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<title>Pour une revolution politique et sociale</title>
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<subtitle>Un autre monde est possible ! A nous de le construire.</subtitle>
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<title>Les Etats-Unis veulen envahir le Venezuela</title>
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<updated>2005-12-26T01:10:00+01:00</updated>
<published>2005-12-26T01:10:00+01:00</published>
<summary>                 Un plan d'invasion du Venezuela                 Céline...</summary>
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&lt;table cellspacing=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;0&quot; width=&quot;760&quot; align=&quot;center&quot; border=&quot;0&quot;&gt; &lt;tbody&gt; &lt;tr&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; align=&quot;center&quot; width=&quot;506&quot;&gt; &lt;table cellspacing=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;0&quot; width=&quot;95%&quot; align=&quot;center&quot; border=&quot;0&quot;&gt; &lt;tbody&gt; &lt;tr&gt; &lt;td class=&quot;titreinvites&quot;&gt;&lt;b&gt;Un plan d'invasion du Venezuela&lt;/b&gt;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/tbody&gt; &lt;/table&gt; &lt;table cellspacing=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;0&quot; width=&quot;95%&quot; align=&quot;center&quot; border=&quot;0&quot;&gt; &lt;tbody&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;&lt;span class=&quot;auteur&quot;&gt;Céline Coussens&lt;/span&gt;&lt;/td&gt; &lt;td align=&quot;right&quot;&gt;&lt;img height=&quot;5&quot; src=&quot;http://www.blogspirit.com/admin/blog/img/puce2.gif&quot; width=&quot;5&quot; /&gt;&amp;nbsp;&lt;a class=&quot;liengrisssoul&quot; href=&quot;http://www.blogspirit.com/admin/blog/#&quot; onclick=&quot;openwin('envoi_ami.php?dateaccess=2005-11-07 11:36:37&amp;amp;log=invites','scrollbars=no,resizable=no,width=380,height=200')&quot;&gt;Envoyer à un(e) ami(e)&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;img height=&quot;5&quot; src=&quot;http://www.blogspirit.com/admin/blog/img/puce2.gif&quot; width=&quot;5&quot; /&gt;&amp;nbsp;&lt;a class=&quot;liengrisssoul&quot; href=&quot;http://www.blogspirit.com/admin/blog/imprimarticles.php?dateaccess=2005-11-07%2011:36:37&amp;amp;log=invites&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Imprimer&lt;/a&gt;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/tbody&gt; &lt;/table&gt; &lt;table cellspacing=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;0&quot; width=&quot;95%&quot; align=&quot;center&quot; border=&quot;0&quot;&gt; &lt;tbody&gt; &lt;tr&gt; &lt;td class=&quot;txtnormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td class=&quot;intro&quot;&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;La découverte d'un jeu de guerre de l'armée nommé &quot;Plan Balboa&quot; inquiète particulièrement le président vénézuélien Hugo Chavez qui accuse les États-Unis d'élaborer la prochaine attaque de son pays.&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td class=&quot;txtnormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td class=&quot;txtnormal&quot;&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;21 septembre 2005&lt;br /&gt; stopinfos.com&lt;br /&gt; http://www.stopinfos.com/?page=int&amp;amp;id=600&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Future stratégie d'invasion du Venezuela ou &quot;simple exercice de simulation d'opérations par la terre, la mer et l'air&quot;. Si les États-Unis n'ont de cesse d'envisager tous les scenarii inimaginables dans le monde, Hugo Chavez ne prend pas à la légère le dernier &quot;jeu de guerre&quot; lancé par Washington. Le plan Balboa réalisé par le Commandement de Base Major de l'État espagnol entre le 3 et le 18 mai 2001, soit moins d'un an avant le coup d'État manqué contre le gouvernement vénézuélien. Un exercice qui propose une tactique d'invasion de la partie occidentale du pays par les forces nord-américaines et par ses alliés de l'Otan.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Est-ce un simple exercice théorique&amp;nbsp;? Un de ces jeux de guerre avec lequel l'armée s'entraîne&amp;nbsp;? Pour peu qu'il soit un simple entraînement, il contient de nombreuses informations secrètes sur les défenses militaires du Venezuela, du Panama, de la Colombie… Le président vénézuélien lui l'a pris très au sérieux. Dans son émission hebdomadaire &quot;Alo Présidente&quot;, il a annoncé qu'il disposait de documents &quot;fournis par des renseignements militaires&quot; prouvant l'intention américaine d'envahir son pays. Puis interviewé, vendredi, lors de l'émission &quot;Nightline&quot; de ABC, il a précisé que le plan baptisé &quot;Balboa&quot; implique &quot;porte-avions et avions de chasse&quot;. &quot;Ils ont tout calculé le nombre de jours de bombardements, le nombre d'avions, de munitions&quot; a-t-il ajouté.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Contexte&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La simulation met en scène quatre pays protagonistes codés par des couleurs, mais si on se place du point de vue politique de Washington, ils sont facilement identifiables. Ces pays sont nommés Bleu, Marron (avec une zone à envahir en noir), Blanc et Cyan (un mélange de bleu-vert).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le pays Bleu (États-Unis) &quot;a prêté appui a Marron (Venezuela), matériel et techniques qualifiées, pour qu'il puisse développer son industrie pétrolifère, car bien que nationalisée, il ne dispose pas de personnel capable de l'exploiter&quot;. Bleu soutient que ce pays nécessite la venue de personnel étranger, notamment de sa région, &quot;afin de maintenir le rythme de la production et l'activité des installations&quot;. Pour justifier une possible intervention dans le pays ennemi, une zone de conflit est placée dans la partie occidentale du pays Marron et le scénario est envisagé où un radical et nationaliste parti du Peuple Libre &quot;propose des actions contre les intérêts du gouvernement légalement construit&quot; et contre les biens et les intérêts du pays Bleu.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Dans la zone noire de Marron, &quot;une force révolutionnaire VFL contrôle pratiquement toute la région avec l'appui des guérilleros de Blanc (Colombie), des secteurs populaires et des forces armées&quot;. Notons que ce sigle VFL n'est pas sans rappeler celui des FBL, les Forces bolivariennes de libération, un petit groupe de rebelles qui opère à la frontière de la Colombie. Enfin, vient l'allusion au FARC et à l'ingérence militaire américaine en Colombie. Le pays Cyan (Panama), lui, est élégamment comparé à une colonie des États-Unis, un pays qui maintient avec Bleu &quot;d'étroites relations aussi bien économiques que commerciales&quot;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Prétexte d'une intervention&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le prétexte à une intervention dans la zone occidentale de Marron prend la forme de la lutte contre le terrorisme. Le plan Balboa avance la théorie que le gouvernement vénézuélien fomente des groupes terroristes contre les États-Unis. &quot;L'affrontement entre les deux partis politiques majoritaires de Marron s'est accru de façon notable. La situation politique a dévié vers une radicalisation du Parti du Peuple Libre. Celui-ci propose des actions contre les intérêts du gouvernement légalement constitué et contre Bleu&quot;. Le texte se poursuit sur une description des activités les plus incroyables de cette VLF contre BLeu.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le déroulement de la guerre&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Naturellement l'intervention armée est sous couvert de L'ONU. L'intervention contre Marron interviendrait sous le mandat d'une supposée résolution 1580 du Conseil de sécurité. &quot;Devant cette situation, le Conseil de sécurité des Nations unis, par sa résolution 1580, a autorisé la création d'une force alliée commune (...) Il autorise, alors, sans condition, les actions aériennes nécessaires contre le pouvoir et le potentiel aérien des VLF&quot;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Blanc s'est déclaré neutre dans le conflit, craignant que celui-ci s'étende à l'intérieur de ses frontières, mais il offre aux forces alliées l'utilisation de son térritoire et de ses bases aériennes, Cartagène, Soledad et Simon Bolivar au cas où elles seraient nécessaires pour les opérations&quot;. Cyan offre sa base de Howard dans le cadre des accords militaires de défense.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les acteurs de Bleu et de la force alliée &quot;respecteront les moyens de production importants de la zone contrôlée par les VLF&quot;. Une allusion claire qu'ils prendront soin de ne pas endommager les puits de pétrole de Zulia au Venezuela, dans la zone noire. C'est certainement celui-ci le véritable objectif du Plan Balboa, outre celui dans finir avec la Révolution, le contrôle du pétrole.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le plan inclu aussi un grand nombre de détails techniques, de règles bélliqueuses, de descriptions des forces alliés et des ennemis. Comment tant d'informations classées ont-elles pu transparaître&amp;nbsp;? Chavez, lui, a d'ores et déjà annoncé un &quot;contre-plan Balboa&quot;. &quot;Cela signifie que si le gouvernement des États-Unis tente imprudemment de nous attaquer, il sera embarqué dans une guerre de 100 ans. Nous sommes prêts&quot;, a-t-il déclaré.&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td class=&quot;txtpetit&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td class=&quot;txtnormal&quot; background=&quot;img/fond_tri.gif&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td class=&quot;txtnormal&quot; align=&quot;right&quot;&gt;&lt;img height=&quot;7&quot; src=&quot;http://www.blogspirit.com/admin/blog/img/haut.gif&quot; width=&quot;5&quot; /&gt;&amp;nbsp;&lt;a class=&quot;liengris&quot; href=&quot;#top&quot;&gt;Haut&lt;/a&gt;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/tbody&gt; &lt;/table&gt; &lt;!-- #EndEditable --&gt;&lt;/td&gt; &lt;td valign=&quot;top&quot; width=&quot;120&quot;&gt; &lt;table class=&quot;txtnormal&quot; cellspacing=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;0&quot; width=&quot;100%&quot; bgcolor=&quot;#CCCCCC&quot; background=&quot;img/fondmenu3.jpg&quot; border=&quot;0&quot;&gt; &lt;tbody&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;&lt;img height=&quot;24&quot; src=&quot;http://www.blogspirit.com/admin/blog/img/etvous.gif&quot; 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<title>RSF couvre la CIA contre les révolutions socialistes</title>
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<summary>         Reporters sans Frontières couvre la CIA                 Thierry...</summary>
<content type="html" xml:base="http://revolutionpolitique.blogspirit.com/">
