son histoire.
La concentration de la production signifie que dans un premier temps des entreprises se développent et exploitent de nouveaux secteur industriels (par exemple l'électronique).
Ce dernier secteur n'a pas été une des priorité des grands groupes, car ceux-ci attendent que les petites entreprises aient bien développé le secteur et l'ait rendu rentable pour s'y engager.
On assiste donc dans un premier temps à l'arrivée d'un grande quantité de petites et nouvelles entreprises qui veulent exploiter un nouveaux secteur.
Mais la concurrence fait que seules les entreprises qui proposent les plus bas prix survivront.
Et un prix bas ne peut être que relatif à une grande productivité du travail. Les entreprises les moins productives et offrant des prix supérieurs à leurs concurrentes passent sous leur contrôle ce qui débouche sur l'agrandissement de quelques entreprises et la mort du plus grand nombre.
On commence à assister la à la phase de centralisation de la production. Dans cette phase des entreprises de plus en plus grandes se forment, des entreprises qui emploi des milliers de personnes et une grande quantité de machines, pour être toujours plus productives.
" L'accumulation accélère la baisse du taux de profit dans la mesure ou elle implique la concentration du travail sur une grande échelle, d'où une composition plus élevée du capital.
D'autre part, la baisse du taux de profit accélère à son tour la concentration du capital et sa centralisation par la dépossession des capitalistes de moindre importance " (Marx le capital livre III).
Notons que la centralisation qui est due à la baisse du taux de profit, s'est accentuée avec le développement du crédit et du rôle des banques dans l'industrie. Celles-ci, de simples agents auxiliaires de l'industrie ne servant qu'à prêter de l'argents sont passées au rôle de prédateurs de l'industrie en fournissant de l'argent aux grosses entreprises, afin qu'elles puissent en racheter de moins grosses.
La centralisation de la production est plus connue aujourd'hui par le terme de fusions. Ces fusions ils y en a eu plusieurs de grandes importances ces dernières années.
On peut citer ici quelques fusions ou centralisation de la production qui ont eu lieu ces derniers temps :
Avril 1997 Suez fusionne avec la Lyonnaise des eaux ;
Avril 1998 : Vivendi (ex Générale des Eaux) fusionne avec Havas ;
Mai 1998 Daimler-Benz fusionne avec Chrysler ;
Décembre 1998 Exxon fusionne avec Mobil ;
Décembre 1998 les secteurs pharmaceutiques de Rhône-Poulenc et de Hoechst fusionnent.

La grande entreprise monopoliste est issue du mouvement général de l'accumulation capitaliste. C'est d'une part une forme de socialisation capitaliste de la production.
Elle répond aussi à la baisse tendancielle du taux de profit par la réalisation de la plus-value en vendant le produit et par l'introduction de changements qualitatifs dans la production.
La domination des monopoles entraîne une socialisation de la production plus grande, mais le profit de cette socialisation revient à un petit nombre de capitalistes propriétaires des monopoles. Les grandes entreprises font travailler des milliers de personnes, fabriquent une part considérable de la production.
Le monopolisme de marché est l'aspect visible de l'iceberg, mais on ne peut l'isoler du processus intervenu dans la production des marchandises et de la plus-value.
L'entreprise géante cherche à imposer au marché un éventail de produits qui, s'ils se présentent sous des formes nouvelles, impliquent la mise en œuvre des même équipements.
Cette stabilisation est due à la forte composition organique du capital immobilisé par la vente des produits sur le marché. Mais cette stabilisation est relative, car elle doit se combiner avec la recherche d'une diversification accrue de la production et de remplacement de procédés et de produit.
L'entreprise peut contrôler d'autres branches dans le procès de production et résoudre provisoirement les problèmes de réalisation de plus-value.
Entre 1898 et 1913 l'espace de l'usine Renault est ainsi passé de 300 à 136230 m2 et le personnel est passé de 6 à 4400 personnes
Les monopoles ont presque rendu caduque la concurrence, mais ne l'ont pas supprimée.
Au stade du capitalisme monopoliste, à l'époque de l'impérialisme, comme nous l'avons vu, les lois du capitalisme sont toujours d'actualité.
Donc la concurrence sous l'impérialisme est encore active.
Cette concurrence au stade du capitalisme monopoliste prend, elle aussi, une autre forme et elle à lieu de différentes manières :
elle a lieu entre les entreprises faisant partie de monopoles et celles n'en faisant pas partie ;
elle a lieu au sein même d'un monopole : les adhérents d'un cartel peuvent disputer aux autres adhérents de ce cartel le marché le plus avantageux ;
elle a lieu pour prendre le contrôle de branches de production donné.

Cette concurrence à l'époque des monopoles est motivée par le fait que les marchés se restreignent et les monopoles doivent donc se livrer une concurrence accrue pour écouler leurs produits. La concurrence à l'époque du capitalisme monopoliste aboutit à la corruption (dont les exemples divers et variés abondent), aux machinations financières....
Il nous faut ici distinguer différents types de monopoles :
Le cartel qui est la réunion de capitalistes d'une même branche, dont les adhérants s'entendent quant au partage des débouchés, les prix de vente et la quantité des marchandises à produire.
Un bon exemple de ceci est la situation qui existe dans le BTP ou plusieurs groupes se partagent la construction de tel ou tel ouvrage chacun leur tour en proposant des devis truqués au pouvoir public.

Le Trust : la propriété d'entreprises est mise en commun entre capitalistes. Les anciens dirigeants de ces entreprises devenus actionnaires se partagent les bénéfices au prorata de leurs actions.

Les consortiums : ils groupent les entreprises de différentes branches d'industrie et des banques
Ces formes de monopoles se partageaient en deux catégories, catégories qui comme on le verra fusionneront pour donner naissance au capital financier.
" La science officielle tenta de tuer par la conspiration du silence l'oeuvre de Marx, qui démontrait par une analyse théorique et historique du capitalisme que la libre concurrence engendre la concentration de la production, laquelle, arrivée à un certain degré de développement, conduit au monopole. Maintenant, le monopole est devenu un fait " (Lénine, l'impérialisme, stade suprême du capitalisme).
 
La concentration et les monopoles dans les banques,  le nouveau rôle des banques
" Au fur et à mesure que les banques se développent et se concentrent dans un petit nombre d'établissements, elles cessent d'être de modestes intermédiaires pour devenir de tout-puissants monopoles disposant de la presque totalité du capital-argent de l'ensemble des capitalistes et des petits patrons, ainsi que de la plupart des moyens de production et des sources de matières premières d'un pays donné, ou de toute une série de pays " (Lénine l'impérialisme, stade suprême du capitalisme).
Les banques servaient, au début, principalement d'intermédiaires dans les paiements. Avec le développement du capitalisme les banques deviennent marchandes de capitaux.
Au fur et à mesure du développement du capitalisme, les opérations de crédit prennent de l'extension. La banque emploie le capital des capitalistes qui ne peuvent utiliser leur capital et le fournisse au capitalistes qui en ont besoin.
La concentration et la centralisation des banques font que celle-ci exerce un immense pouvoir sur l'économie.
L'accumulation du capital et la concentration de la production dans l'industrie ont amené d'énormes fonds dans les banques, des fonds disponibles qui cherchent un emploi lucratif.
Les grandes banques avec le crédit, l'accaparement des actions ont mis la main sur les plus petites.
Cette concentration bancaire à conduit au monopole bancaire. Des unions bancaires monopolistes contrôle des banques moins importantes, qui deviennent leur filiale. Les réseaux de succursales ont permis aux grandes banques de drainés des fonds énormes venant des petits épargnants et des capitalistes fonds mis à la disposition des hommes d'affaires.
L'accroissement des dépôts bancaires donne aux banques la possibilité d'accorder des crédits à longs termes aux industriels.
Avec l'agrandissement des entreprises, une demande de crédit à long terme augmente. Les dépôts drainés par les banques ouvrent une possibilité élargie de placement de fonds dans l'industrie.
L'investissement de fonds bancaires dans l'industrie peut alors prendre la forme particulière de l'achat d'actions de telle ou telle société.
Les intérêts des banques et des entreprises industrielles s'entremêlent de plus en plus étroitement.
La transformation des banques, de modestes intermédiaires, en une poignée de monopoles tout puissants, constitue l'un des processus fondamentaux, de la transformation du capitalisme à l'époque de la libre concurrence en capitalisme monopoliste.
Deux éléments permettent aux monopoles de drainer le maximum de plus-value, d'accumuler du capital afin de devancer leurs concurrents :
- l'implantation d'établissements de production contrôlés par les monopoles dans les endroits les plus "profitables"
- le déplacement des capitaux en vue de la rentabilité

Le capital financier et l'oligarchie financière
" Concentration de la production avec, comme conséquence, les monopoles; fusion ou interpénétration des banques et de l'industrie, voilà l'histoire de la formation du capital financier et le contenu de cette notion " (Lénine l'impérialisme, stade suprême du capitalisme).
La fusion du capital bancaire et du capital industriel élimine l'appropriation de la plus-value par le capital commercial. Elle a aussi pour effet de raccourcir la circulation du capital et des marchandises ce qui a pour effet de relever le taux de profit.
A l'époque du capitalisme monopoliste on assiste à la fusion du capital commercial et du capital industriel et de ce fait le partage du profit entre profit d'entrepreneur et profit commercial tend à disparaître.
Le deuxième trait caractéristique de l'impérialisme est la fusion du capital bancaire et du capital financier.
La concentration du capital industriel avait besoin des fonds centralisés par les banques, celles-ci se mirent à participer aux affaires de l'industrie.
Les banques se mirent progressivement à acheter des actions des industries et en devinrent copropriétaires.
Les monopoles industriels, quant à eux, commencèrent à posséder des actions des banques auxquelles ils étaient liés. On assista alors à la naissance du capital financier.
En France les économistes remplacent le terme de capital financier par celui de participations croisées, ce qui veut dire qu'une société possède des parts d'une autre société, qui elle-même à des parts dans la première société, c'est un peu le jeux du " je te tiens par la barbichette ".
Ainsi AXA-UAP à des participations croisées avec la BNP, Saint-Gobain, Vivendi, Elf. Vivendi a des participations croisées avec la Société Générale, Alcatel Alsthom, Axa-UAP, Saint-Gobain ; Bouygues a des participations croisées avec Total (lié d'ailleurs avec Axa-UAP), la BNP, la Caisse des Dépôts et Consignation.
Toute une poignée d'entreprises tenue par une poignée d'homme a donc une place prépondérante dans l'économie française. Elles pèsent un poids énorme dans l'économie nationale et ont par conséquent une influence importante dans la vie économique et politique de la France.
L'oligarchie financière, du fait qu'elle possède une part importante du capital, s'approprie une part considérable de la plus-value.
Cette même oligarchie financière pour s'approprier le plus de plus-value possible s'étend aux différentes branches d'activités (ainsi la Lyonnaise des Eaux-Suez possède des entreprises de BTP, des banques et M6).
Le profit de l'oligarchie financière est directement lié à sa position dominante, mais elle renforce cette position en contrôlant le mouvement des forces productives.
Ainsi l'oligarchie financière contrôle les crédits, intervient dans les investissements. Elle est impliquée dans l'application des innovations, des changements technologiques et à donc le pouvoir de contrôler le développement de la science.
Une autre force de l'oligarchie financière est de posséder les médias et donc d'y divulguer les informations strictement conforme à ses intérêts (ce qui implique la censure de toutes les guerres populaires dans le monde).
Ainsi Jean-Marie Messier, le patron de Vivendi est aussi le patron d'Havas qui possède " le point ", " L'expansion " et " Canal + ".
Jean-Luc Lagardère est propriétaire d'Hachette et de Filipachi qui possèdent 160 titres de presse dont " Paris-Match ", " Le journal du Dimanche " ou encore " Europe 1 ". Lagardère possède aussi les Relais H distributeur important de la presse, mais aussi les maisons d'éditions Presses de la Cité, Hachette et Bordas.
La Lyonnaise des Eaux-Suez possède la chaîne de télé M6. M6 qui dans une émission " Passé simple " a par exemple fait preuve d'un anticommunisme primaire proche du néofascisme, anticommunisme que n'aurait pas renié ni nazis, ni Le Pen ou Mégret.
Le capital financier est la clef du capitalisme monopoliste, de l'impérialisme.
Le capital financier permet de compenser les distorsions entre prix et valeur et entre le taux de profit et le taux de la plus-value. Ces distorsions peuvent être réguler par la possibilité qui y donnée au capital de migrer d'une branche à l'autre à la recherche d'un profit supérieur.
La péréquation du taux de profit passe par la mobilité des capitaux ou par leur capacité de produire d'autres valeurs d'usage.
La mobilité du capital et sa transformation en capital industriel permet de pénétrer partout ou les taux de profits sont élevés et supérieurs à la moyenne donc d'assurer des transferts de plus-value d'une branche ou pays à une autre branche ou pays.

L'EXPORTATION DE CAPITAUX ET LES COLONIES ET NEO-COLONIES
" Ce qui caractérisait l'ancien capitalisme, où régnait la libre concurrence, c'était l'exportation des marchandises. Ce qui caractérise le capitalisme actuel, où règnent les monopoles, c'est l'exportation des capitaux " (Lénine l'impérialisme, stade suprême du capitalisme).
Il faut préciser ici qu'en aucune façon l'exportation des marchandises n’est déclinante par rapport à l'exportation des capitaux.
Au contraire l'exportation des marchandises se trouve renforcé et trouve un nouveau souffle car elle est tirée par l'exportation des capitaux.
L'exportation se présente sous deux formes principales : consentement d'emprunts aux gouvernements des néo-colonies tout d’abord.
Ou encore par la par la construction dans les néo-colonies d'entreprises, par la construction d'infrastructures.
L'on peut se douter que l'exportation des capitaux à pour but pour les monopoles de faire du profit.
Si l'exportation des capitaux est caractéristique de l'impérialisme, c'est que la fusion du capital bancaire et du capital industriel, la formation du capital financier permet au capital d'avoir un mouvement rapide et d'aller aux endroits dans lesquels le profit et le plus important. Ceci aurait été impossible au temps du capitalisme pré-monopoliste pour l'entreprise industrielle.
L'élargissement du marché est inhérent au mode de production capitaliste.
Ainsi Marx notait que le commerce extérieur " qui était la base du mode de production capitaliste à ses débuts, en est devenu le résultat, à mesure que progressait la production capitaliste en raison de la nécessité inhérente à ce mode de production de disposer d'un marché toujours plus étendu ".
L'élargissement du marché prend une grande importance à l'époque de l'impérialisme, période ou la concurrence entre monopoles fait qu'ils doivent s'assurer d'avoir des débouchés de plus en plus importants pour écouler leurs marchandises.
La nécessité de s'étendre à d'autres pays est motivée par la nécessité de contrecarrer la baisse tendancielle du taux de profit.
La nécessité d'avoir des zones de débouchés pour les pays impérialistes réside aussi dans le fait que cela permet de reculer les limites de l'accumulation.
Ainsi si, au moment ou un marché est saturé un produit est mis en vente spécialement pour une colonie ou des néo-colonies, cela permet à un monopole de rentabiliser les techniques, les techniciens, le matériel qu'il a déjà employé pour la fabrication de ce produit qu'il avait déjà fabriqué et destiné à la vente dans les pays impérialistes.
La nécessité des pays impérialistes d'avoir la mainmise sur des colonies ou néo-colonies réside aussi dans le fait que l'exploitation de la main-d'oeuvre peut s'étendre à ces pays. La main-d'oeuvre des colonies et des néo-colonies à productivité égale de celle des pays impérialistes est payée moins chère, ce qui a pour effet de générer un taux de plus-value plus élevé.
Citons comme exemple de cette exploitation de la main-d'oeuvre les maquiladoras au Mexique.
Ces maquiladoras sont des filiales de sous-traitances de monopoles américains qui emploie majoritairement des femmes (car jugée plus "dociles ") pour environ 500Frs par mois.
Ajoutons que dans ces usines l'âge requis pour commencer à travailler est de 16 ans voire 15 ans (ou encore moins).
Citons encore comme exemple la fabrication de ballons de foot par des enfants au Pakistan, qui servent à faire tourner du profit et à dominer idéologiquement les masses.
EFFETS DE l'EXPORTATION DES CAPITAUX SUR LES COLONIES ET NEO-COLONIES
La généralisation de l'exploitation et une des conséquences de l'exportation des capitaux. L'élargissement du champ de l'exploitation capitaliste est caractéristique de l'époque de l'impérialisme.
Les pays impérialistes se sont emparés par la violence ou de façon fourbe des colonies et des néo-colonies.
L'exportation des capitaux ne s'est pas seulement effectuées des pays impérialistes vers les colonies et néo-colonies. Ainsi les pays impérialistes européens exportèrent massivement des capitaux vers les USA à la fin du XIXe siècle.
Pourquoi donc alors ce pays n'est pas devenu une colonie ou une néo-colonie ?
Tout simplement parce que la progression des forces productives n'y a pas été bloquée.
La conséquence de l'exportation des capitaux vers les colonies et les néo-colonies est qu'elle engendre un retard du développement des forces productives dans ces pays, ce qui fait que ces pays sont taxés de " pays sous-développés " par les humanistes petits-bourgeois, ou encore plus hypocritement de " pays en voie de développement ".
Les colonies et néo-colonies qui " bénéficient " de l'exportation de capitaux n'ont souvent la possibilité que de n'exporter que des matières premières. Des matières premières dont les prix sont fixés par les pays impérialistes.
Ceci conduit au ralentissement des forces productives dans ces pays ; les matières premières représentent la première source de revenu pour les colonies et néo-colonies.
D'autre part la dépendance des colonies et néo-colonies envers les pays impérialistes est importante.
Cette dépendance est une dépendance commerciale, technologique et financière, sans même parler de la politique.
La dépendance financière est entretenue par le FMI, institut à la solde de la chaîne des pays impérialistes, et principalement des USA.
De plus la dépendance financière est aussi entretenue par le fait que le dollar est la monnaie reine dans les échanges internationaux.
Le retard dans le développement des forces productives dans les colonies et néo-colonies a pour effet de perpétuer la domination des pays impérialistes et de perpétuer la dépendance des colonies et néo-colonies.
Ajoutons à cela que les pays des néo-colonies sont obligés d'accepter l'échange inégal.
L'échange inégal, concrètement cela signifie qu'une marchandise de 150 heures de travail (l'on sait que le travail est la mesure de la valeur) est exportée par les néo-colonies, et qu'en retour les pays impérialistes exportent vers les néo-colonies une marchandise ne contenant que 50 heures de travail.
Une autre raison du retard du développement des forces productives dans les colonies et les néo-colonies est que les profits des investissements qui y sont fait, retournent toujours vers les pays impérialistes.
Ceux-ci s'assurent de plus que les colonies et néo-colonies ne développent pas d'industries pouvant les sortir de leur dépendance envers les pays impérialistes.
Les colonies françaises ont ainsi toujours eu pour obligation :
de diriger les produits de la récolte vers la métropole
de payer les marchandises exporter contre des marchandises de la France ;
de n'importer que des produits français ;
il était enfin interdit aux colonies de développer des industries propres, et obligation faite de commercer avec les seuls ports français.