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L’association collecte plus de 2 millions d’euros par an auprès du public français pour venir en aide aux journalistes opprimés dans le monde. En réalité, seulement 7 % du budget général de RSF est affecté à sa mission principale. La véritable activité de l’association, depuis qu’elle a conclu un contrat avec l’officine d’Otto Reich, c’est la lutte contre les régimes progressistes latino-américains (Cuba, Haïti, Venezuela).&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td class=&quot;txtnormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td class=&quot;txtnormal&quot;&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Lors des procès de La Havane, en 2003, Nestor Baguer a publiquement mis en cause Robert Ménard, qu’il a accusé de collusion avec les services secrets états-uniens. Dans la même période, Reporters sans frontières (RSF), dont M. Ménard est le directeur exécutif, a mené campagne contre le gouvernement cubain, qu’il accuse d’emprisonner les journalistes dissidents. Depuis lors, la polémique n’a cessé de s’envenimer jusqu’à ce que la journaliste états-unienne Diana Barahona, du Northern California Media Guild, franchisse un pas de plus en accusant Reporters sans frontières d’être financé par la NED/CIA et d’écrire ses rapports sous l’influence de l’administration Bush.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Nous avons relayé cette controverse sur notre site espagnol, Red Voltaire, et nous regrettons de l’avoir fait sans nuances. En effet, l’enquête de notre correspondant canadien, Jean-Guy Allard, et les vérifications de notre bureau français montrent que le financement direct de RSF par la NED/CIA est anecdotique et récent, de sorte qu’il n’a pas pu avoir d’influence sur son activité. Nous présentons donc nos excuses à Reporters sans frontières. Nous regrettons d’autant plus cette erreur qu’elle masque des faits fort surprenants.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Initialement conçue pour envoyer des reporters témoigner de l’action d’ONG humanitaires, Reporters sans frontières a évolué pour devenir une organisation internationale de soutien aux journalistes réprimés. L’association a été reconnue d’utilité publique par décret du Premier ministre Alain Juppé, le 19 septembre 1995. Ce statut lui a donné un accès plus facile aux financements publics qui représentent, dans les derniers comptes publiés [1] 778 000 euros. Ils proviennent des services du Premier ministre français, du ministère français des Affaires étrangères, de l’Agence intergouvernementale de la francophonie, de la Commission européenne, de l’OSCE et de l’UNESCO. RSF peut aussi compter sur le mécénat privé (FNAC, CFAO, Hewlett Packard, Fondation Hachette, Fondation EDF etc.) pour environ 285 000 euros. Toutefois, l’essentiel du budget provient de la générosité du public, notamment lors de la vente de l’album annuel pour la liberté de la presse et d’opérations spéciales, soit 2 125 000 euros sur un budget total de 3 474 122 euros.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Or, l’activité concrète de Reporters sans frontières est très éloignée de ce que les donateurs croient financer. Le fonds d’assistance aux journalistes opprimés, c’est-à-dire le paiement des honoraires des avocats des journalistes emprisonnés, le soutien matériel à leurs familles, le développement des Maisons des journalistes, tout cela qui représente le cour de l’activité officielle de l’association et la raison de la générosité du public ne reçoit que. 7 % du budget général ! Vous avez bien lu : pour 1 euro donné pour les journalistes opprimés, seuls 7 centimes arrivent à destination.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Où passe donc le reste ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La véritable activité de Reporters sans frontières est de conduire des campagnes politiques contre des cibles déterminées. Elles seraient légitimes si, comme la Fondation Soros [2] , elle n’instrumentalisaient pas la liberté de la presse au point de l’évoquer pour justifier des violations graves du droit international. À titre d’exemple, RSF s’est félicité de l’enlèvement du président constitutionnel d’Haïti par les Forces spéciales états-uniennes appuyées par une logistique française [3], au motif que Jean-Bertrand Aristide aurait été un « prédateur de la liberté de la presse » ; un qualificatif étayé par une vision tronquée des évènements qui visait à faire passer le président haïtien pour le commanditaire de meurtres de journalistes. Force est d’observer que, ce faisant, Reporters sans frontières soutenait médiatiquement une opération dans laquelle le gouvernement français s’était fourvoyée, alors que ce même gouvernement français subventionnait l’association.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le caractère idéologique des campagnes de Reporters sans frontières tourne parfois au ridicule. Ainsi, l’association s’est-elle indignée du projet de loi vénézuélien visant à soumettre les médias au droit général, mais elle ne s’est pas préoccupée du rôle du magnat de l’audiovisuel Gustavo Cisneros et de ses chaînes de télévision dans la tentative de coup d’État militaire pour renverser le président constitutionnel Hugo Chavez [4].&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; C’est en définitive à propos de Cuba que la polémique s’est cristalisée, tant il est vrai que RSF a fait de la dénonciation du régime castriste l’axe principal de ses campagnes. Selon l’association, les 21 journalistes emprisonnés dans l’île auraient été accusés abusivement d’espionnage au profit des États-Unis et seraient en réalité victimes de la répression gouvernementale. Pour lutter contre ce gouvernement, RSF a organisé diverses manifestations, dont une qui a mal tourné, le 14 avril 2003 devant l’ambassade de Cuba à Paris. Dans son enthousiasme, l’association a également troublé la session de la Commission des droits de l’homme, au siège de l’ONU à Genève. Ses militants avaient pris à partie la présidence libyenne de la Commission et molesté des diplomates. En conséquence, Reporters sans frontières a été suspendu pour un an de son statut d’observateur au Conseil économique et social (Ecosoc) de l’ONU. Robert Ménard n’a pas manqué de stigmatiser les dérives de cette commission, selon lui aux mains des spécialistes des violations des droits de l’homme. Pourtant, les sanctions à l’encontre de RSF ont été votées par des États parfaitement démocratiques comme l’Afrique du Sud, le Brésil ou le Bénin.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Interrogé par téléphone, Robert Ménard récuse les allégations selon lesquelles RSF aurait été acheté par l’argent de la NED/CIA [5] pour mener campagne contre Cuba. Il explique que l’association a demandé une subvention à l’Agence états-unienne pour venir en aide aux journalistes opprimés en Afrique et qu’elle a en définitive reçu seulement 40 000 dollars à la mi-janvier 2005. Dont acte.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Poursuivant la discussion, M. Ménard récuse également les accusations de notre collaborateur Jean-Guy Allard, par ailleurs journaliste à l’agence nationale Granma Internacional. Dans son ouvrage, Le Dossier Robert Ménard. Pourquoi Reporters sans frontières s’acharne sur Cuba, celui-ci relate les liens personnels étroits que le directeur exécutif de l’association entretient avec les milieux d’extrême droite anticastriste à Miami, notamment avec Nancy Pérez Crespo. Haussant la voix, il nous accuse de projeter des présupposés idéologiques sur les choses, alors que lui et son association s’astreindraient à la plus grande neutralité. Puis, il nous accuse d’accorder du crédit à de la « propagande communiste » (sic).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Vérification faite, Robert Ménard fréquente bien l’extrême droite de Miami et RSF est bien financé par le lobby anticastriste pour mener campagne contre Cuba. En 2002, Reporters sans frontières a signé un contrat, dont les termes ne sont pas connus, avec le Center for a Free Cuba, à l’issue duquel il a reçu une première subvention de 24 970 euros. Celle-ci a été augmentée à 59 201 euros pour 2003. Le montant 2004 n’est pas connu.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le Center for a Free Cuba est une organisation créée pour renverser la révolution cubaine et restaurer le régime de Battista [6]. Elle est présidée par le patron des Rhums Bacardi, dirigée par l’ancien terroriste Frank Calzon, et articulée à une officine de la CIA, la Freedom House [7].&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le contrat signé avec le Center for a Free Cuba a été négocié en 2001 avec le responsable de l’époque de cette organisation : Otto Reich, le champion de la contre-révolution dans toute l’Amérique latine [8]. Le même Otto Reich, devenu secrétaire d’État adjoint pour l’hémisphère occidental, fut l’organisateur du coup d’État manqué contre le président élu Hugo Chavez ; puis, devenu émissaire spécial du président Bush, il supervisa l’opération d’enlèvement du président Jean-Bertrand Aristide.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; RSF, c’est 7 % de soutien aux journalistes opprimés et 93 % de propagande impériale états-unienne.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/tbody&gt; &lt;/table&gt;
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<title>Cheney vice-président enrichit Cheney l'actionnaire</title>
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<updated>2005-12-20T02:00:00+01:00</updated>
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<summary>        &amp;nbsp;        Dick Cheney, profiteur de guerre                 Tom...</summary>
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En outre, le rapport PNSA insistait particulièrement sur la « nécessité » d’un attentat terroriste majeur, à la 11 septembre, contre les États-Unis, afin d’enclencher le programme prévu dans ce même PNSA !&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td class=&quot;txtnormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td class=&quot;txtnormal&quot;&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;http://www.opednews.com/articles/opedne_tom_turn_051118_dick_cheney_3a_war_pro.htm&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il reste des questions concernant le rôle du vice-président Cheney dans l’enquête en cours actuellement et le scandale qui éclabousse la Maison-Blanche. Le chef de cabinet et homme de confiance de Cheney, Lewis « Scooter » Libby, a été accusé de parjuré et d’obstruction à la justice. Examinons quelques-unes des stimulations qui ont poussé Cheney à vendre la guerre à notre pays.&lt;br /&gt; Cheney a poursuivi une carrière politique et dans le privé dans l’intention d’acquérir fortune et puissance. Il est l’incarnation même du profiteur de guerre qui, à deux reprises, au cours d’une carrière qui a servi sa quête infatigable du pouvoir et de l’argent, s’est faufilé par la porte tournante reliant les secteurs publics et privés de l’establishment de la défense.