On peut s'en douter, le commerce avec les colonies fut favorable à la croissance économique française, à travers de la création de fortunes privées, et à la croissance de l'accumulation du capital
Le pillage systématique des colonies et néo-colonies par les pays impérialistes, la productivité des secteurs agricoles principalement tournés vers l'exportation et ce en parti pour payer la dette contractée par les colonies et néo-colonies, fait que les gens vivant dans les pays de la périphérie meurent souvent de faim, n'ont pas de quoi s'éduquer, vivent largement au-dessous du seuil de la misère.
Le faible développement des forces productives est aussi dû à ce que le capital financier, les monopoles des pays impérialistes contrôlent par la présence massive de banques le développement des colonies et néo-colonies.
Ainsi le poids des banques françaises, ou leur filiales, est très important en Afrique. La BNP est présente au Burkina-Fasso, au Sénégal, en Côte-d’Ivoire, au Togo, en Guinée, au Gabon. Le Crédit Lyonnais est présent au Sénégal, en Côte-d’Ivoire, au Cameroun, au Gabon et au Madagascar.
La France, avec le contrôle d'une zone franc (le franc CFA), contrôle la finance de ses néo-colonies en Afrique. D'ailleurs le capital financier français, quand il mis un système bancaire dans les néo-colonies, en localisa le siège en France.
Le capital financier dans la zone franc s'exprime aujourd'hui en outre par la présence des banques de réseaux financiers :
l'UEMOA (Union économique et monétaire ouest-Africaine) dont font parti le Bénin, le Burkina, la Côte-d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo ;
la BEAC (Banque des Etats d'Afrique Centrale) dont font parti le Cameroun, la République Centrafricaine, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Tchad.

Un autre exemple de l'emprise du capital financier est celui du Mexique qui est " aidé " par le FMI et le Trésor américain. Ceci à pour conséquence que la Dette du Mexique à augmenter tout les ans depuis les années 70. De 1973 à 1996, la Dette a d'ailleurs augmenté 14 fois plus vite que le revenu réel par habitant.
L'exportation de capitaux des pays du Centre vers ceux de la périphérie est définie par la bourgeoisie comme une " aide " des premiers vers les seconds.
Or cette " aide " vers les colonies et les néo-colonies ne leur apportent en définitive aucun bénéfice, puisque ce sont les pays impérialistes qui en retirent tout bénéfice.
De même la thèse officielle savamment entretenue par la bourgeoisie pour défendre la colonisation était de lui donner un caractère " civilisateur ", d'en faire une mission "civilisatrice " comme le disait Jules Ferry (personne chère à la gauche républicaine et au PS) dans un discours puant le racisme de base : " Les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je dis qu'il y pour elles un droit parce qu'il y a un devoir pour elles.
Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures.. " (Jules Ferry (discours coloniaux 1885).
En fait la mission " civilisatrice " des pays impérialistes s'est avérée être une mission de pillage systématique des ressources des pays colonisés.
Ce pillage était assorti de formes d'exploitation féodale caractérisée par la mise en esclavage des populations des pays colonisés. Cela bien évidemment produisait une main-d'oeuvre à bon marché pour les pays impérialistes.
Le passage du capitalisme à l'impérialisme a fait que les grandes puissances impérialistes ont formé des colonies et des néo-colonies.
Les pays impérialistes on transformé les peuples de la " périphérie " (par rapport au centre impérialiste) en esclaves.
Ceci à élargi le champ de l'exploitation capitaliste.
La constitution du système capitaliste s'achève à la période de l'impérialisme.
L'exportation de capitaux des pays impérialistes, les conquêtes coloniales ont permis au pays du centre de se soumettre et de dominer les peuples des pays de la périphérie
" Le capitalisme, en s'étendant au monde entier, a provoqué la tendance au rapprochement économique des divers pays, à la suppression de l'isolement national et à l'union progressive de vastes territoires en un tout cohérent " (Manuel d'économie politique. Académie des sciences de l'URSS/Institut d'économie Editions sociales 1956).
Le marxisme-léninisme avait déjà révélé que les économies nationales étaient devenus les anneaux d'une chaîne unique, bien avant que le terme de " mondialisation " soit mis à la mode par une poignée d'économistes keynésien.
Le concept de " mondialisation du capital " n'est en fait qu'une formule soft pour parler d'impérialisme sans en reprendre les conclusions.
Le capitalisme, à l'époque de l'impérialisme, en s'élargissant au monde entier, a provoqué le rapprochement économique de tout les pays. Les différentes économies nationales sont devenus les anneaux d'une chaîne unique, appelée économie mondiale.
L'ETAT ET LES MONOPOLES