&lt;br /&gt; En tant que secrétaire à la Défense, M. Cheney a commandé à Brown &amp;amp; Root Services (aujourd’hui, Kellogg, Brown &amp;amp; Root), une filiale à part entière de Halliburton, une étude destinée au département américain de la Défense. L’étude recommandait que des firmes privées comme Halliburton reprennent les programmes de soutien logistique des opérations militaires américaines dans le monde. Cheney était secrétaire à la Défense depuis deux ans exactement qu’il franchissait la porte tournante reliant le département de la Défense aux entrepreneurs en armements et il devenait du coup PDG de Halliburton. Cette société fut la principale bénéficiaire des efforts de Cheney en vue de privatiser le soutien logistique de notre armée et Cheney toucha 44 millions de dollars pour avoir travaillé cinq ans avec Halliburton, après quoi il repassa par la porte tournante des profits de guerre pour devenir vice-président des États-Unis. Quand on lui demanda combien il avait reçu de Halliburton, Cheney répondit : « Je vous dirai que le gouvernement n’avait absolument rien à voir là-dedans. »&lt;br /&gt; L’administration Bush avait distribué en Irak des contrats de reconstruction lucratifs à des sociétés choisies dont les sièges se trouvaient aux États-Unis, y compris Halliburton, et elle avait refusé des contrats à de nombreuses sociétés irakiennes ou étrangères. Pour les conquérants, le signal de la curée fut donné le 11 décembre 2003, lorsque Bush dit : « Les contribuables comprennent pourquoi il est logique que ce sont les pays qui risquent leur vie qui bénéficieront des contrats en Irak. C’est très simple. Nos gens risquent leur vie, les gens de la coalition amie risquent leur vie et, par conséquent, les contrats vont partir de là. »&lt;br /&gt; La déclaration de Bush est un aveu étonnant du nombre de firmes corrompues qui contrôlent notre politique étrangère. Sous la direction de Cheney, Halliburton surpassa Enron en utilisant des filiales à l’étranger comme filières d’évasion fiscale afin de dissimuler ses bénéfices et de flouer ainsi les contribuables américains. Halliburton se servit également de filiales à l’étranger pour décrocher des contrats sur des services et vendre des équipements interdits à des États voyous comme l’Iran, l’Irak et la Libye. La chose serait illégale si elle était faite directement par Halliburton.&lt;br /&gt; Au dernier recensement, Halliburton avait 58 filiales étrangères dans les paradis fiscaux des Caraïbes. Avec Cheney à sa tête, les paiements d’impôts de Halliburton aux États-Unis sont passés de 302 millions de dollars en 1998 à zéro dollar en 1999, année où la société reçut également un remboursement de 85 millions de dollars de la part du Service interne des revenus.&lt;br /&gt; Durant le temps où Cheney occupa les fonctions de PDG, c’est-à-dire entre 1995 et 2000, Halliburton Products and Services installa une succursale en Iran, laquelle assure environ pour 40 millions de dollars de services dans le pétrole, pour le compte du gouvernement iranien. La correspondante de l’émission 60 Minutes, Lesley Stahl, s’est rendue à la filiale des îles Caïmans et a découvert qu’elle n’avait ni bureaux ni employés. L’adresse Internet était une banque locale avec laquelle la succursale en question est enregistrée. Sur place, Stahl a rencontré le directeur de la banque qui l’a informée que tout courrier adressé à la filiale est forwardé vers le quartier général de Halliburton à Houston, Texas. Halliburton avait créé cette succursale afin de pouvoir faire des affaires illégales avec un État voyou et d’échapper aux impôts et taxes frappant ces activités.&lt;br /&gt; Alors que l’Iran souhaite la destruction d’Israël et est accusé par l’administration Bush d’héberger et d’aider les agents d’al-Qaïda, la compagnie de Cheney fait des affaires avec ce même pays via une filiale et contourne ses obligations d’impôts envers les États-Unis.&lt;br /&gt; Halliburton a été plus étroitement associé à l’invasion de l’Irak que toute autre société. Avant le début de la guerre contre l’Irak, la firme occupait le 19e rang dans la liste des firmes sous contrat avec l’armée américaine. En 2003, elle faisait un bond vers la 1ère place et décrochait 4,2 milliards de dollars de contrats de la part du gouvernement américain. Cheney déclara : « J’ai rompu tous mes liens avec cette société et je me suis débarrassé de tous mes intérêts financiers. »&lt;br /&gt; Le sénateur démocrate du New Jersey, Frank Lautenberg, a affirmé récemment que le stock d’options de Cheney, qui valait 241.498 dollars voici un an, était aujourd’hui estimé à plus de 8 millions de dollars – soit une hausse de 3.281 % ! Cheney a promis de verser tous les bénéfices à des associations caritatives. Toutefois, il continue à recevoir un salaire différé de la société. Il a touché 205.298 dollars en 2001, 162.392 dollars en 2002, 178.437 dollars en 2003 et 194.852 dollars en 2004.&lt;br /&gt; Le Service d’étude du Congrès a conclu que détenir un stock d’options tout en occupant une fonction élue constituait un « intérêt financier », que le détenteur de ces options fasse don ou pas de ses bénéfices à des organisations caritatives, et que les compensations différées constituaient, elles aussi, un intérêt financier.&lt;br /&gt; Tout en exigeant de Cheney qu’il rompe ses liens financiers avec Halliburton, Lautenberg fait remarquer que la société a déjà palpé pour plus de 10 milliards de dollars de contrat de reconstruction en Irak et qu’elle a également décroché quelques-uns des premiers contrats relatifs à Katrina. La compagnie a été critiquée par les vérificateurs des comptes pour ses opérations au cours de contacts hors-offres en Irak, et il y a eu de nombreuses suspicions de surfacturation pour des services. Les vérificateurs ont découvert que la compagnie avait gonflé les prix des repas destinés aux troupes et qu’elle avait fait de même avec les prix du gaz dans une transaction avec un fournisseur koweïtien. C’est également Halliburton qui a construit la prison américaine de la baie de Guantanamo. Lautenberg a déclaré : « Il n’est pas normal que le vice-président continue à des bénéfices de cette société dans le même temps que l’administration transfère des milliards de dollars vers cette dernière. »&lt;br /&gt; Les profits de guerre de Cheney requièrent donc réparation et justice.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/tbody&gt; &lt;/table&gt;
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<title>Guerre en Irak : le pétrole comme seul motif</title>
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<updated>2005-12-17T02:50:00+01:00</updated>
<published>2005-12-17T02:50:00+01:00</published>
<summary>         Le pillage du pétrole est prêt                 Comaguer     &amp;nbsp;...</summary>
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&lt;table cellspacing=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;0&quot; width=&quot;95%&quot; align=&quot;center&quot; border=&quot;0&quot;&gt; &lt;tbody&gt; &lt;tr&gt; &lt;td class=&quot;titreinvites&quot;&gt;&lt;b&gt;Le pillage du pétrole est prêt&lt;/b&gt;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/tbody&gt; &lt;/table&gt; &lt;table cellspacing=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;0&quot; width=&quot;95%&quot; align=&quot;center&quot; border=&quot;0&quot;&gt; &lt;tbody&gt; &lt;tr&gt; &lt;td&gt;&lt;span class=&quot;auteur&quot;&gt;Comaguer&lt;/span&gt;&lt;/td&gt; &lt;td align=&quot;right&quot;&gt;&lt;img height=&quot;5&quot; src=&quot;http://www.blogspirit.com/admin/blog/img/puce2.gif&quot; width=&quot;5&quot; /&gt;&amp;nbsp;&lt;a class=&quot;liengrisssoul&quot; href=&quot;http://www.blogspirit.com/admin/blog/#&quot; onclick=&quot;openwin('envoi_ami.php?dateaccess=2005-12-12 12:54:43&amp;amp;log=invites','scrollbars=no,resizable=no,width=380,height=200')&quot;&gt;Envoyer à un(e) ami(e)&lt;/a&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;img height=&quot;5&quot; src=&quot;http://www.blogspirit.com/admin/blog/img/puce2.gif&quot; width=&quot;5&quot; /&gt;&amp;nbsp;&lt;a class=&quot;liengrisssoul&quot; href=&quot;http://www.blogspirit.com/admin/blog/imprimarticles.php?dateaccess=2005-12-12%2012:54:43&amp;amp;log=invites&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Imprimer&lt;/a&gt;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/tbody&gt; &lt;/table&gt; &lt;table cellspacing=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;0&quot; width=&quot;95%&quot; align=&quot;center&quot; border=&quot;0&quot;&gt; &lt;tbody&gt; &lt;tr&gt; &lt;td class=&quot;txtnormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td class=&quot;intro&quot;&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;S’il existait encore le moindre doute sur la motivation pétrolière dans l’invasion et l’occupation de l’Irak, l’étude publiée récemment par plusieurs associations britanniques et étasuniennes PLATFORM, INSTITUTE FOR POLICY STUDIES, WAR ON WANT, GLOBAL POLICY FORUM, OIL CHANGE INTERNATIONAL, NEW ECONOMIC FOUNDATION : sous le titre : « CRUDE DESIGNS : THE RIP-OFF OF IRAK’S OIL WEALTH », téléchargeable sur le net en anglais et en arabe, le lèverait définitivement.&lt;br /&gt; Ce document a été présenté par un de ses auteurs, GREG MUTTIT, le 26 mai 2005 à une réunion du syndicat des employés du pétrole à BASRAH.&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td class=&quot;txtnormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td class=&quot;txtnormal&quot;&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Nul besoin d’attentats du 11 septembre, nul besoin d’armes de destruction massive, nul besoin de démocratie à construire, le destin de SADDAM HUSSEIN et de son régime étaient scellés dès l’instant où le chef d’orchestre du grand pillage, DICK CHENEY accédait à la Vice-présidence.&lt;br /&gt; Le contexte pétrolier :&lt;br /&gt; L’exploitation du pétrole irakien commence après la première guerre mondiale et elle est confiée, par la monarchie mise en place par la Grande-Bretagne, à une société internationale créée pour les besoins de la cause. Cette société : l’IRAK PETROLEUM COMPANY, fabriquée sur mesure par les gouvernements britanniques et français rassemble l’anglo-néerlandais SHELL, la future BP britannique, et la COMPAGNIE FRANCAISE DES PETROLES, future TOTAL. Les Etats-Unis qui, à l’époque, sont largement autosuffisants en pétrole forceront quand même la porte et un groupement de pétroliers US deviendra le quatrième larron actionnaire.&lt;br /&gt; Le pétrole irakien est abondant, facile à extraire, donc très bon marché et comme le prix international se fixe à un niveau permettant aux producteurs des Etats-Unis qui ont des coûts de production plus élevés, posséder et exploiter un champ de pétrole en Irak garantit de plantureuses marges bénéficiaires. Après le coût d’état militaire du 14 Juillet 1958 qui renverse la monarchie, les nouveaux dirigeants irakiens voudront reprendre le contrôle de cette richesse. Après avoir éliminé ses rivaux, SADDAM HUSSEIN et le parti BAAS mèneront à bien cette tâche en nationalisant le pétrole en 1972. Parallèlement le régime consacrera tous les moyens nécessaires à la formation d’un personnel national capable à tous les niveaux d’assurer le bon fonctionnement et le développement de l’industrie pétrolière nationale.&lt;br /&gt; Aussi, le jour même de l’arrivée de l’armée d’invasion US à Bagdad en mars 2003, le premier soin de l’envahisseur sera de prendre le contrôle du Ministère du pétrole et de s’approprier toute la documentation et l’information qu’il recèle. Ayant un mandat très précis, l’armée d’invasion laissera piller sans sourciller les autres ministères- tout comme les musées – mais celui du pétrole deviendra une forteresse imprenable et ses trésors ne tomberont pas entre « de mauvaises mains ».&lt;br /&gt; Au nombre de ces trésors, les résultats des recherches géologiques, des forages effectués sur tout le territoire irakien constituent un véritable inventaire du potentiel pétrolier du pays. Potentiel énorme quand on sait que sur 80 champs pétroliers identifiés, seuls 17 étaient en exploitation avant l’invasion.&lt;br /&gt; Il est donc possible de mettre en exploitation 63 nouveaux gisements et de hisser l’Irak à la première place des producteurs mondiaux.