" L’"union personnelle" des banques et de l'industrie est complétée par l’"union personnelle" des unes et des autres avec le gouvernement " (Lénine l'impérialisme, stade suprême du capitalisme).
Le capitalisme s'est toujours appuyé sur l'Etat (au sujet des liens entre l'Etat et la bourgeoisie voir Front Social n°12 & 13) ; l'Etat est devenu l'Etat des capitalistes, l'Etat de la bourgeoisie, l'Etat de la dictature de la bourgeoisie.
L'Etat a été de tout temps l'Etat de la classe économiquement dominante, il est donc évident qu'à l'époque du capitalisme monopoliste, l'Etat soit l'Etat de la bourgeoisie et plus précisément de la frange de la bourgeoisie monopoliste.
On a pu parler un temps de la domination de la bourgeoisie monopoliste sur l'Etat, de capitalisme Monopoliste d'Etat. (signalons que Capitalisme Monopoliste d'Etat, ou CME, ne signifie pas une économie collectiviste dans laquelle les entreprises appartiennent à l'Etat et donc au Peuple).
Dans ce cas la bourgeoisie avait besoin qu'une partie de l'activité économique soit prise en charge par l'Etat, sous formes de nationalisations.
Nationalisations bourgeoises puisqu'elles n'ont rien a voir avec des nationalisations effectuées dans le cadre d'une politique économique socialiste ou tout l'économie serait nationalisé, collectivisée.
Cependant si les nationalisations ne sont plus d'actualité aujourd'hui, l'Etat continue lui d’exister et d’avoir une fonction répressive.
La propriété d'Etat dans les pays impérialistes apparaît ou bien à la suite de la construction d'entreprises, de voies ferrées, d'arsenaux, etc, aux frais du budget de l'Etat, ou bien sous la forme de la nationalisation bourgeoise, c'est-à-dire du transfert de certaines entreprises privées aux mains de l'Etat, moyennant une forte compensation.
En dépit des affirmations des économistes révisionnistes (du "PCF " par exemple) qui présentent l'étatisation des entreprises sous la domination politique de la bourgeoisie comme un " pas vers le socialisme ", celle-ci n'a rien de commun avec le socialisme.
La propriété d'Etat dans les pays bourgeois est une variété de le propriété capitaliste, où le propriétaire n'est pas un capitaliste particulier, mais l'Etat bourgeois, qui est subordonné à une poignée de grands monopoles.
L'étatisation des entreprises est utilisée par les monopoles pour remettre sur pied diverses entreprises ayant des problèmes et pour les revendre (à un prix modique) aux entreprises privées (comme cela se passe en ce moment), pour renforcer l'exploitation de la classe ouvrière et de tous les travailleurs et pour multiplier leurs profits.
Les monopoles utilisent le pouvoir d'Etat pour collaborer activement à la concentration et à la centralisation du capital, augmenter leur puissance et leur influence : par des mesures spéciales, l'Etat force les entrepreneurs restés indépendants à se soumettre aux groupent monopolistes et, en même temps, il fait procéder à la concentration forcée de la production en fermant les portes d'une foule d'entreprises petites et moyennes.
C'est dans l'intérêt des monopoles que l'Etat, d'une part, établit des droits élevés sur les marchandises importées et que, d'autre part, il encourage l'exportation des marchandises en payant aux monopoles des subventions à l'exportation et en leur facilitant la conquête de nouveaux marchés, au moyen du dumping.
Les monopoles utilisent le budget d'Etat afin de piller la population du pays en la grevant d'impôts et en recevant de l'Etat des commandes qui leur rapportent de gros profits.
L'Etat bourgeois, sous le prétexte " d'encourager les initiatives économiques ", verse aux gros entrepreneurs des sommes considérables sous forme de subventions.
Dans le cas où les monopoles sont menacés de faillite, ils reçoivent de l'Etat les crédits nécessaires pour couvrir leurs pertes, et on leur fait remise des impôts qu'ils doivent à l'Etat.
Le développement du capitalisme monopoliste d'Etat s'accentue particulièrement en période de préparation et de conduite de guerres impérialistes.
Lénine disait que le CME en temps de guerre était le bagne pour les ouvriers et un paradis pour les capitalistes. Les gouvernements des pays impérialistes font aux monopoles de grosses commandes d'armements, d'équipements et de vivres; ils bâtissent des usines de guerres aux frais de l'Etat et les mettent à la disposition des monopoles ; ils lancent des emprunts de guerre.
En même temps, les Etats bourgeois font supporter toutes les charges de la guerre aux travailleurs. Tout cela procure des superbénéfices aux monopoles.
Le développement du CME a pour effet, de hâter encore la socialisation capitaliste de la production, créatrice des conditions matérielles nécessaires pour remplacer le capitalisme par le socialisme. Lénine disait que le CME était la préparation matérielle complète au socialisme.
Le développement du CME amène en deuxièmement, une accentuation de la paupérisation relative et absolue du prolétariat.
C'est au moyen du pouvoir d'Etat que les monopoles élèvent au maximum le degré d'exploitation de la classe ouvrière, des paysans, ce qui ne manque pas d'aggraver considérablement les antagonismes entre exploités et exploiteurs.
Les défenseurs du capitalisme en dissimulant la subordination de l'Etat bourgeois aux monopoles capitalistes, prétendent que l'Etat est devenu dans l'économie des pays capitalistes une force décisive, capable d'assurer la direction planifiée de l'économie nationale.
En réalité l'Etat bourgeois ne peut diriger de façon planifiée l'économie, car il n'en est pas maître : elle se trouve entre les mains des monopoles.
L'effort de l'Etat pour " régler " l'économie, accompli dans l'intérêt du capital monopoliste, ne peut pas supprimer l'anarchie de l'économie capitaliste ni les crises économiques, et il conduit en fait à une aggravation des contradictions du régime bourgeois
L'impérialisme aggrave à l'extrême les trois principales contradictions du capitalisme : 1) la contradiction entre le travail et le capital ; 2) la contradiction entres les puissances impérialistes qui luttent pour la suprématie et en définitive pour la domination mondiale ; 3) la contradiction entre les métropoles et les colonies (et néo-colonies).
L'IMPERIALISME, DERNIERE ETAPE DU CAPITALISME AVANT LA REVOLUTION SOCIALISTE
L'impérialisme accroît les contradictions du capitalisme ; à l'époque de l'impérialisme ces contradictions sont portées à leur paroxysme.
L'impérialisme est le stade suprême du capitalisme, il en est aussi le dernier stade, le dernier stade avant la révolution socialiste qui anéantira le capitalisme.
Evidemment le capitalisme ne se détruira pas sans que les masses liquident la bourgeoisie et le pouvoir du capital.
Mais l'époque de l'impérialisme offre les conditions favorables pour donner l'assaut aux citadelles du capitalisme.
Nous avons vu plus haut que certains pays se développaient inégalement à l'époque de l'impérialisme.
Le léninisme nous apprend que la révolution socialiste, à l'époque de l'impérialisme, ne triomphe pas forcément dans le pays où le capitalisme est le plus développé et dans lequel le prolétariat forme la majorité de la population.
La révolution socialiste à l'époque du capitalisme monopoliste peut triompher dans des pays qui constituent l'anneau le plus faible de la chaîne de l'impérialisme.
Mais tel ne sera pas forcément le cas.
Les camarades du PC du Pérou, qui doivent bien le savoir, nous le disent : nous ne devons pas penser que la cause est perdue dans les pays capitalistes.

18 juillet 2005

La guerre contre l'Iran a commencé

A Londres, la guerre contre l'Iran a commencé

Il s'appelait Jack. Ou Robert. Ou Hassan. Il était contre la guerre et il détestait Bush et Blair. Comme beaucoup de ces Londoniens qui se rendaient au boulot ce jeudi 7 juillet. Il ne savait pas que c'était son dernier voyage...
La majorité des Londoniens sont opposés à l'occupation de l'Irak et avaient voté pour un maire qui s'y opposait aussi. Et beaucoup d'autres victimes, influencées par leurs médias, n'avaient tout simplement pas compris la nature économique de cette guerre.
En condamnant l'acte barbare commis à Londres, il s'agit de défendre la mémoire de ces victimes. Car Blair et Bush vont essayer d'utiliser leur mort pour imposer encore plus d'agressions et plus de souffrances. Là-bas et ici. Le jour même, Bush s'en est pris à l'Iran.
Victimes du terrorisme ? Oui. Mais surtout du grand terrorisme d'Etat. Le terrorisme des plus forts qui, pour le rester, bombardent et torturent un peuple. Dont l'unique faute est de vouloir rester maître de son pétrole, de sa vie, de l'avenir de ses enfants.
Et pendant ce temps, à Bagdad, c'est King's Cross tous les jours. A cause de Blair.

Questions troublantes
Dans ces moments d'intense émotion, et de manipulation politico-médiatique de l'émotion, il importe de garder la tête froide pour se poser deux questions : 1. Que nous cache-t-on ? 2. A qui profite le crime ?
. Que nous cache-t-on ? Vendredi, un haut responsable de la police londonienne déclarait :
« Aucun signe avant-coureur ne permettait de dire ce qui allait se passer » (Reuters, 8 juillet). Vraiment ? Le monde entier savait qu'après New York et Madrid, viendrait Londres. Depuis des mois, on annoncait la tenue en Grande-Bretagne du G-8, moment évidemment propice. Or, bizarrement, en juin, les services de renseignement britanniques avaient abaissé le « niveau de menace » de « grave, général » à « important ».
Après le 11 septembre aussi, les services de renseignements US avaient tout de suite affirmé qu'ils n'avaient rien vu venir. Mais diverses enquêtes ont démontré qu'ils savaient beaucoup de choses et s'étaient montré curieusement négligents, pour ne pas dire plus. (voir notamment
« 11 septembre, pourquoi ils ont laissé faire les pirates de l'air », Peter Franssen, éd www.epo.be , 2002)

A qui ça profite ?
Les attentats de Londres surviennent au bon moment pour les va-t-en-guerre. Bush était de plus en plus en difficulté à cause de son échec flagrant en Irak. Dans son propre parti, des voix s'élevaient pour un retrait. Son dernier discours sur
« un monde plus sûr et plus de liberté » n'avait convaincu personne. Et Blair était isolé en Europe.
La solution ?
« Pour nous unir, nous avons besoin d'un ennemi commun », disait récemment Condoleeeza Rice. Et comment y arriver ? Voici la réponse de David Rockefeller, (dirigeant d'Esso, de la Chase Manhattan Bank, mais aussi du tout puissant Council for Foreign Relations où le gratin des industriels et politiciens de la planète élabore la stratégie générale pour diriger le monde) : « Nous sommes à la veille d'une transformation globale. Tout ce dont nous avons besoin est la bonne crise majeure, et les nations vont accepter le Nouvel Ordre Mondial. »
Bush et Blair ont besoin du terrorisme, ils ont besoin que les populations se sentent en danger. Pour faire passer leur guerre globale, pour cacher qu'elle sert uniquement les multinationales, il faut flanquer la trouille aux citoyens afin qu'ils soutiennent la politique violente de leurs gouvernants, comme l'a bien montré Michael Moore dans son film Bowling for Columbine.
Les attentats de Londres sont nuisibles pour la paix. Leurs auteurs n'ont rien de commun avec la véritable résistance qui s'en prend à des militaires ou à des collabos, pas à des civils. Assassiner des civils innocents aide Blair et Bush à ressouder les rangs derrière eux, à provoquer une fausse identification
« Nous sommes tous en danger » alors qu'en réalité leur guerre se tourne aussi contre la population des USA et de Grande-Bretagne. Nous y reviendrons.
Après le 11 septembre 2001, en une semaine, Bush a réussi à faire passer son programme de guerre en Afghanistan et en Irak, préparé depuis longtemps. Et, au pas de charge, sa loi
« Patriot Act », offensive générale contre les libertés aux USA mêmes. Un paquet de loi si imposant et complexe qu'il avait fallu au moins un an pour le préparer. N'oublions pas que, le soir même du 11 septembre, Rumsfeld, ministre de l'Armée US, déclarait : « Ce qui s'est passé aujourd'hui suffit-il à vous convaincre que ce pays doit, de toute urgence, accroître ses dépenses pour la Défense et que l'argent pour financer ces dépenses militaires doit être prélevé, si nécessaire, dans les caisses de la Sécurité sociale ? » Des plans préparés de longue date donc par le complexe militaro-industriel.
Après le 7 juillet 2005, la presse US de droite se réjouit :
« Ceci écarte les problèmes de crédibilité du président. Le soutien populaire de Bush va se redresser... », prédit Fox News, (7/7) Et «Les attaques de Londres comme celles de Madrid ont requis un haut degré de coordination, indiquant un complot préparé longtemps. Et dire que nous discutaillons s'il faut démanteler des dispositions-clés du Patriot Act ! » (Washington Post, 8/7)
Voilà qui répond à la question « A qui profite le crime ? ». Demain, à coup sûr, Blair, mais aussi d'autres comme Sarkozy viendront à nouveau nous expliquer que « pour notre sécurité », il faut
« prélever dans la Sécurité sociale pour augmenter les dépenses militaires » et répressives.
En fait, braquer les projecteurs sur le terrorisme sert à détourner l'attention de la faillite des prétendues « politiques anti-pauvreté » ...