&lt;br /&gt; Les compagnies pétrolières qui n’ignorent pas cette réalité ne dédaignent pas dans le même temps de semer l’inquiétude en parlant d’absence de nouveaux grands gisements dans le monde, d’une demande croissante bientôt impossible à satisfaire, des énormes appétits de la Chine et de l’Inde etç, etç..., discours connu qui a l’immense et immédiat avantage de faire monter les prix et les bénéfices.&lt;br /&gt; La question qui se pose à la Maison Blanche, comme dans les états-majors des multinationales pétrolières, est donc de savoir qui va mettre la main sur la manne irakienne. Elle ne se pose d’ailleurs plus guère dans un pays gouverné par un pouvoir fantoche et occupé par une armée de plus de 200 000 hommes (militaires et mercenaires de tous poils) et les solutions mises au point dans la discrétion, avant d’être validées par le nouveau gouvernement irakien (qui sortira les 15 décembre des urnes comme un lapin d’un chapeau de magicien) sont très bien décrites dans le rapport.&lt;br /&gt; La stratégie consiste à donner l’illusion que l’Irak n’est pas spolié et en même temps de s’assurer qu’aucun gouvernement irakien pour les décennies à venir ne pourra mette la main sur ce pactole. Une première mesure consiste à laisser la propriété et l’exploitation des 17 champs actuels aux nouveaux gouvernements régionaux institués par la nouvelle constitution. En pratique le pétrole de la zone Nord sera exploité par une société contrôlée par le gouvernement régional, gouvernement à dominante ou exclusivement kurde, et le pétrole de la zone Sud à une société contrôlée par le gouvernement à dominante chiite de cette région. La région du centre, autour de Bagdad, n’aura rien et les divisions ethnico-religieuses soigneusement entretenues par l’occupant et entérinées par la nouvelle constitution rendent très improbable un partage national de la richesse pétrolière existante ( sans oublier que la guerre, les destructions, les sabotages, n’ont pas permis à l’Irak de retrouver les niveaux de production d’avant l’invasion, loin s’en faut) .Est donc ainsi mise en place un formidable outil de sécession économique.&lt;br /&gt; La seconde mesure consiste à mettre en place un nouveau dispositif pour l’exploitation des 63 gisements nouveaux. Ce dispositif existe, est bien connu de l’industrie pétrolière internationale qui l’utilise en général pur l’exploitation de petits gisements dans des régions difficiles et dans des pays où le pouvoir politique central est trop faible et trop pauvre pour imposer autre chose que l’obtention d’un modeste bakchich. Il est souvent pratiqué par des « outsiders », sociétés pétrolières petites ou moyennes qui tentent leurs chances dans des zones à risque où les grandes hésitent à se lancer. Il est connu dans le monde pétrolier sous le nom de PRODUCTION SHARING AGREEMENT (PSA) *. Il s’agit d’un accord passé entre l’Etat, propriétaire du sous-sol et de ses ressources, et une société étrangère spécialisée à qui il confie pour des périodes longues (de 25 à 50 ans) l’exclusivité de l’activité productive et de ses revenus. Cette société de gérance investit, embauche, extraie, transporte, vend. Elle fait apparaître les réserves pétrolières qu’elle découvre dans son bilan alors qu’elle n’en est pas propriétaire mais ça fait monter le cours de ses actions en bourse. Elle fonctionne dans un cadre fixé pour toute la durée du contrat et intangible. Il est en effet stipulé que si jamais l’Etat venait à modifier des règles qui pénaliseraient le gérant, il en supporterait le coût. Exemple : si dix ans après la signature du PSA, l’Etat prend des mesures de protection de l’environnement qui entraînent des dépenses nouvelles pour le gérant, il doit compenser financièrement cette mesure nouvelle et rembourser au gérant les dépenses anti-pollution ainsi occasionnées ! Le fameux principe pollueur-payeur passe à la trappe ! Même chose en matière de nouveaux droits sociaux !&lt;br /&gt; Ce type de disposition existait dans le défunt AMI (Accord Multilatéral pour l’investissement) et fait partie des exigences de base des grands prédateurs multinationaux qui créent ainsi l’insécurité permanente dans les revenus des travailleurs et des Etats mais veulent la sécurité des gains du Capital.&lt;br /&gt; Dans un PSA, le gérant fait ce qu’il veut, sans aucune référence à une politique nationale de gestion raisonnée des ressources naturelles, sans référence à une politique des prix sur le marché mondial. Il achète la complicité de l’Etat propriétaire en lui versant une partie des bénéfices. Ceci peut paraître alléchant pour des dirigeants nationaux totalement soumis ou impuissants : aucun souci d’entrepreneur, aucune responsabilité et de l’argent qui tombe régulièrement. Mais il s’agit d’une façade trompeuse. Le gérant sera filiale d’un grand groupe multinational, il pourra assez facilement et artificiellement alourdir ses charges – en achetant très cher du matériel à des fournisseurs étrangers – et réduire ses recettes en facturant son pétrole très peu cher à sa maison mère laquelle empochera le gros de la marge bénéficiaire dans son pays d’origine ou dans un quelconque paradis fiscal. L’illusion d’une gestion nationale de la richesse pétrolière est totale. Il suffira de payer grassement quelques comparses irakiens mis à la tête de la Société d’Etat qui signera le PSA et le tour sera joué.&lt;br /&gt; Conséquence indirecte mais certaine de cette perte de contrôle national : l’affaiblissement de l’OPEP. En effet, si les deux sociétés nationales en voie de création pour l’exploitation des gisements irakiens actuels peuvent adopter une attitude de défense collective des intérêts des pays producteurs, les gérants des PSA qui exploiteront les nouveaux gisements ne seront pas liés au cartel des pays producteurs. Ils produiront, vendront, feront des bénéfices à leur guise et dans leur seul intérêt. L’Irak pourra continuer à faire partie de l’OPEP, ce qui pourra peut-être satisfaire un orgueil national à courte vue, mais n’y pèsera en réalité d’aucun poids.&lt;br /&gt; Les auteurs de l’étude ont cherché à chiffrer les conséquences financières de ces nouveaux contrats en comparant, pour un volume donné de pétrole extrait et vendu la recette d’une véritable compagnie pétrolière nationale vendant sur le marché international un pétrole au coût d’extraction très faible aux bénéfices reversés par le ou les gérants. Les résultats sont édifiants : la perte pour l’Etat irakien s’établit entre 60 et 150 milliards de dollars. Voilà le hold-up qui est en cours de préparation dans les coulisses et qui sera, à n’en pas douter, cautionné par le nouveau gouvernement irakien aux ordres. Un premier « couac » vient d’ailleurs de se produire, le gouvernement de la région Nord ayant déjà signé sans en avertir Bagdad, un PSA avec la société pétrolière norvégienne DNO qui vient de commencer à forer.&lt;br /&gt; Ultime manifestation du cynisme et de l’impudence néocoloniale orchestrée par Washington et Londres : les PSA seront « vendus » à l’opinion publique irakienne et internationale en expliquant que face aux énormes charges de reconstruction du pays – en ne précisant pas qu’il a été dévasté par une guerre (du Golfe), une décennie d’embargo, des bombardements réguliers et l’état de guerre qui se poursuit- le gouvernement irakien doit donner la priorité à cette immense tâche à ses obligations en matière de santé, d’éducation ....et délègue à des professionnels riches et avertis le soin d’exploiter le pétrole.&lt;br /&gt; Non seulement les agresseurs n’envisagent pas un instant des réparations pour les immenses dommages des guerres qu’ils ont conduites, mais en plus ils mettent la main sur la seule ressource qui aurait permis de faire face aux immenses besoins du pays. Le gouvernement irakien en sera réduit à vivre de mendicité auprès des institutions financières internationales et des myriades d’ONG qui viendront lui faire la charité de leur présence « humanitaire ».&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; *Quelques exemples de PSA&lt;br /&gt; - les premiers contrats de ce type furent signés avec l’Indonésie à partir de 1965 c'est-à-dire après le renversement de SOEKARNO et l’élimination physique – de 500 000 à 1 million de morts – du parti communiste indonésien et de tous ses sympathisants réels ou supposés.&lt;br /&gt; - Au Timor Oriental après l’indépendance de ce petit pays très pauvre et saigné par sa guerre d’indépendance contre l’Indonésie,&lt;br /&gt; - dans l’est du Congo (RDC) dans les régions où l’Etat congolais est quasiment absent, en Tanzanie&lt;br /&gt; - En 1994, ELTSINE, qui fut décidément un serviteur dévoué des intérêts occidentaux, fit voter par la Douma une loi autorisant les PSA en Russie. Le gouvernement russe, soucieux de redevenir maître chez lui, refuse désormais de l’appliquer. Une évolution analogue est en cours au Kazakhstan et en Azerbaïdjan dont les dirigeants avaient, eux aussi, cédé aux sirènes pétrolières occidentales jusqu’à la fin des années 90. Qu’importe : les pétroliers se rabattent sur l’Ukraine à qui ils laissent espérer des découvertes somptueuses et lui assurant une moindre dépendance par rapport au pétrole russe&lt;br /&gt; - plus récemment en Syrie, en Jordanie et au Soudan.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/tbody&gt; &lt;/table&gt;
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<title>Al-Jazeera : une cible pour les Etats-Unis</title>
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<updated>2005-12-15T04:50:00+01:00</updated>
<published>2005-12-15T04:50:00+01:00</published>
<summary>          Le 4 avril 2003, je me trouvais sur la terrasse des bureaux...</summary>
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&lt;table cellspacing=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;0&quot; width=&quot;95%&quot; align=&quot;center&quot; border=&quot;0&quot;&gt; &lt;tbody&gt; &lt;tr&gt; &lt;td class=&quot;intro&quot;&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Le 4 avril 2003, je me trouvais sur la terrasse des bureaux d’Al-Jazeera, à Bagdad. L’horizon était un chaos hallucinant de fumées de pétrole et d’immeubles en flammes. Dans un parc public, proche de notre immeuble, un poste de DCA sulfatait le ciel d’obus anti-aériens, tandis que les hurlements des réacteurs des avions de guerre américains résonnaient au-dessus de l’immense métropole. Je m’apprêtais à débuter un interview à deux canaux avec le siège d’Al-Jazeera au Qatar quand un missile américain passa derrière moi, en suivant le cours du Tigre. Le sifflement de ses ailettes tira un cri du technicien qatari, qui avait perçu ce bruit, dans ses écouteurs, à des centaines de kilomètres de là…&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td class=&quot;txtnormal&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;tr&gt; &lt;td class=&quot;txtnormal&quot;&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;« C’est quoi, ce truc ? C’est bien ce que j’ai pensé que c’était ? » demanda-t-il. « J’en ai bien peur… », lui répondis-je, tandis que le missile de croisière peint en blanc se faufilait sous un des ponts sur le Tigre, puis disparaissait à ma vue, vers l’amont… Ayant terminé mon « reportage d’extérieur » - la télévision requiert des scènes de Bagdad vu des toits, encore aujourd’hui, alors que la plupart des journalistes sont confinés dans leurs bureaux et leurs hôtels et protégés par des escouades de mercenaires pris en location – je redescendis à la salle de rédaction d’Al-Jazeera, où le chef, Târiq ‘Ayyûb, un Palestinien de Jordanie, tentait tant bien que mal de rédiger son prochain reportage. Je lui ai dit : « Vous avez le bureau de télévision le plus dangereux de toute l’histoire mondiale ! »&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je lui fis remarquer quelle cible facile son bureau de Bagdad ferait, si les Américains décidaient un jour de détruire sa couverture – diffusée et suivie dans l’ensemble du monde arabe – des victimes civiles des bombardements anglo-américains. « T’en fais pas, Ro-Ro », me répondit Târiq. « Nous avons signalé la localisation précise de notre bureau aux Ricains: nous ne serons donc pas touchés ». Trois jour après, Târiq se faisait tuer.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Et il est de fait qu’Al-Jazeera avait communiqué les coordonnées topographiques de ses bureaux au Pentagone. L’officier des relations publiques du département d’Etat au Qatar – un Américain d’origine libanaise, Nabîl Khûrî – était même venu tout exprès rencontrer la direction de la station, le 6 avril, pour lui assurer que les bureaux de la chaîne à Bagdad seraient épargnés. Mais, le 7 avril, à 7 h 45, tandis que Târiq ‘Ayyûb parlait à la caméra, depuis l’endroit même, sur la terrasse où je m’étais moi-même trouvé, un jet américain traversa le Tigre et vint balancer un missile sur l’immeuble d’Al-Jazzera. L’explosion tua Târiq sur le coup. Ce n’était pas une bavure. « L’avion était tellement bas que nous avons pensé, un moment, qu’il allait atterrir sur le toit de l’immeuble », m’a raconté Taysîr ‘Allûnî, un collègue de Târiq, peu après le drame.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Et Taysîr sait de quoi il parle : il était correspondant d’Al-Jazeera à Kaboul, en 2001, quand un missile de croisière a dévasté son bureau ( heureusement vide). Al-Jazeera avait diffusé les menaces et les sermons de Ben Laden, depuis l’Afghanistan, et personne n’a douté, à l’époque, du fait que l’attaque – dont les Américains ont prétendu qu’il s’agissait d’une « erreur » – avait été délibérée. Après l’assassinat de Târiq ‘Ayyûb, à Bagdad, en 2003, la lettre d’explication, dénuée d’âme, du Pentagone exprimait ses regrets pour la mort d’’Ayyûb, mais ne se fendait même pas d’une tentative d’explication des raisons de cette attaque. Pourquoi l’aurait-elle fait ? Après tout, le même jour, un tank Abrams M-1 A-1 américain avait bien tiré un obus en plein dans l’Hôtel Palestine, tuant trois journalistes supplémentaires, non ?... « Des tirs d’armes légères », prétendirent les Américains, seraient « partis de cet immeuble ». Un mensonge éhonté de plus...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais cela ne me surprit pas. Déjà, à Belgrade, en 1998, j’avais vu les Américains bombarder le siège de la télévision serbe, un acte qui, comme je l’écrivis le lendemain matin, revenait, pour l’Otan, à frapper des cibles simplement pour des mots que des hommes et des femmes avaient prononcés – et non en raison des agissements dont ils se seraient rendus coupables. Quel précédent cela allait-il poser pour l’avenir ? J’aurais dû m’en douter…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Aussi, y avait-il quelque chose d’étonnant à ce que George Bush désire bombarder le siège d’Al-Jazeera, en 2004 ? Le fait que Lord Blair de Kut-al-Amara – l’homme supposé avoir dissuadé le président américain de perpétrer sa dernière insanité du moment – se permette aujourd’hui de menacer la presse britannique, en vertu de l’Acte sur les secrets d’Etat, de peur qu’elle ne révèle tout le scandale, voilà qui est tout à fait assorti à l’arrogance du pouvoir, que nous associons désormais à l’alliance Bush-Blair. Les ministres britanniques ont servilement répété les bobards de l’Amérique, quand les avions US tuaient des innocents à Bagdad, en 2003, et ils seront tout heureux de couvrir le désir toujours aussi impérieux de Bush de bombarder ses ennemis supposés, aussi innocents puissent-ils être.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Quand Al-Jazeera émit pour la première fois dans l’ensemble du monde arabe, les Américains saluèrent son avènement, dans lequel ils virent un symbole de liberté au milieu des dictatures du Moyen-Orient. Tom Friedman, un éditorialiste visionnaire du New York Times la salua, voyant en elle un phare de liberté – c’est toujours un précédent dangereux, venant de Friedman – tandis que les responsables américains tenaient les émissions de cette chaîne pour preuve que les Arabes aspiraient à la liberté d’expression. Et ce n’était pas entièrement faux. Quand Al-Jazeera diffusait un documentaire brillant, en seize épisodes, sur la guerre civile libanaise – sujet soigneusement évité par les télévisions de Beyrouth – devant chez moi, la Corniche du front de mer, habituellement bondée de monde, se retrouvait soudain déserte.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les Arabes voulaient voir et entendre des vérités qui leur étaient cachés par leurs propres dirigeants.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais quand cette même Al-Jazeera se mit à diffuser les propos de Ben Laden, tout l’enthousiasme de Friedman et du département d’Etat s’envola. En 2003, le vice-secrétaire d’Etat à la Défense Paul Wolfowitz – ce parangon de démocratie, qui demanda pourquoi les généraux turcs « n’avaient pas eu leur mot à dire » après que le parlement turc démocratiquement élu eut refusé aux troupes américaines l’utilisation de leur territoire en vue d’envahir l’Irak – prétendit fallacieusement qu’Al-Jazeera « mettait en danger des vies de nos soldats ». Son patron, Donald Rumsfeld, a proféré quant à lui un bobard encore plus énorme, puisqu’il a prétendu qu’Al-Jazeera coopérait avec les insurgés irakiens. J’ai consacré plusieurs journées à enquêter sur ces allégations : elles se sont révélée totalement fausses. Des enregistrements d’attaques contre les forces américaines étaient remises anonymement aux bureaux de la chaîne télévisée ; ils n’avaient en aucun cas été réalisés par les équipes d’Al-Jazeera elles-mêmes. Mais les dés en étaient jetés. Le gouvernement irakien fraîchement élu fit la démonstration du caractère démocratique dont on le créditait en virant Al-Jazeera du pays – c’est exactement ce que Saddâm avait menacé de faire, au début de la même année.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Bien entendu, Al-Jazeera n’est pas la crème de la crème du journalisme. Ses programmes de débats sont souvent encombrés d’islamistes fanatiques, sa présentation servile des sermons de Ben Laden est rasante au possible, et elle est au demeurant contrebalancée par des interviews de dirigeants occidentaux bien plus effrayants que toutes les questions qu’on pourrait poser aux dirigeants barbus d’Al-Qa’ida. Mais c’est une voix libre, au Moyen-Orient – et c’est précisément pour ça qu’elle a été attaquée, tant à Kaboul qu’à Bagdad. Et il s’en est fallu de peu qu’elle ne soit attaquée, également, en son QG, au Qatar.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Et maintenant, les journalistes britanniques devraient être bâillonnés par Lord Blair de Kut al-Amara, au cas où ils oseraient révéler les dernières horreurs du puits sans fond, obscur et sanglant, où MM. Blair et Bush nous ont précipités ? !..&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/tbody&gt; &lt;/table&gt;
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<title>La vérité sur les Etats-Unis par le prix nobel de litterature 2005</title>
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<updated>2005-12-13T12:51:43+01:00</updated>
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<summary> Le langage politique, tel que l'emploient les hommes politiques, ne...</summary>
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Le langage politique, tel que l'emploient les hommes politiques, ne s'aventure jamais sur ce genre de terrain, puisque la majorité des hommes politiques, à en croire les éléments dont nous disposons, ne s'intéressent pas à la vérité mais au pouvoir et au maintien de ce pouvoir. Pour maintenir ce pouvoir il est essentiel que les gens demeurent dans l'ignorance, qu'ils vivent dans l'ignorance de la vérité, jusqu'à la vérité de leur propre vie. Ce qui nous entoure est donc un vaste tissu de mensonges, dont nous nous nourrissons.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Comme le sait ici tout un chacun, l'argument avancé pour justifier l'invasion de l'Irak était que Saddam Hussein détenait un arsenal extrêmement dangereux d'armes de destruction massive, dont certaines pouvaient être déchargées en 45 minutes, provoquant un effroyable carnage. On nous assurait que c'était vrai. Ce n'était pas vrai. On nous disait que l'Irak entretenait des relations avec Al-Qaida et avait donc sa part de responsabilité dans l'atrocité du 11 septembre 2001 à New York. On nous assurait que c'était vrai. Ce n'était pas vrai. On nous disait que l'Irak menaçait la sécurité du monde. On nous assurait que c'était vrai. Ce n'était pas vrai.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La vérité est totalement différente. La vérité est liée à la façon dont les États-Unis comprennent leur rôle dans le monde et la façon dont ils choisissent de l'incarner.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais avant de revenir au temps présent, j'aimerais considérer l'histoire récente, j'entends par là la politique étrangère des États-Unis depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Je crois qu'il est pour nous impératif de soumettre cette période à un examen rigoureux, quoique limité, forcément, par le temps dont nous disposons ici.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Tout le monde sait ce qui s'est passé en Union soviétique et dans toute l'Europe de l'Est durant l'après-guerre : la brutalité systématique, les atrocités largement répandues, la répression impitoyable de toute pensée indépendante. Tout cela a été pleinement documenté et attesté.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais je soutiens que les crimes commis par les États-Unis durant cette même période n'ont été que superficiellement rapportés, encore moins documentés, encore moins reconnus, encore moins identifiés à des crimes tout court. Je crois que la question doit être abordée et que la vérité a un rapport évident avec l'état actuel du monde. Bien que limitées, dans une certaine mesure, par l'existence de l'Union soviétique, les actions menées dans le monde entier par les États-Unis donnaient clairement à entendre qu'ils avaient décrété avoir carte blanche pour faire ce qu'ils voulaient.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L'invasion directe d'un état souverain n'a jamais été, de fait, la méthode privilégiée de l'Amérique. Dans l'ensemble, elle préférait ce qu'elle a qualifié de &quot;conflit de faible intensité&quot;. &quot;Conflit de faible intensité&quot;, cela veut dire que des milliers de gens meurent, mais plus lentement que si vous lâchiez une bombe sur eux d'un seul coup. Cela veut dire que vous contaminez le cœur du pays, que vous y implantez une tumeur maligne et que vous observez s'étendre la gangrène. Une fois que le peuple a été soumis - ou battu à mort - ça revient au même - et que vos amis, les militaires et les grandes sociétés commerciales, sont confortablement installés au pouvoir, vous allez devant les caméras et vous déclarez que la démocratie l'a emporté. C'était monnaie courante dans la politique étrangère américaine dans les années auxquelles je fais allusion.