Qui est responsable de la pauvreté ?
Après les attentats, nous avons vu Bush sortir du château de Glenneagles et s'adresser aux caméras, avec des trémolos dans la voix, pour vanter
« des gens qui ici (au G-8), cherchent comment résoudre la pauvreté en Afrique ».
En vérité, si un enfant meurt de pauvreté toutes les trois secondes, c'est à cause de Bush et des multinationales.
La pauvreté du tiers monde ne tombe pas du ciel. Elle est la conséquence de cinq siècles de pillage brutal des matières premières et, aujourd'hui encore, des relations économiques imposées aux colonies, ce mot reste valable. Par ces relations injustes, les multinationales continuent à sucer les richesses du tiers monde et à creuser l'écart de façon toujours plus dramatique.
Et quand un pays souhaite assurer son développement dans l' indépendance, qu'il veut simplement tirer profit lui-même de son pétrole, de ses richesses naturelles ou de sa main d'oeuvre, comment réagissent les grandes puissances? D'abord, elles essayent de le soumettre par le chantage du FMI et de la Banque Mondiale afin qu'il abandonne ses industries, ses services publics envers la population et qu'il devienne un docile pion des multinationales. Si ça ne suffit pas, on passe à l'embargo économique, aux guerres civiles, alimentées ou importées, et finalement aux bombardements ou aux coups d'Etat de la CIA.

La guerre de Cent Ans
A la Chute du Mur, le capitalisme triomphant nous avait promis un nouvel ordre mondial fait de démocratie et de paix durable. Mais le premier droit de l'homme, celui de manger à sa faim, est toujours refusé à une grande partie de l'humanité. Et les guerres US, directes ou indirectes, se sont multipliées : Irak, Yougoslavie, Afghanistan, Congo... Et les cibles de demain ont déjà été désignées par Washington : Iran, Syrie, Corée, Cuba, Venezuela, Zimbabwe, etc...
En réalité, après la chute de l'URSS et le bouleversement des rapports de force internationaux, les USA se sont lancés dans une guerre de Cent Ans, dont chacune de ces guerres partielles est une étape. Cette guerre globale poursuit trois objectifs, étroitement liés :
1. Contrôler les matières premières, surtout l'énergie, et pouvoir en priver les rivaux.
2. Briser tout Etat du tiers monde trop indépendant.
3. Subordonner les autres grandes puissances : Europe, Japon, Russie...

Cette guerre de Cent Ans pour recoloniser la planète, cette militarisation des relations internationales est en fait la seule « solution » que les multinationales US voient pour échapper à la crise qu'elles ont elles-mêmes créée. Comment ont-elles provoqué cette crise ? En appauvrissant leurs propres travailleurs d'une part, et ceux du tiers monde colonisé, d'autre part. Ce qui a pour conséquence d'aggraver l'écart des richesses et de ruiner ceux qui seraient censés acheter leurs marchandises. Cercle vicieux.
Cette crise économique structurelle est insoluble parce que c'est une crise due au fossé riches-pauvres, c'est la crise inévitable d'un système injuste. Et la guerre n'est pas due au caractère de Bush ou de son équipe, non, elle est une stratégie pour « sortir de la crise » en renforçant la domination sur le monde et ses richesses. La guerre militaire est la conséquence des lois de la guerre économique.
Contrôler les matières premières vise à s'assurer un avantage décisif dans la concurrence exacerbée entre multinationales. Qui ne prend pas cet avantage ne survivra pas à la guerre économique. Et les moyens de gagner n'étant limités par aucune morale, la guerre fait partie de ces moyens.

Pourquoi attaquer l'Iran ?
Pourquoi l'Iran est-elle la prochaine cible ? Parce que ce pays possède des réserves pétrolières importantes, parce que c'est la principale puissance de la région refusant de se soumettre à Israël, parce que les récents efforts pour faire capituler Téhéran ont échoué.
Attaquer l'Iran vise en réalité à contrôler l'ensemble du pétrole du Moyen-Orient, comme de la planète d'ailleurs. Pour permettre aux USA d'exercer un chantage sur l'approvisionnement pétrolier des rivaux : Europe, Japon, Chine. Qui veut dominer le monde, doit contrôler toutes ses sources d'énergie.
Mais il s'agit aussi d'empêcher la constitution en Asie d'une alliance entre puissances résistantes. Dans
La guerre globale a commencé, juste après le 11 septembre, nous écrivions : "Bien sûr, le grand principe de toute politique impérialiste reste «Diviser pour régner». Sur ce continent asiatique, voici que les Etats-Unis craignent par dessus tout, explique encore Brzezinski : «La Chine pourrait être le pilier d'une alliance anti-hégémonique Chine - Russie - Iran.» "
Celle-ci étant bien évidemment la cible ultime de la guerre globale. Puisque c'est le plus grand marché d'avenir et le plus puissant des pays indépendants. En fait, les Etats-Unis, pour rester la seule superpuissance, ont d'ores et déjà décidé que la Chine était leur ennemi n° 1. Tout ce qu'ils opèrent sur le continent asiatique est à comprendre dans cette perspective. Surtout l'encerclement de la Chine qui s'est accéléré avec l'installation de bases militaires en Afghanistan et qui va se poursuivre à travers chaque épisode de la guerre globale.

Chaque guerre est aussi contre nous tous
Bush et Blair veulent nous faire croire qu'en menant ces guerres, ils défendraient aussi notre niveau de vie, en Europe et aux USA. Que nous aurions les mêmes intérêts qu'eux face aux pays « voyous ».
Faux. Attaquer l'Irak n'a profité qu'aux multinationales du pétrole, des armements, du bâtiment et de la finance. De même, attaquer la Yougoslavie, si on va au-delà des multiples médiamensonges, n'était pas un acte humanitaire, mais une privatisation par les bombes. Le véritable but des grandes puissances - leurs propres documents stratégiques en attestent - était de prendre le contrôle d'une économie restée indépendante des multinationales et d'une main d'oeuvre qui voulait conserver les droits sociaux de l'autogestion.
En brisant ces rêves d'indépendance, on lançait un avertissement très frappant à l'Europe de l'Est et à la Russie : abandonnez tout rêve d'échapper aux multinationales ! Ce faisant, on prenait possession de la main d'oeuvre de l'Est (privée de ses protections sociales). Soit pour y délocaliser des usines, soit pour en importer des quantités de plombiers polonais, mis en concurrence avec les travailleurs d'ici afin d'abaisser les salaires et d'augmenter les bénéfices.
C'est pourquoi globalisation et guerre sont deux faces de la même médaille. La globalisation vise à placer tous les pays du monde sous une pression maximum des multinationales, sous un chantage généralisé, notamment quant aux conditions de travail. Et la guerre, c'est la matraque lorsqu'un peuple refuse ce chantage.
Tout ceci montre qu'une guerre d'agression de Bush et Blair (ou, demain peut-être, une guerre menée par l'U.E. ?), ne sert pas les intérêts des travailleurs US ou européens. Au contraire, ce sont eux qui la paient. D'abord, en fournissant les victimes, soit comme soldats soit comme cibles des attentats, mais aussi et surtout en se retrouvant tous victimes d'un chantage anti-social qui les plongera dans le chômage ou dans l'hyper-précarité du travail.
Bref, la guerre de Bush et Blair, c'est la guerre des riches contre les pauvres. C'est une guerre contre l'avenir de l'humanité. Mettre fin à la pauvreté, mettre fin à la guerre, c'est combattre Bush et Blair. Il n'y a pas de milieu.

Next Stop Teheran
Après les attentats de Londres, Bush s'est empressé de dénoncer la « menace iranienne ». Mais, en fait, il prépare depuis longtemps sa guerre contre ce pays. Car les guerres ne commencent pas par des bombes. Il faut d'abord une préparation :
- Militaire : préparer la logistique et les bases d'appui de l'assaut (nous y reviendrons).
- Médiatique : préparer l'opinion en diabolisant le pays visé.