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La tragédie du Nicaragua s'est avérée être un cas extrêmement révélateur. Si je décide de l'évoquer ici, c'est qu'il illustre de façon convaincante la façon dont l'Amérique envisage son rôle dans le monde, aussi bien à l'époque qu'aujourd'hui.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J'ai assisté à une réunion qui s'est tenue à l'Ambassade des États-Unis à Londres à la fin des années 80.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le Congrès américain était sur le point de décider s'il fallait ou non donner davantage d'argent aux Contras dans la campagne qu'ils menaient contre l'État du Nicaragua. J'étais là en tant que membre d'une délégation parlant au nom du Nicaragua, mais le membre le plus important de cette délégation était un certain Père John Metcalf. Le chef de file du camp américain était Raymond Seitz (alors bras droit de l'ambassadeur, lui-même nommé ambassadeur par la suite). Père Metcalf a dit : &quot;Monsieur, j'ai la charge d'une paroisse au nord du Nicaragua. Mes paroissiens ont construit une école, un centre médico-social, un centre culturel. Nous avons vécu en paix. Il y a quelques mois une force de la Contra a attaqué la paroisse. Ils ont tout détruit : l'école, le centre médico-social, le centre culturel. Ils ont violé les infirmières et les institutrices, massacré les médecins, de la manière la plus brutale. Ils se sont comportés comme des sauvages. Je vous en supplie, exigez du gouvernement américain qu'il retire son soutien à cette odieuse activité terroriste.&quot;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Raymond Seitz avait très bonne réputation, celle d'un homme rationnel, responsable et très bien informé. Il était grandement respecté dans les cercles diplomatiques. Il a écouté, marqué une pause, puis parlé avec une certaine gravité. &quot;Père, dit-il, laissez-moi vous dire une chose. En temps de guerre, les innocents souffrent toujours.&quot; Il y eut un silence glacial. Nous l'avons regardé d'un œil fixe. Il n'a pas bronché.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les innocents, certes, souffrent toujours.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Finalement quelqu'un a dit : &quot;Mais dans le cas qui nous occupe, des 'innocents' ont été les victimes d'une atrocité innommable financée par votre gouvernement, une parmi tant d'autres. Si le Congrès accorde davantage d'argent aux Contras, d'autres atrocités de cette espèce seront perpétrées. N'est-ce pas le cas ? Votre gouvernement n'est-il pas par là même coupable de soutenir des actes meurtriers et destructeurs commis sur les citoyens d'un état souverain ?&quot;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Seitz était imperturbable. &quot;Je ne suis pas d'accord que les faits, tels qu'ils nous ont été exposés, appuient ce que vous affirmez là&quot;, dit-il.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Alors que nous quittions l'ambassade, un conseiller américain m'a dit qu'il aimait beaucoup mes pièces. Je n'ai pas répondu.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je dois vous rappeler qu'à l'époque le président Reagan avait fait la déclaration suivante : &quot;Les Contras sont l'équivalent moral de nos Pères fondateurs.&quot;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les États-Unis ont pendant plus de quarante ans soutenu la dictature brutale de Somoza au Nicaragua. Le peuple nicaraguayen, sous la conduite des Sandinistes, a renversé ce régime en 1979, une révolution populaire et poignante.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les Sandinistes n'étaient pas parfaits. Ils avaient leur part d'arrogance et leur philosophie politique comportait un certain nombre d'éléments contradictoires. Mais ils étaient intelligents, rationnels et civilisés. Leur but était d'instaurer une société stable, digne, et pluraliste. La peine de mort a été abolie. Des centaines de milliers de paysans frappés par la misère ont été ramenés d'entre les morts. Plus de 100 000 familles se sont vues attribuer un droit à la terre. Deux mille écoles ont été construites. Une campagne d'alphabétisation tout à fait remarquable a fait tomber le taux d'analphabétisme dans le pays sous la barre des 15 %. L'éducation gratuite a été instaurée ainsi que la gratuité des services de santé. La mortalité infantile a diminué d'un tiers. La polio a été éradiquée.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les États-Unis accusèrent ces franches réussites d'être de la subversion marxiste-léniniste. Aux yeux du gouvernement américain, le Nicaragua donnait là un dangereux exemple. Si on lui permettait d'établir les normes élémentaires de la justice économique et sociale, si on lui permettait d'élever le niveau des soins médicaux et de l'éducation et d'accéder à une unité sociale et une dignité nationale, les pays voisins se poseraient les mêmes questions et apporteraient les mêmes réponses. Il y avait bien sûr à l'époque, au Salvador, une résistance farouche au statu quo.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J'ai parlé tout à l'heure du &quot;tissu de mensonges&quot; qui nous entoure. Le président Reagan qualifiait couramment le Nicaragua de &quot;donjon totalitaire&quot;. Ce que les médias, et assurément le gouvernement britannique, tenaient généralement pour une observation juste et méritée. Il n'y avait pourtant pas trace d'escadrons de la mort sous le gouvernement sandiniste. Il n'y avait pas trace de tortures. Il n'y avait pas trace de brutalité militaire, systématique ou officielle. Aucun prêtre n'a jamais été assassiné au Nicaragua. Il y avait même trois prêtres dans le gouvernement sandiniste, deux jésuites et un missionnaire de la Société de Maryknoll. Les &quot;donjons totalitaires&quot; se trouvaient en fait tout à côté, au Salvador et au Guatemala. Les États-Unis avaient, en 1954, fait tomber le gouvernement démocratiquement élu du Guatemala et on estime que plus de 200 000 personnes avaient été victimes des dictatures militaires qui s'y étaient succédé.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En 1989, six des plus éminents jésuites du monde ont été violemment abattus à l'Université Centraméricaine de San Salvador par un bataillon du régiment Alcatl entraîné à Fort Benning, Géorgie, USA. L'archevêque Romero, cet homme au courage exemplaire, a été assassiné alors qu'il célébrait la messe. On estime que 75 000 personnes sont mortes. Pourquoi a-t-on tué ces gens-là ? On les a tués parce qu'ils étaient convaincus qu'une vie meilleure était possible et devait advenir. Cette conviction les a immédiatement catalogués comme communistes. Ils sont morts parce qu'ils osaient contester le statu quo, l'horizon infini de pauvreté, de maladies, d'humiliation et d'oppression, le seul droit qu'ils avaient acquis à la naissance.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les États-Unis ont fini par faire tomber le gouvernement sandiniste. Cela leur prit plusieurs années et ils durent faire preuve d'une ténacité considérable, mais une persécution économique acharnée et 30 000 morts ont fini par ébranler le courage des Nicaraguayens. Ils étaient épuisés et de nouveau misérables. L'économie &quot;casino&quot; s'est réinstallée dans le pays. C'en était fini de la santé gratuite et de l'éducation gratuite. Les affaires ont fait un retour en force. La &quot;Démocratie&quot; l'avait emporté.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais cette &quot;politique&quot; ne se limitait en rien à l'Amérique centrale. Elle était menée partout dans le monde. Elle était sans fin. Et c'est comme si ça n'était jamais arrivé.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les États-Unis ont soutenu, et dans bien des cas engendré, toutes les dictatures militaires droitières apparues dans le monde à l'issue de la seconde guerre mondiale. Je veux parler de l'Indonésie, de la Grèce, de l'Uruguay, du Brésil, du Paraguay, d'Haïti, de la Turquie, des Philippines, du Guatemala, du Salvador, et, bien sûr, du Chili. L'horreur que les États-Unis ont infligée au Chili en 1973 ne pourra jamais être expiée et ne pourra jamais être oubliée.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Des centaines de milliers de morts ont eu lieu dans tous ces pays. Ont-elles eu lieu ? Et sont-elles dans tous les cas imputables à la politique étrangère des États-Unis ? La réponse est oui, elles ont eu lieu et elles sont imputables à la politique étrangère américaine. Mais vous n'en savez rien.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ça ne s'est jamais passé. Rien ne s est jamais passé. Même pendant que cela se passait, ça ne se passait pas. Ça n'avait aucune importance. Ça n'avait aucun intérêt. Les crimes commis par les États-Unis ont été systématiques, constants, violents, impitoyables, mais très peu de gens en ont réellement parlé. Rendons cette justice à l'Amérique : elle s'est livrée, partout dans le monde, à une manipulation tout à fait clinique du pouvoir tout en se faisant passer pour une force qui agissait dans l'intérêt du bien universel. Un cas d'hypnose génial, pour ne pas dire spirituel, et terriblement efficace.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les États-Unis, je vous le dis, offrent sans aucun doute le plus grand spectacle du moment. Pays brutal, indifférent, méprisant et sans pitié, peut-être bien, mais c'est aussi un pays très malin. À l'image d'un commis voyageur, il œuvre tout seul et l'article qu'il vend le mieux est l'amour de soi. Succès garanti. Écoutez tous les présidents américains à la télévision prononcer les mots &quot;peuple américain&quot;, comme dans la phrase : &quot;Je dis au peuple américain qu'il est temps de prier et de défendre les droits du peuple américain et je demande au peuple américain de faire confiance à son président pour les actions qu'il s'apprête à mener au nom du peuple américain.&quot;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le stratagème est brillant. Le langage est en fait employé pour tenir la pensée en échec. Les mots &quot;peuple américain&quot; fournissent un coussin franchement voluptueux destiné à vous rassurer. Vous n'avez pas besoin de penser. Vous n'avez qu'à vous allonger sur le coussin. Il se peut que ce coussin étouffe votre intelligence et votre sens critique mais il est très confortable. Ce qui bien sûr ne vaut pas pour les 40 millions de gens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté ni aux 2 millions d'hommes et de femmes incarcérés dans le vaste goulag de prisons qui s'étend d'un bout à l'autre des États-Unis.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les États-Unis ne se préoccupent plus des conflits de faible intensité. Ils ne voient plus l'intérêt qu'il y aurait à faire preuve de réserve, ni même de sournoiserie. Ils jouent cartes sur table, sans distinction. C'est bien simple, ils se fichent éperdument des Nations unies, du droit international ou des voix dissidentes, dont ils pensent qu'ils n'ont aucun pouvoir ni aucune pertinence. Et puis ils ont leur petit agneau bêlant qui les suit partout au bout d'une laisse, la Grande-Bretagne, pathétique et soumise.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Où est donc passée notre sensibilité morale ? En avons-nous jamais eu une ? Que signifient ces mots ? Renvoient-ils à un terme très rarement employé ces temps-ci - la conscience ? Une conscience qui soit non seulement liée à nos propres actes mais qui soit également liée à la part de responsabilité qui est la nôtre dans les actes d'autrui ? Tout cela est-il mort ? Regardez Guantanamo. Des centaines de gens détenus sans chef d'accusation depuis plus de trois ans, sans représentation légale ni procès équitable, théoriquement détenus pour toujours. Cette structure totalement illégitime est maintenue au mépris de la Convention de Genève. Non seulement on la tolère mais c'est à peine si la soi-disant &quot;communauté internationale&quot; en fait le moindre cas. Ce crime scandaleux est commis en ce moment même par un pays qui fait profession d'être &quot;le leader du monde libre&quot;. Est-ce que nous pensons aux locataires de Guantanamo ? Qu'en disent les médias ? Ils se réveillent de temps en temps pour nous pondre un petit article en page six. Ces hommes ont été relégués dans un no man's land dont ils pourraient fort bien ne jamais revenir. À présent beaucoup d'entre eux font la grève de la faim, ils sont nourris de force, y compris des résidents britanniques. Pas de raffinements dans ces méthodes d'alimentation forcée. Pas de sédatifs ni d'anesthésiques. Juste un tube qu'on vous enfonce dans le nez et qu'on vous fait descendre dans la gorge. Vous vomissez du sang. C'est de la torture. Qu'en a dit le ministre des affaires étrangères britannique ? Rien. Qu'en a dit le premier ministre britannique ? Rien. Et pourquoi ? Parce que les États-Unis ont déclaré : critiquer notre conduite à Guantanamo constitue un acte hostile. Soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous. Résultat, Blair se tait.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L'invasion de l'Irak était un acte de banditisme, un acte de terrorisme d'État patenté, témoignant d'un absolu mépris pour la notion de droit international. Cette invasion était un engagement militaire arbitraire inspiré par une série de mensonges répétés sans fin et une manipulation flagrante des médias et, partant, du public ; une intervention visant à renforcer le contrôle militaire et économique de l'Amérique sur le Moyen-Orient et ce faisant passer - en dernier ressort - toutes les autres justifications n'ayant pas réussi à prouver leur bien-fondé - pour une libération. Une redoutable affirmation de la force militaire responsable de la mort et de la mutilation de milliers et de milliers d'innocents.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Nous avons apporté au peuple irakien la torture, les bombes à fragmentation, l'uranium appauvri, d'innombrables tueries commises au hasard, la misère, l'humiliation et la mort et nous appelons cela &quot;apporter la liberté et la démocratie au Moyen-Orient&quot;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Combien de gens vous faut-il tuer avant d'avoir droit au titre de meurtrier de masse et de criminel de guerre ? Cent mille ? Plus qu'assez, serais-je tenté de croire. Il serait donc juste que Bush et Blair soient appelés à comparaître devant la Cour internationale de justice. Mais Bush a été malin. Il n'a pas ratifié la Cour internationale de justice. Donc, si un soldat américain ou, à plus forte raison, un homme politique américain, devait se retrouver au banc des accusés, Bush a prévenu qu'il enverrait les marines. Mais Tony Blair, lui, a ratifié la Cour et peut donc faire l'objet de poursuites. Nous pouvons communiquer son adresse à la Cour si ça l'intéresse. Il habite au 10 Downing Street, Londres.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La mort dans ce contexte devient tout à fait accessoire. Bush et Blair prennent tous deux bien soin de la mettre de côté. Au moins 100 000 Irakiens ont péri sous les bombes et les missiles américains avant que ne commence l'insurrection irakienne. Ces gens-là sont quantité négligeable. Leur mort n'existe pas. Un néant. Ils ne sont même pas recensés comme étant morts. &quot;Nous ne comptons pas les cadavres&quot; a déclaré le général américain Tommy Franks.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Aux premiers jours de l'invasion une photo a été publiée à la une des journaux britanniques ; on y voit Tony Blair embrassant sur la joue un petit garçon irakien. &quot;Un enfant reconnaissant&quot; disait la légende. Quelques jours plus tard on pouvait trouver, en pages intérieures, l'histoire et la photo d'un autre petit garçon de quatre ans qui n'avait plus de bras. Sa famille avait été pulvérisée par un missile. C'était le seul survivant. &quot;Quand est-ce que je retrouverai mes bras ?&quot; demandait-il. L'histoire est passée à la trappe. Eh bien oui, Tony Blair ne le serrait pas contre lui, pas plus qu'il ne serrait dans ses bras le corps d'un autre enfant mutilé, ou le corps d'un cadavre ensanglanté. Le sang, c'est sale. Ça salit votre chemise et votre cravate quand vous parlez avec sincérité devant les caméras de télévision.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les 2 000 morts américains sont embarrassants. On les transporte vers leurs tombes dans le noir. Les funérailles se font discrètement, en lieu sûr. Les mutilés pourrissent dans leurs lits, certains pour le restant de leurs jours. Ainsi les morts et les mutilés pourrissent-ils, dans différentes catégories de tombes.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Voici un extrait de &quot;J'explique certaines choses&quot;2, un poème de Pablo Neruda :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Et un matin tout était en feu,&lt;br /&gt; et un matin les bûchers&lt;br /&gt; sortaient de la terre&lt;br /&gt; dévorant les êtres vivants,&lt;br /&gt; et dès lors ce fut le feu,&lt;br /&gt; ce fut la poudre,&lt;br /&gt; et ce fut le sang.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Des bandits avec des avions, avec des Maures,&lt;br /&gt; des bandits avec des bagues et des duchesses,&lt;br /&gt; des bandits avec des moins noirs pour bénir&lt;br /&gt; tombaient du ciel pour tuer des enfants,&lt;br /&gt; et à travers les rues le sang des enfants&lt;br /&gt; coulait simplement, comme du sang d'enfants.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Chacals que le chacal repousserait,&lt;br /&gt; pierres que le dur chardon mordrait en crachant,&lt;br /&gt; vipères que les vipères détesteraient !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Face à vous j'ai vu le sang&lt;br /&gt; de l'Espagne se lever&lt;br /&gt; pour vous noyer dans une seule vague&lt;br /&gt; d'orgueil et de couteaux !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Généraux&lt;br /&gt; de trahison :&lt;br /&gt; regardez ma maison morte,&lt;br /&gt; regardez l'Espagne brisée :&lt;br /&gt; mais de chaque maison morte surgit un métal ardent&lt;br /&gt; au lieu de fleurs,&lt;br /&gt; mais de chaque brèche d'Espagne&lt;br /&gt; surgit l'Espagne,&lt;br /&gt; mais de chaque enfant mort surgit un fusil avec des yeux,&lt;br /&gt; mais de chaque crime naissent des balles&lt;br /&gt; qui trouveront un jour&lt;br /&gt; l'endroit de votre cœur.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Vous allez demander pourquoi sa poésie&lt;br /&gt; ne parle-t-elle pas du rêve, des feuilles,&lt;br /&gt; des grands volcans de son pays natal ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Venez voir le sang dans les rues,&lt;br /&gt; venez voir&lt;br /&gt; le sang dans les rues,&lt;br /&gt; venez voir&lt;br /&gt; le sang dans les rues !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Laissez-moi préciser qu'en citant ce poème de Neruda je ne suis en aucune façon en train de comparer l'Espagne républicaine à l'Irak de Saddam Hussein. Si je cite Neruda c'est parce que je n'ai jamais lu ailleurs dans la poésie contemporaine de description aussi puissante et viscérale d'un bombardement de civils.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J'ai dit tout à l'heure que les États-Unis étaient désormais d'une franchise totale et jouaient cartes sur table. C'est bien le cas. Leur politique officielle déclarée est désormais définie comme une &quot;full spectrum dominance&quot; (une domination totale sur tous les fronts). L'expression n'est pas de moi, elle est d'eux. &quot;Full spectrum dominance&quot;, cela veut dire contrôle des terres, des mers, des airs et de l'espace et de toutes les ressources qui vont avec.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les États-Unis occupent aujourd'hui 702 installations militaires dans 132 pays du monde entier, à l'honorable exception de la Suède, bien sûr. On ne sait pas trop comment ils en sont arrivés là, mais une chose est sûre, c'est qu'ils y sont.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les États-Unis détiennent 8 000 ogives nucléaires actives et opérationnelles. 2 000 sont en état d'alerte maximale, prêtes à être lancées avec un délai d'avertissement de 15 minutes. Ils développent de nouveaux systèmes de force nucléaire, connus sous le nom de &quot;bunker busters&quot; (briseurs de blockhaus). Les Britanniques, toujours coopératifs, ont l'intention de remplacer leur missile nucléaire, le Trident. Qui, je me le demande, visent-ils ? Oussama Ben Laden ? Vous ? Moi ? Tartempion ? La Chine ? Paris ? Qui sait ? Ce que nous savons c'est que cette folie infantile - détenir des armes nucléaires et menacer de s'en servir - est au cœur de la philosophie politique américaine actuelle. Nous devons nous rappeler que les États-Unis sont en permanence sur le pied de guerre et ne laissent entrevoir en la matière aucun signe de détente.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Des milliers, sinon des millions, de gens aux États-Unis sont pleins de honte et de colère, visiblement écœurés par les actions de leur gouvernement, mais en l'état actuel des choses, ils ne constituent pas une force politique cohérente - pas encore. Cela dit, l'angoisse, l'incertitude et la peur que nous voyons grandir de jour en jour aux États-Unis ne sont pas près de s'atténuer.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je sais que le président Bush emploie déjà pour écrire ses discours de nombreuses personnes extrêmement compétentes, mais j'aimerais me porter volontaire pour le poste. Je propose la courte allocution suivante, qu'il pourrait faire à la télévision et adresser à la nation. Je l'imagine grave, les cheveux soigneusement peignés, sérieux, avenant, sincère, souvent enjôleur, y allant parfois d'un petit sourire forcé, curieusement séduisant, un homme plus à son aise avec les hommes.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;Dieu est bon. Dieu est grand. Dieu est bon. Mon Dieu est bon. Le Dieu de Ben Laden est mauvais. Le sien est un mauvais Dieu. Le Dieu de Saddam était mauvais, sauf que Saddam n'en avait pas. C'était un barbare. Nous ne sommes pas des barbares. Nous ne tranchons pas la tête des gens. Nous croyons à la liberté. Dieu aussi. Je ne suis pas un barbare. Je suis le leader démocratiquement élu d'une démocratie éprise de liberté. Nous sommes une société pleine de compassion. Nous administrons des électrocutions pleines de compassion et des injections létales pleines de compassion. Nous sommes une grande nation. Je ne suis pas un dictateur. Lui, oui. Je ne suis pas un barbare. Lui, oui. Et lui aussi. Ils le sont tous. Moi, je détiens l'autorité morale. Vous voyez ce poing ? C'est ça, mon autorité morale. Tâchez de ne pas l'oublier.