Cette préparation médiatique consiste en une propagande de guerre jouant sur le conscient et l'inconscient.
Thème n° 1. Les armes de destruction massive. Yes, again ! Depuis des mois, les grands médiaux occidentaux braquent les projecteurs - comme Bush - sur
« la menace nucléaire iranienne ». Alors qu'Israël possède déjà deux cent têtes nucléaires clandestines, et qu'il a déjà agressé tous ses voisins, le seul danger qu'on veut nous faire craindre, c'est Téhéran.
Les armes nucléaires sont certes un fléau à éliminer, mais pourquoi devrions-nous faire davantage confiance à celles de Bush et de Sharon ? Comment peut-on nier le droit d'un pays à se défendre contre une agression ? On sait pourtant que Bagdad et Belgrade ont été attaquées impunément, justement
parce que elles n'avaient pas de quoi se défendre un tout petit peu !
Thème n° 2. Le « terrorisme islamiste ». Le thème des armes ayant ridiculisé Bush dans le cas de l'Irak, on ajoute « le terrorisme islamiste ». Bien agité, ce thème a l'avantage de nous faire peur « chez nous ». Demain, sans doute, de pseudo-révélations des services US ou britanniques, complaisamment relayées, essayeront de nous convaincre que Téhéran était derrière les attentats. Tout comme Bush avait essayé de lier Saddam et Al-Qaida.
Thème n° 3. La démocratie. Vu l'échec du thème 2 dans le cas irakien, les rédacteurs des discours de Bush nous vendent à présent la guerre avec un autre argument de marketing : la démocratie. Il s'agirait de gagner tous ces nombreux pays attaqués à « la liberté ». Cocasse quand on sait que la famille Bush a construit sa fortune en collaborant avec Hitler, puis avec Ben Laden. Et que George Bush père, quand il était à la tête de la CIA, a protégé les pires dictateurs d'Amérique latine et d'ailleurs. Mais si les médias n'insistent pas trop sur ce noir passé, le thème de la démocratie peut encore marcher.
Sur le plan des libertés, chacun pense ce qu'il veut des gouvernants iraniens, mais une chose est sûre : la question n'est pas là. Ce n'est pas pour les beaux yeux de la démocratie que Bush cherche à faire main basse sur ce pays, c'est juste pour son or noir.
D'ailleurs, les Etats-Unis sont-ils crédibles en prétendant importer la démocratie en Iran ? En 1953, un coup d'Etat organisé par leur CIA a renversé le premier ministre Mossadegh, trop indépendant sur la question du pétrole. Ensuite, six présidents successifs des Etats-Unis ont imposé au peuple iranien la dictature fasciste du Chah Pahlevi et des terribles tortionnaires de la Savak : 300.000 torturés en vingt ans. Un peu amnésiques, les donneurs de leçons !

Arrêtons le bla-bla du « Ni, ni » et de la « guerre pour la démocratie » !
« Ni Bush, ni les ayatollahs » ? Verra-t-on bientôt resurgir ce piteux mot d'ordre très répandu dans une certaine gauche molle, bien qu'il ait fait tant de mal à propos de l'Irak ou de la Yougoslavie ?
En 2001, nous dénoncions l'effet néfaste des slogans « Ni Bush, ni Saddam », « Ni l'Otan, ni Milosevic », « Ni Sharon, ni Arafat » :
« Depuis douze ans, cette position dominante dans la gauche intellectuelle européenne condamne le mouvement anti-guerre à la passivité. Parce qu'elle met sur le même pied l'agresseur et l'agressé. Si tous sont également mauvais, on n'a pas de raison de tout faire pour arrêter l'agression.
Le « Ni, ni », c'est le cancer du mouvement anti-guerre. Il faut y mettre fin. Ce n'est pas Saddam ou Milosevic qui menace le monde entier, c'est Bush. Ce ne sont pas la Yougoslavie ou l'Irak qui, chaque jour, condamnent à la mort 35.000 enfants du tiers monde, ce sont les multinationales.
Les Etats-Unis menacent la paix partout dans le monde. En mettant en avant les reproches, exacts ou non, aux Etats qui leur résistent, on fait seulement le jeu de l'agression. Ce n'est pas aux gouvernements occidentaux de décider qui doit diriger tel ou tel pays du tiers monde et selon quels intérêts. C'est à ces peuples eux-mêmes qu'il revient d'en décider. Mais si on laisse Washington occuper ces régions, aucune lutte sociale ou démocratique n'en deviendra plus facile, bien au contraire. Seules les multinationales y gagnent. "
Fin de citation.
(Où en est la Yougoslavie:
http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2002...
On en a maintenant une preuve de plus avec l'occupation de l'Irak. A-t-elle résolu un seul des problèmes du pays ou les a-t-elle au contraire dramatiquement aggravés ? Espérons qu'on n'entendra plus cette démobilisante litanie du « Ni, ni » !

Le contre-exemple du Venezuela
Peut-on encore accorder un gramme de crédit à « la guerre pour la démocratie » ? Pour en avoir le coeur net, examinons l'exemple du Venezuela. Vous avez là un président, Hugo Chavez, qui vient de gagner neuf élections en six ans, en augmentant ses voix. Que fait Bush ? Il verse plusieurs dizaines de millions de dollars à la CIA (selon les propres documents US) pour renverser ce président démocratiquement élu. Par tous les moyens possibles... 2002 : tentative de coup d'Etat. Echec. 2003 : sabotage de l'industrie pétrolière. Echec. 2004 : campagne d'intox à budgets énormes, pour tenter de l'évincer par un référendum sous pression. Echec.
2005 ou 2006 ? Furieux, Bush meurt d'envie d'envahir lui-même le Venezuela. Sous n'importe quel prétexte. Par exemple en y « découvrant » des terroristes ou en décrétant que la Colombie voisine est « menacée ». Mais il ne peut le faire tant qu'il est empêtré en Irak. Pas moyen de mener deux grandes guerres de front. En fait, la résistance actuelle du peuple irakien sauve les autres pays menacés.
Ce que Bush reproche à Chavez, ce n'est pas le manque de démocratie (il faut se rendre là-bas pour mesurer à quel point les simples gens se mobilisent sur tous les problèmes de leur vie et de leur avenir). Non, ce que Bush reproche à Chavez, c'est que les revenus du pétrole du Vénézuela soient « détournés » pour financer des projets d'alphabétisation, de lutte contre la misère et de soins de santé pour tous. Au lieu de servir, comme ailleurs, à enrichir Esso et Shell. A bas Chavez, donc, le rebelle, le « populiste » qui donne le mauvais exemple en faisant croire que le pétrole appartient à son peuple !
Cet exemple du Venezuela prouve, s'il le fallait, que les guerres des Etats-Unis n'ont absolument pas pour objectif la liberté ou la démocratie, mais seulement l'or noir et la domination du monde. Supposons que demain les dirigeants de Téhéran se soumettent aux volontés d'Esso et Shell, comme le font les régimes arabes « amis » du Koweït ou des Emirats... Croit-on qu'on entendrait encore toutes ces campagnes de critiques sur leurs armements ou sur leur conception de la femme ?

Diviser par la religion ?
Bref, où qu'on se tourne, aucun des thèmes de l'actuelle propagande de guerre - nucléaire, terrorisme, dictature - ne résiste à une analyse objective. C'est pourquoi la propagande de guerre vise surtout l'inconscient...
Quand on parle de « terrorisme islamiste », on manipule le public. On lui fait croire qu'une religion particulière est dangereuse. Même si en paroles, bien sûr, on affirme solennellement que les musulmans sont des gens très bien, et cetera... mais l'_expression même qui lie le terrorisme à une religion est un piège.
Imaginons. Vu que les actes d'agression commis par Bush et Blair violent systématiquement le droit international et qu'ils peuvent, juridiquement, être qualifiés de terreur d'Etat, que dirions-nous si la presse des pays musulmans venait à parler de « terrorisme chrétien » ? Nous répondrions évidemment que la grande majorité des chrétiens du monde condamnent Bush, et que l'explication est donc ailleurs.
En effet, la guerre globale n'est pas une guerre de religion, mais une guerre économique. Ce sont Bush et Blair qui ont intérêt à diviser leurs opposants en diabolisant une religion. Si le terrorisme est « islamiste », alors chaque musulman devient un suspect potentiel, dans l'avion, le métro ou la mosquée. Pas besoin d'en rajouter beaucoup. Des siècles de mépris colonial, des dizaines d'années sur le thème de l'Arabe qui vient nous prendre notre travail (alors que c'est nous qui lui avons pris ses richesses), tout cela constitue une rampe de lancement toute prête pour diaboliser les musulmans. Comme on a diabolisé les juifs dans les années 30.
Le thème de la « religion dangereuse » sert à diviser les peuples du monde, à attirer l'attention sur tel phénomène particulier pour cacher la nature générale de la guerre globale. Mais le Vénézuela, un pays très chrétien, est aussi la cible de Bush. Alors ?

La guerre contre l'Iran a déjà démarré
Demain, Bush et Blair vont peut-être « découvrir » des preuves de l'implication de Téhéran dans les attentats. Ils prétendront agir « en représailles ». Mais ça, ce sera juste la campagne psychologique envers l'opinion selon les règles classiques de la propagande de guerre. En réalité, la guerre contre l'Iran a déjà commencé, comme le montre l'ex-officier US Scott Ritter, devenu analyste militaire :
« Le 16 octobre 2002, le président Bush déclarait au peuple américain : « Je n'ai pas ordonné l'usage de la force contre l'Irak. J'espère que ce ne sera pas nécessaire. » Nous savons maintenant que cette déclaration était un mensonge. En fait, fin août 2002, le président avait signé un ordre autorisant les militaires US à commencer des opérations militaires actives à l'intérieur de l'Irak. En septembre 2002, l'US Air Force, assisté par la British Royal Air Force, commençait à bombarder des cibles à l'intérieur de l'Irak pour affaiblir les capacité de défense anti-aérienne et de commandement. Au printemps 2002, le président Bush avait signé un ordre secret autorisant la CIA et les forces spéciales à déployer des unités clandestines en Irak même. »
En est-il de même aujourd'hui pour l'Iran ? Oui, indique Ritter : « Au moment où nous parlons, des survols US de l'espace aérien iranien ont lieu, à l'aide d'avions sans pilotes et d'autres équipements plus sophistiqués. Violer l'espace aérien est déjà un acte de guerre. Au nord, dans l'Azerbaïdjan voisin, l'armée US prépare la base d'opérations pour une présence militaire massive qui annonce une campagne terrestre majeure afin de s'emparer de Téhéran. L'aviation US, opérant à partir de ses bases en Azerbaïdjan, a beaucoup raccourci la distance à parcourir pour frapper des cibles à Téhéran. En fait, une fois les hostilités commencées, elle serait capable de maintenir une présence quasiment 24 heures sur 24 heures dans l'espace aérien iranien. » (Publié sur le site Al-Jazeera).
Stratégiquement, l'Iran se trouve à présent encerclé de bases militaires US disposées sur ses trois flancs : 1. Afghanistan. 2. Irak. 3. Azerbaïdjan. Est. Ouest. Nord. Intéressant : l'implantation en Azerbaïdjan a commencé il y a longtemps. En 2000, au lendemain de la guerre contre la Yougoslavie, nous écrivions :
« Un secrétaire adjoint aux affaires étrangères US ne s'occupe que du Caucase. Une visite solennelle de Javier Solana démontre que l'Otan s'intéresse énormément à cette région stratégique. L'Otan s'étend dans le Caucase pour en chasser la Russie. La principale tête de pont US dans le Caucase, c'est l'Azerbaïdjan. Washington ne peut s'y installer militairement de façon trop voyante (mais) confie à la Turquie le soin de s'occuper de former l'armée de l'Azerbaïdjan. » (Michel Collon, Monopoly, p. 114-116, http://www.michelcollon.info/monopoly.php
Cinq ans plus tard, on voit que l'installation de bases militaires US et la transformation de l'Azerbaïjan en une sorte d'Israël du Caucase visait certes la Russie, mais peut-être plus encore l'Iran. Les stratèges US calculent à long terme et préparent plusieurs coups d'avance.

Les guerres commencent toujours avant la date officielle
Ritter a raison : une guerre de Washington commence bien avant qu'elle soit officiellement déclarée. Il importe d'analyser, au-delà des discours officiels et médiatiques les antécédents et les dessous des dernières guerres.
Premier exemple. Officiellement, la première guerre contre l'Irak commence en août 90 quand Saddam Hussein occupe le Koweït. En réalité, un an plus tôt, le Congrès US avait décrété contre l'Irak un embargo (acte de guerre qui ne dit pas son nom). En fait, la décision de guerre résulta d'un discours de Saddam qui appelait tous les pays du Golfe à s'unir pour être plus indépendants des Etats-Unis. Le Moyen-Orient risquait d'échapper à ceux-ci. La suite ne fut qu'une préparation militaire et médiatique.
Deuxième exemple. Officiellement, les Etats-Unis et l'Otan s'engagent contre les Serbes en 1995, ayant attendu quatre ans après le début des combats locaux. En réalité, dès 1979, l'Allemagne avait envoyé ses agents secrets pour faire éclater la Yougoslavie et contrôler les Balkans. Quant aux Etats-Unis, ils adoptèrent des sanctions contre la Yougoslavie dès 1990 !
Troisième exemple. Officiellement, Bush décida d'attaquer l'Aghanistan après le 11 septembre 2001. En réalité, un an plus tôt déjà, les stratèges du Pentagone avaient indiqué qu'il était nécessaire de
« changer de régime » à Kaboul, car les talibans refusaient de signer l'accord pour un pipeline US stratégique vers l'Asie du Sud.
La guerre contre l'Iran aussi a commencé bien avant le jour où on nous l'annoncera.

Les médias aident-ils Bush ?
Chaque guerre est liée à une guerre de l'information, dont le rôle est décisif. Il s'agit d'amener, par tous les moyens, les citoyens à soutenir la politique de leurs gouvernements. Une des méthodes consiste à traiter différemment les victimes...
Pour les grands médias, les morts n'ont pas le même poids. L'employé londonien frappé par une bombe en se rendant à son bureau pèse mille fois plus que le boulanger bagdadi tué par un missile US alors qu'il cuisait son pain...
Le 1er juillet dernier, un bombardier US B-52 lançait des missiles téléguidés sur un bloc de maisons dans la province de Kunar en Afghanistan, tuant au moins 17 personnes, notamment des femmes et des enfants. Quels dirigeants européens ont protesté contre cette barbarie ? Quels médias ont donné à la souffrance des Afghans la même valeur qu'à celle des Londoniens ?
C'est une loi journalistique incontournable, répondront les médias. La fameuse «loi du mort kilomètre ». Vous êtes censé vous intéresser davantage à un mort dans votre rue qu'à dix morts dans la ville voisine ou mille morts sur un autre continent. Mais ce qu'on oublie de dire, c'est que beaucoup dépend de la valeur accordée à ces morts par le média qui vous les présente... Si on vous montre une image touchante de la victime, si un proche décrit de façon concrète sa vie et sa mort, si la souffrance de sa famille est vraiment prise en compte, alors une victime lointaine peut vous devenir proche. Un exemple...
Quand les médias occidentaux ont décidé, en 1991, qu'il fallait nous faire pleurer sur les « victimes de Saddam », ils nous ont abondamment ressassé les pleurs de cette jeune infirmière koweïtienne qui racontait comment les soldats irakiens avaient volé des centaines de couveuses à Koweit-City, assassinant ainsi des bébés, et nous avons tous pleuré. Bien que ce fut lointain.
Mais ensuite nous avons appris que la jeune fille n'était pas infirmière, n'avait jamais été à cette maternité et qu'elle mentait entièrement dans une mise en scène Hollywood, car jamais ces couveuses n'avaient été volées. Ce médiamensonge, largement relayé, a eu un impact énorme, permettant à Bush père de faire approuver sa guerre par l'opinion internationale. Cela prouve que l'essentiel n'est pas le nombre de kilomètres. Mais bien la décision médiatique de trouver certaines victimes importantes, et d'autres pas.
Dans les périodes de guerre, chaude ou froide, nos « amis » morts pèsent mille fois que plus que nos « ennemis », ceux qui résistent à nos multinationales. Ce « deux poids, deux mesures » est en réalité la conséquence d'une éducation ethnocentrique. Qui fait de l'Europe et des USA le centre du monde, chargé d'apporter la démocratie et la civilisation aux pays plus arriérés et qui doivent nous rattraper. Ce schéma dissimule le colonialisme et notre domination impériale sur ce monde.
Nous ne développons pas davantage le thème, certes important, du rôle guerrier des médias. Nous renvoyons à notre texte sur les principes de la propagande de guerre :
Le droit à l'information, un combat. http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2004...

Il n'y a pas de fatalité
C'est un fait. Nous n'avons réussi à empêcher ni la guerre contre l'Irak, ni celle contre la Yougoslavie, ni celle contre l'Afghanistan, sans parler de la Palestine ou du Congo. Sommes-nous, en tant que mouvement pour la paix, condamnés à toujours perdre ?
Non, il n'y a pas de fatalité. En 2003, les manifestations anti-guerre, organisées dans le monde entier, ont rassemblé plus de gens que jamais auparavant. Et dans chaque pays où nous allons, nous constatons que Bush inquiète de plus en plus, que l'hypocrisie des prétextes se démasque de plus en plus, que la colère monte. Assez de guerres !
Bien sûr, chacun se demande : à qui vont profiter les attentats de Londres ? Et ceux qui risquent de survenir à Rome, Copenhague ou Amsterdam ? Ainsi qu'à Bruxelles, si nous laissons l'Otan s'engager de plus en plus dans la complicité avec Bush en Irak.
A qui ces attentats profiteront-ils ? A Bush et Blair qui en profiteront pour ressouder les rangs et engager d'autres guerres à l'infini ? Ou bien aux forces de paix qui pourront encore mieux montrer qu'il y a eu assez de morts, à Londres comme à Bagdad, et que l'occupation pour le pétrole doit prendre fin car la terreur engendre la terreur, et que sans justice, le monde ne sera jamais en paix.