&quot;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La vie d'un écrivain est une activité infiniment vulnérable, presque nue. Inutile de pleurer là-dessus. L'écrivain fait un choix, un choix qui lui colle à la peau. Mais il est juste de dire que vous êtes exposé à tous les vents, dont certains sont glacés bien sûr. Vous œuvrez tout seul, isolé de tout. Vous ne trouvez aucun refuge, aucune protection - sauf si vous mentez - auquel cas bien sûr vous avez construit et assuré vous-même votre protection et, on pourrait vous le rétorquer, vous êtes devenu un homme politique.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; J'ai parlé de la mort pas mal de fois ce soir. Je vais maintenant vous lire un de mes poèmes, intitulé &quot;Mort&quot;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Où a-t-on trouvé le cadavre ?&lt;br /&gt; Qui a trouvé le cadavre ?&lt;br /&gt; Le cadavre était-il mort quand on l'a trouvé ?&lt;br /&gt; Comment a-t-on trouvé le cadavre ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Qui était le cadavre ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Qui était le père ou la fille ou le frère&lt;br /&gt; Ou l'oncle ou la sœur ou la mère ou le fils&lt;br /&gt; Du cadavre abandonné ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le corps était-il mort quand on l'a abandonné ?&lt;br /&gt; Le corps était-il abandonné ?&lt;br /&gt; Par qui avait-il été abandonné ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le cadavre était-il nu ou en costume de voyage ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Qu'est-ce qui a fait que ce cadavre, vous l'avez déclaré mort ?&lt;br /&gt; Le cadavre, vous l'avez déclaré mort ?&lt;br /&gt; Vous le connaissiez bien, le cadavre ?&lt;br /&gt; Comment saviez-vous que le cadavre était mort ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Avez-vous lavé le cadavre&lt;br /&gt; Avez-vous fermé ses deux yeux&lt;br /&gt; Avez-vous enterré le corps&lt;br /&gt; L'avez-vous laissé à l'abandon&lt;br /&gt; Avez-vous embrassé le cadavre&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Quand nous nous regardons dans un miroir nous pensons que l'image qui nous fait face est fidèle. Mais bougez d'un millimètre et l'image change. Nous sommes en fait en train de regarder une gamme infinie de reflets. Mais un écrivain doit parfois fracasser le miroir - car c'est de l'autre côté de ce miroir que la vérité nous fixe des yeux.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je crois que malgré les énormes obstacles qui existent, être intellectuellement résolus, avec une détermination farouche, stoïque et inébranlable, à définir, en tant que citoyens, la réelle vérité de nos vies et de nos sociétés est une obligation cruciale qui nous incombe à tous. Elle est même impérative.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Si une telle détermination ne s'incarne pas dans notre vision politique, nous n'avons aucun espoir de restaurer ce que nous sommes si près de perdre - notre dignité d'homme.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
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<title>La France est devenue un pays fasciste</title>
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<updated>2005-11-17T13:04:25+01:00</updated>
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<summary> &quot;Constamment contrôlés par la police.&quot;  De tous les griefs mentionnés par...</summary>
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&lt;em&gt;&quot;Constamment contrôlés par la police.&quot;&lt;/em&gt; De tous les griefs mentionnés par les jeunes révoltés du peuple de ce pays, cette omniprésence du contrôle et de l'arrestation dans leur vie ordinaire, ce harcèlement sans trêve, est le plus constant, le plus partagé. Se rend-on vraiment compte de ce que signifie ce grief ? De la dose d'humiliation et de violence qu'il représente ? &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;table style=&quot;clear: both; padding-right: 6px; float: left&quot; cellspacing=&quot;0&quot; cellpadding=&quot;0&quot; border=&quot;0&quot;&gt; &lt;tbody&gt; &lt;tr&gt; &lt;td align=&quot;center&quot;&gt; &lt;center&gt;&lt;script language=&quot;JavaScript&quot; type=&quot;text/javascript&quot;&gt; //&lt;![CDATA[ OAS_AD('Middle'); //]]&gt; &lt;/script&gt;&lt;a href=&quot;http://pubs.lemonde.fr/RealMedia/ads/click_lx.ads/WWW_autres/1297719799/Middle/default/empty.gif/35333733653937353433376333363930&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;&lt;img height=&quot;2&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://a1692.g.akamai.net/7/1692/2042/0/pubs.lemonde.fr/RealMedia/ads/Creatives/default/empty.gif&quot; width=&quot;2&quot; border=&quot;0&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/center&gt; &lt;div class=&quot;lien-2&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/td&gt; &lt;/tr&gt; &lt;/tbody&gt; &lt;/table&gt; J'ai un fils adoptif de 16 ans qui est noir. Appelons-le Gérard. Il ne relève pas des &quot;explications&quot; sociologiques et misérabilistes ordinaires. Son histoire se passe à Paris, tout bonnement. &lt;p&gt;Entre le 31 mars 2004 (Gérard n'avait pas 15 ans) et aujourd'hui, je n'ai pu dénombrer les contrôles dans la rue. Innombrables, il n'y a pas d'autre mot. Les arrestations : Six ! En dix-huit mois... J'appelle &quot;arrestation&quot; qu'on l'emmène menotté au commissariat, qu'on l'insulte, qu'on l'attache à un banc, qu'il reste là des heures, parfois une ou deux journées de garde à vue. Pour rien.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le pire d'une persécution tient souvent aux détails. Je raconte donc, un peu minutieusement, la toute dernière arrestation. Gérard, accompagné de son ami Kemal (né en France, Français donc, de famille turque), est vers 16 h 30 devant un lycée privé (fréquenté par des jeunes filles). Pendant que Gérard fait assaut de galanterie, Kemal négocie avec un élève d'un autre lycée voisin l'achat d'un vélo. Vingt euros, le vélo, une affaire ! Suspecte, c'est certain. Notons cependant que Kemal a quelques euros, pas beaucoup, parce qu'il travaille : il est aide et marmiton dans une crêperie. Trois &quot;petits jeunes&quot; viennent à leur rencontre. Un d'entre eux, l'air désemparé : &lt;i&gt;&quot;Ce vélo est à moi, un grand l'a emprunté, il y a une heure et demie, et il ne me l'a pas rendu.&quot;&lt;/i&gt; Aïe ! Le vendeur était, semble-t-il, un &quot;emprunteur&quot;. Discussion. Gérard ne voit qu'une solution : rendre le vélo. Bien mal acquis ne profite guère. Kemal s'y résout. Les &quot;petits jeunes&quot; partent avec l'engin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est alors que se range le long du trottoir, tous freins crissants, une voiture de police. Deux de ses occupants bondissent sur Gérard et Kemal, les plaquent à terre, les menottent mains dans le dos, puis les alignent contre le mur. Insultes et menaces : &lt;i&gt;&quot;Enculés ! Connards !&quot;&lt;/i&gt; Nos deux héros demandent ce qu'ils ont fait. &lt;i&gt;&quot;Vous savez très bien ! Du reste, tournez-vous&lt;/i&gt; – on les met, toujours menottés, face aux passants dans la rue –, &lt;i&gt;que tout le monde voie bien qui vous êtes et ce que vous faites !&quot;&lt;/i&gt; Réinvention du pilori médiéval (une demi-heure d'exposition), mais, nouveauté, avant tout jugement, et même toute accusation. Survient le fourgon. &lt;i&gt;&quot;Vous allez voir ce que vous prendrez dans la gueule, quand vous serez tout seuls.&quot;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&quot;Vous aimez les chiens ?&quot;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&quot;Au commissariat, y aura personne pour vous aider.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les petits jeunes disent : &lt;i&gt;&quot;Ils n'ont rien fait, ils nous ont rendu le vélo.&quot;&lt;/i&gt; Peu importe, on embarque tout le monde, Gérard, Kemal, les trois &quot;petits jeunes&quot;, et le vélo. Serait-ce ce maudit vélo, le coupable ? Disons tout de suite que non, il n'en sera plus jamais question. Du reste, au commissariat, on sépare Gérard et Kemal des trois petits jeunes et du vélo, trois braves petits &quot;blancs&quot; qui sortiront libres dans la foulée. Le Noir et le Turc, c'est une autre affaire. C'est, nous raconteront-ils, le moment le plus &lt;i&gt;&quot;mauvais&quot;.&lt;/i&gt; Menottés au banc, petits coups dans les tibias chaque fois qu'un policier passe devant eux, insultes, spécialement pour Gérard : &lt;i&gt;&quot;gros porc&quot;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&quot;crado&quot;&lt;/i&gt;... On les monte et on les descend, ça dure une heure et demie sans qu'ils sachent de quoi ils sont accusés et pourquoi ils sont ainsi devenus du gibier. Finalement, on leur signifie qu'ils sont mis en garde à vue pour une agression en réunion commise il y a quinze jours. Ils sont vraiment dégoûtés, ne sachant de quoi il retourne. Signature de garde à vue, fouille, cellule. Il est 22 heures. A la maison, j'attends mon fils. Téléphone deux heures et demie plus tard : &lt;i&gt;&quot;Votre fils est en garde à vue pour probabilité de violences en réunion.&quot;&lt;/i&gt; J'adore cette &quot;probabilité&quot;. Au passage, un policier moins complice a dit à Gérard : &lt;i&gt;&quot;Mais toi, il me semble que tu n'es dans aucune des affaires, qu'est-ce que tu fais encore là ?&quot;&lt;/i&gt; Mystère, en effet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'agissant du Noir, mon fils, disons tout de suite qu'il n'a été reconnu par personne. C'est fini pour lui, dit une policière, un peu ennuyée. Tu as nos excuses. D'où venait toute cette histoire ? D'une dénonciation, encore et toujours. Un surveillant du lycée aux demoiselles l'aurait identifié comme celui qui aurait participé aux fameuses violences d'il y a deux semaines. Ce n'était aucunement lui ? Un Noir et un autre Noir, vous savez...&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A propos des lycées, des surveillants et des délations : j'indique au passage que lors de la troisième des arrestations de Gérard, tout aussi vaine et brutale que les cinq autres, on a demandé à son lycée la photo et le dossier scolaire de tous les élèves noirs. Vous avez bien lu : les élèves noirs. Et comme le dossier en question était sur le bureau de l'inspecteur, je dois croire que le lycée, devenu succursale de la police, a opéré cette &quot;sélection&quot; intéressante.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On nous téléphone bien après 22 heures de venir récupérer notre fils, il n'a rien fait du tout, on s'excuse. Des excuses ? Qui peut s'en contenter ? Et j'imagine que ceux des &quot;banlieues&quot; n'y ont pas même droit, à de telles excuses. La marque d'infamie qu'on veut ainsi inscrire dans la vie quotidienne de ces gamins, qui peut croire qu'elle reste sans effets, sans effets dévastateurs ? Et s'ils entendent démontrer qu'après tout, puisqu'on les contrôle pour rien, il se pourrait qu'ils fassent savoir, un jour, et &quot;en réunion&quot;, qu'on peut les contrôler pour quelque chose, qui leur en voudra ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On a les émeutes qu'on mérite. Un Etat pour lequel ce qu'il appelle l'ordre public n'est que l'appariement de la protection de la richesse privée et des chiens lâchés sur les enfances ouvrières ou les provenances étrangères est purement et simplement méprisable.&lt;/p&gt; &lt;hr /&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Alain Badiou&lt;/b&gt;, philosophe, professeur émérite à l'Ecole normale supérieure, dramaturge et romancier.&lt;/p&gt;
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