Qui sera plus fort ? Leurs médias ou les nôtres ?
L'agressivité de Bush et Blair ne doit pas tromper. Elle est un signe de faiblesse. Leur seule chance de continuer la guerre est de diviser les peuples. Leur « force » repose sur l'info tronquée, les médiamensonges de diabolisation, la dissimulation des intérêts économiques... Donc, c'est aussi leur faiblesse si nous nous lançons tous dans la bataille de la contre-information. La construction d'une info alternative par Internet, par le travail de discussion autour de soi, patient, concret, argumenté, appliqué à grande échelle et de façon coordonnée, voilà l'antidote à la propagande de guerre. A nous de construire la propagande pour la paix !
Cette contre-info est indispensable pour sauver des vies. Car les morts de Londres sont victimes des guerres perpétrées en leur nom. Et du fait que les populations occidentales n'ont pas encore suffisamment compris la nature criminelle de cette occupation-pillage de l'Irak. Le jour où la prise de conscience sera plus forte encore, elle arrêtera cette guerre comme elle arrêta celle du Vietnam.
Sont-ils trop forts « en face » ? Trois exemples récents montrent que non.
1. Aznar a essayé de tricher aux élections espagnoles de 2004 en diabolisant l'ETA pour les attentats de Madrid. Il a été mis en échec par l'information populaire à la base : Internet et les SMS.
2. Lors du coup d'Etat anti-Chavez de 2002, les médias pro-US, quasi monopolistiques, ont soutenu les putschistes en cachant au pays la résistance massive du peuple de Caracas. Mais l'info a quand même circulé grâce aussi à Internet, aux SMS, aux motards roulant de quartier en quartier, etc...
3. Tous les médias français ont appuyé le « Oui » au référendum sur la Constitution en violant scandaleusement les principes du débat démocratique et de la déontologie journalistique. Mais ils ont été battus par une large mobilisation à la base et sur Internet.

Ces exemples récents montrent que les médias du système ne sont pas invincibles. L'information du peuple peut être plus forte qu'eux.
Dans ce sens, le mouvement belge Stop USA, auquel je participe à Bruxelles, vient de lancer des cartes-pétitions adressées au premier ministre belge. Avec un remarquable dessin de Matiz sur l'occupation de l'Irak. Son texte :
« Je désapprouve les guerres de Bush, pour le pétrole ou pour dominer le monde. Je refuse d'en être complice. Par le silence ou la participation, même indirecte, de la Belgique. »
En les faisant signer un peu partout, avec les groupes de base de Stop USA, nous constatons un très bon accueil. Mais aussi que les gens sont encore sous-informés. Très peu savent que la Belgique prête le port d'Anvers à Bush pour le transit de ses armes vers l'Irak, très peu savent que des armes nucléaires US stationnent clandestinement sur notre territoire et que l'envoi de nos troupes en Afghanistan sert à libérer des forces US pour agresser l'Irak.
Mais quand on les informe, on constate une volonté générale de devenir plus actifs contre les guerres de Bush. D'où notre responsabilité à tous. Ici, en Europe, il faut absolument augmenter la pression pour isoler Bush et Blair.
Le peuple espagnol a su imposer le retrait de ses troupes. Il faut aller plus loin, par le travail d'information, discussion et pétition. Concrètement : que plus aucun gouvernement européen n'aide la guerre en Irak, même de façon indirecte et limitée ! Une campagne
« Je ne veux pas être complice » devrait être organisée à l'échelle européenne.
Si ensemble nous nous engageons ainsi, alors la mort de Jack, Robert ou Hassan n'aura pas été vaine.

Michel Collon

12 juillet 2005

Appel pour le NON à la constitution en Belgique

CONSTITUTION : Vous pouvez encore avoir votre mot à dire
Appel de Georges Debunne,
ancien président de la Confédération Européenne des Syndicats


Madame, Monsieur,
Chère amie, cher ami,
Citoyennes et citoyens européens de Belgique

Des Flamands sont venus chez moi pour me demander de venir à la rescousse de leur appel à une large consultation populaire sur le projet de Constitution Européenne. Ils ne supportent pas que, sous prétexte que le Vlaams Belang se positionne pour le NON avec des arguments qui nous font à tous horreur, les partis de gauche ont décidé de dire OUI à la ratification de ce projet de Constitution Européenne. Ils craignent que le vote en Flandre se passe comme au Sénat, comme à la Chambre des représentants, comme au Parlement Bruxellois... « dans un silence assourdissant ». Ils veulent croire au sursaut des élus de gauche qui - en analysant le traité - constateraient à quel point il est grave d'approuver les dangers qu'il recèle ; dangers que j'ai maintes fois dénoncés en tant que Président de la Confédération Européenne des Syndicats et de la Fédération Européenne des Retraité(e)s et des Personnes Âgées.

En Belgique, nos lois nous donnent encore une chance. Il suffira qu'une seule Assemblée dise NON à la ratification pour bloquer cette course vers l'abîme. Encore faut-il que le NON de GAUCHE soit alimenté par un débat et que le débat soit facilité. Car ce n'est qu'en ayant le texte sous les yeux qu'on peut comprendre qu'une multitude d'articles annoncent des lois européennes de régression des droits sociaux (et particulièrement les allocations de chômage, le minimum de ressources, les pensions de retraite, les remboursement des soins de santé...), de démantèlement des services publics et de généralisation du dumping social et des précarités.

Le débat est essentiel. J'ai pu le vérifier lorsque Henri Emmanuelli m'a demandé de venir à Paris le soutenir pour le lancement de sa campagne pour le NON. C'était l'autonomie de leur opinion pour maîtriser leur avenir et celui des générations futures que les 1800 français présents exprimaient ce jour-là.

Le règlement du Parlement flamand autorise à tout citoyen de poser une REQUÊTE pour « changer une politique ou un décret ». Si cette REQUÊTE est soutenue par 15 000 personnes (Flamands, Wallons, Bruxellois, Belges ou non), le Parlement flamand est obligé d'organiser une audition du premier signataire.

J'ai décidé de signer cette REQUÊTE. Deux autres personnalités socialistes m'accompagnent dans cette démarche : Lode Van Outrive, sociologue et ancien parlementaire européen et Jef Sleeckx, ancien parlementaire fédéral.
Ensemble, nous avons oeuvré pour consolider notre système belge de protection sociale et les droits des travailleurs ; ensemble, nous combattons aujourd'hui pour les sauvegarder.

Ensemble, nous vous appelons à signer et récolter des signatures.

La procédure étant ce qu'elle est, voici ce qu'il faut faire pour être efficace :

Tenir compte de ces trois impératifs :
1. les signatures électroniques ne sont pas admises ;
2. Il n'y a pas d'exigences quant à l'âge ni à la nationalité ;
3. il est nécessaire que les signatures soient jointes au texte.

Merci donc d'imprimer la requête ci-jointe en recto verso, de la signer, de la soumettre à votre entourage et d'envoyer votre récolte à mon adresse personnelle inscrite en bas de la page de signatures.

La ratification au Parlement Flamand n'aura pas lieu avant l'automne 2005, la clôture de la récolte est donc fixée au 15 septembre 2005, date à laquelle j'irai déposer les signatures qui m'ont été remises.

Ainsi, l'Histoire retiendra qu'en Belgique, on veut toujours avoir son mot à dire.

11 juillet 2005

En finir avec toutes les formes de terreur

 
> Nous condamnons énergiquement les attentats de
> Londres, comme ceux de Madrid, Moscou, New York,
> Paris, et de bien d'autres lieux moins présents à la
> conscience occidentale. Cependant, les dirigeants
> des puissances nucléaires membres du G8 réunis en
> Ecosse ne sont pas les mieux placés pour dénoncer le
> mépris de la vie humaine dont font preuve les
> poseurs de bombes ou les preneurs d'otages.
> Eux-mêmes pratiquent ce mépris en permanence et
> poursuivent leurs fins politiques en exerçant un
> terrorisme d'Etat. Leurs armes de destruction
> massive sont pointées sur les populations civiles
> qu'ils prennent en otages, et détournent des sommes
> faramineuses vers cet usage anti-humain.

> Non contents de nous menacer tous d'anéantissement,
> ils commettent réellement chaque jour un crime
> contre l'humanité. Les armes  radioactives à
> l'Uranium Appauvri dont leurs armées sont équipées
> et qui ont été utilisées en Irak en 1991 et 2003,
> dans les Balkans et en Afghanistan, distribuent la
> maladie, la mort, les anomalies génétiques, dans les
> populations locales comme dans celles de tout
> l'hémisphère Nord, par dispersion des
> nano-particules d'Uranium. Pour masquer leur énorme
> responsabilité dans ce crime silencieux et diffus,
> les dirigeants concernés n'hésitent pas à laisser
> sans soins ni assistance les vétérans, et à plus
> forte raison les civils, victimes des guerres
> qu'eux-mêmes ont provoquées.

> Soumise au règne de la terreur que ses plus hauts
> dirigeants entretiennent tout en prétendant la
> combattre, l'humanité n'aura de chances d'éviter les
> malheurs résultant d'une "volonté de puissance"
> parée de prétextes divers mais unie dans l'injustice
> et la violence envers les hommes et les autres
> vivants, que le jour où les chefs des Etats
> nucléaires officiels et officieux renonceront aux
> armes atomiques et radioactives, diamétralement
> contraires au respect de la vie et aux valeurs
> démocratiques. La meilleure façon d'exprimer
> concrètement notre solidarité avec les victimes de
> Londres ou de Bagdad et d'honorer la mémoire des
> morts, c'est de reconnaître cette évidence et d'agir
> enfin en conséquence. NON à toutes les formes de
> terrorisme, à l'oppression, au fanatisme et à
> l'hypocrisie, OUI à la fraternité humaine, OUI à la
> vie.

>                                                    
>                              
>
> Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire
> (ACDN)

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